Procès Lelandais : ce qu'il faut retenir de la troisième journée d'audience

Le procès de Nordahl Lelandais pour le meurtre d'Arthur Noyer se poursuit depuis le 3 mai aux assises de la Savoie à Chambéry. Voici ce qu'il faut retenir des débats mercredi. 

© Christophe Busti - FTV

Troisième jour de procès pour Nordahl Lelandais devant la cour d'assises de la Savoie. L'ancien maître-chien de 38 ans doit répondre du meurtre d'Arthur Noyer dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 près de Chambéry. Après un premier jour d'audience consacré à la personnalité de l'ancien maître-chien, la cour a entendu mardi d'anciens amis et partenaires de l'accusé ainsi que la version des faits de l'accusé

Ce mercredi 5 mai, l'audience a repris à 9h avec de nouvelles auditions de témoins.

 

Ce qu'il faut retenir

 

Suivez ci-dessous la troisième journée d'audience

20h45 - Grand moment d'émotion dans la salle. Le président demande à Nordahl Lelandais de se lever. Il s'adresse à Nassim. "T’as toujours été pour moi quelqu’un de formidable qui a réussi dans la vie. A côté de toi, je ne suis pas courageux dans tout (...) J’en parle très souvent avec les soignants, les avocats. J’ai toujours dit que t’étais quelqu’un de vrai. Je ne sais même pas quoi te dire tellement j’ai honte envers la famille d’Arthur, envers toi, envers tout le monde. Tu resteras toujours dans mon cœur. Je ne suis plus ton ami, certainement, toi tu le resteras toujours."

20h40 - Me Alain Jakubowicz se lève. "Je suis heureux de vous avoir rencontré, dit-il à Nassim. Je ne veux pas gâcher ce moment par des questions. Je veux juste vous dire merci pour ce moment d’humanité dans cette audience qui en avait besoin."

20h35 - Nordahl Lelandais fond en larmes dans le box des accusés après le témoignage de son ami Nassim qui dit n'avoir "aucune haine" contre lui. Il s'est adressé à lui pour lui demander de passer aux aveux. "Soulage-toi de la vérité. Soulage ton âme. Le mal est fait. Vis ce qu’il te reste à vivre plus léger. Dans tous les cas, rien ne pourra le changer. Accident, préméditation, il n’y a que toi qui le sait. Mais il faut bien se rendre compte d’une chose, c’est les dommages collatéraux. Il y a un acte et il y a les dégâts autour. A côté de la famille d’Arthur Noyer, à côté des parents de Nordahl, je suis un petit dommage collatéral. Malgré tout, tout ceci me fait énormément souffrir. Même par respect pour toi-même, arrête tout ce cinéma et dis ce qu’il y a à dire. On ne se rend pas compte à quel point une affaire comme celle-ci peut faire souffrir. D’habitude les affaires comme ça on les voit à la télé. C’est un fait divers. Et d’un coup, ça se passe ici sur notre secteur géographique. Et d’un coup, il y a le nom de votre pote qui apparaît. On ne comprend plus rien. Et d’un coup il est coupable. On n’avait rien demandé. Moi j’avais juste un ami. Et aujourd’hui je me retrouve là, à devoir parler du sujet le plus grave qui puisse exister. Un être humain qui fait du mal à un autre ? Je ne sais pas pourquoi il a fait ça mais de tout le groupe de potes qu’on était, je suis le dernier a avoir cru en son innocence. Tous les autres l’ont lâché, et tous les autres m’ont lâché. C’était impossible que ce soit lui."

20h20 - Le témoin n'a que très peu parlé de l'armée avec Nordahl Lelandais. "Ca avait l’air d’être dur pour lui de parler de ça. J’ai souvenir que d’une ou deux fois où il s’est mis à en parler de manière spontanée. Ce qu’il avait vu, vécu, ce qui avait pu le traumatiser. C’est la définition de l’armée, c’est plutôt violent. J’avais pas l’impression qu’il avait de bons souvenirs de cette période."

20h10 - Nassim n'a jamais repris contact avec Nordahl Lelandais depuis ses aveux dans l'affaire Maëlys. "On m’a demandé si je comptais aller le voir au parloir, j’ai répondu oui. Mais j’ai jamais eu le courage de le faire. Je ne sais pas pourquoi. Ca m’est resté dans l’esprit pendant très longtemps. C’est pas par manque de temps, c’est une fausse excuse. J’avais peut-être peur. Peur de voir dans ses yeux quelque chose que je n’avais jamais vu avant. Ou peur de voir toute cette merde humaine et je n’avais pas envie de ça."

20h05 - "Quand j’ai vu ça à la télé, ça m’a sonné. A ce moment-là, Nordahl faisait partie de mon cercle intime. Et c’est inenvisageable dans un esprit humain qu’on puisse mettre quelqu’un de dangereux dans son cercle intime", se rappelle Nassim qui n'a pas revu Nordahl Lelandais depuis son incarcération. "Le jour où il y a eu cette preuve suivie des aveux de Nordahl, j’ai tenu ma parole et j’ai appelé sa mère pour la dernière fois pour lui dire tout le soutien que j’ai pour elle. Et lui dire que je ne pouvais plus l’aider à soutenir Nordahl. Elle, c’est sa maman, elle n’a pas le choix. Moi, je suis un ami et c’est le choix que j’ai fait."

20h - "Aujourd’hui, je comprends ce qu’il se passe mais je n’arrive pas à l’associer à ça. Je ne comprends pas qu’une seule et même personne puisse faire aussi bien le grand écart. C’était impossible de se rendre compte de quoi que ce soit." Nassim évoque une relation très forte avec Nordahl Lelandais. "C’était Nono le rigolo, on était toujours en train de se marrer, on était toujours en train de faire les cons."

19h50 - "Nordahl était un ami très proche. Quelqu’un qui est rentré dans ma vie et que j’ai appris à aimer comme il était. Comme un ami. Et aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Quand vous faites rentrer un ami dans votre vie, c’est quelqu’un avec qui vous partagez énormément de choses. Les seuls souvenirs que j’ai de lui, c’est des moments sympas. Et maintenant on se retrouve ici." Nassim, ami très proche de Nordahl Lelandais, évoque sa relation avec ce dernier. "Il était dans le cercle le plus intime que j’ai."

19h40 - La séance reprend.

19h05 - L'audience est suspendue jusqu'à 19h20.

19h - Julien s'adresse maintenant à Nordahl Lelandais, son ami de 20 ans. "Que tu sois déçu, je le comprends tout à fait", lui répond l'intéressé.

"Comment tu peux te retrouver là et dire que c’est un accident ? Est-ce que c’est un accident ce qu’il s’est passé pour arriver à un autre drame fin août ?", questionne Julien.

Nordahl Lelandais laisse planer un long silence. "Je ne sais pas si on appelle ça un accident, une coïncidence. C’est quelque chose qui s’est très mal terminé. C’est très compliqué. Pour moi, tu es toujours mon meilleur ami. Avec le temps qu’on a passé ensemble, tu crois que c’était facile de le dire à toi ?"

Julien : "Ce n’est pas facile tous les jours (...) Je suis différent. La confiance que je mets en les gens est différente aussi. Pour en avoir discuté avec les gens autour de toi, tu t'es enfermé dans ce que tu penses être la vérité."

Silence de Lelandais.

Julien : "Toutes les personnes que tu verras passer ici iront dans la même direction."

Nordahl Lelandais ne répond toujours pas.

Julien : "Pour tout ça, j’ai une colère contre toi."

Nordahl Lelandais : "Je le connais ton regard, je sais que tu es très en colère contre moi. Je ne vais pas t’en vouloir (...) Par rapport à mes amis qui m’ont connu qui disent que je suis quelqu’un de normal à qui on peut faire confiance, je m’excuse. C’est pas facile mais vraiment du fond du cœur. Julien qui est face à moi je te présente mes excuses. Tu penses que je t’ai trompé, manipulé mais c'est faux."

18h45 - "Pour avoir passé du temps avec lui, pour moi, on n’est pas sur de la vérité, tranche Julien à propos de l'affaire Noyer. On est sur une vérité qu’il donne mais au fond de moi, je sais que ça ne correspond pas à ce qu’il s’est réellement passé."

"C’est une intime conviction ?", demande le président de la cour d'assises.

Julien : "Oui. Il y a des choses comme ça qu’on ne peut pas expliquer. On a passé du temps ensemble parfois à ne rien dire, on pouvait deviner ce que pensait l’autre, on savait comment l’autre allait réagir (...) On se comprenait donc je pense qu’il va rester sur ses positions."

18h35 - "On peut considérer que même pris la main dans le sac, sa défense consisterait à nier et à persuader les autres que ce n’est pas ça", affirme Julien. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps, ils ont notamment vécu en colocation ensemble à Lyon.

18h20 - Julien, un ami de lycée de Nordahl Lelandais, témoigne maintenant devant la cour. Comme Alexandra, il a connu un homme bien différent. "C’est pas la personne que je connais. On a fait beaucoup de choses ensemble et c’est incompréhensible. On dirait qu’on me demande de parler d’une personne que je ne connais pas. Ce n’est pas celle que j’ai connue."

18h10 - "Mon cerveau n’arrive pas à le voir comme il est réellement. Je n’arrive pas à le voir comme un monstre. Quand je parle de lui, c’est Nordahl. C’est que des bons souvenirs avec lui. Je ne mets pas en doute ce qu’il a fait mais mon cerveau a bloqué", conclut Alexandra après un témoignage très fort. "Si je peux donner mon opinion Nordahl, tu avais besoin de lumière, tu avais besoin de briller. Tu as choisi une drôle de façon de t’en faire. Tu avais tout pour réussir autrement."

18h05 - C'est au tour de Me Jakubowicz de s'adresser à son client pour évoquer la soirée festive passée avec des amis, 36 heures après la disparition du jeune caporal. "Qu’est-ce qu'il se passe à ce moment-là dans la tête de Nordahl Lelandais ?"

"C’est pour oublier, rétorque l'intéressé. C’est malheureux à dire mais zapper ce moment qui, bizarrement, est présent et pas présent, il est irréel. Je me suis dit que c’est pas possible ce qui vient de se passer."

Me Alain Jakubowicz : "Pourquoi y aller ?"

Nordahl Lelandais : "Besoin de voir des amis. Sans leur expliquer."

L'avocat commence à tutoyer son client. "Qu’est-ce que tu peux lui donner comme explication vraisemblable ? Est-ce que c’est le monstre décrit qui a caché pendant des années ? Ou est-ce que c’est l’homme qui a besoin de ça ? Qu’est ce que tu peux lui dire ?"

Nordahl Lelandais : "J’avais besoin de reprendre comme une vie normale. Je ne sais pas comment lui expliquer."

Me Alain Jakubowicz : "C’est une façon de le cacher aux autres et à toi-même ?"

Nordahl Lelandais : "Oui."

17h50 - Nordahl Lelandais se lève, baisse la tête. Il semble ému. "Tu as une très bonne mémoire et tu as tout à fait raison dans tous tes propos", répond-il à Alexandra.

Alexandra : "Ce n’est pas moi qu’il faut que tu regardes."

Nordahl Lelandais : "La vérité, je la donnerai. J’ai essayé de la donner tout au long de l’instruction. Il y a eu des évolutions que j’expliquerai. Je ne sais même pas quoi dire."

"Dis-le ce qu’il s’est passé. Tu le sais au fond de toi. Je pense que tes amis le savent ce qu’il s’est passé, dis-leur. On t’a vu quelques heures après. Tu étais beau, tu étais festif. Tu ne peux pas dire que c’est un accident, c’est pas possible", insiste Alexandra.

Nordahl Lelandais : "Dans ces moments-là, c’est compliqué."

Alexandra : "J’ai vu comment tu étais. Pour être aussi normal, ce n’est plus une carapace Nordahl et tu le sais."

Nordahl Lelandais : "C’est une carapace, au fond de moi j’étais pas heureux. J’ai essayé de montrer quelque chose d’habituel. C’est un comportement très lâche (...) Je ne faisais pas de la comédie. C’est comme la cocaïne, je l’ai toujours caché."

17h35 - "Tu leur dois la vérité Nordahl", lance Alexandra, en larmes. Elle répète que rien ne laissait présager, dans l'attitude de Nordahl Lelandais, "l’atrocité qu’il a pu commettre". Elle a appris son implication dans l'affaire Noyer en étant convoquée par les gendarmes. A ce moment, "on est ahuri, on a de la peine d'avoir fait rentrer une personne comme ça dans sa vie, on se met à la place d’une maman. On a eu la chance de connaître la face positive de Nordahl."

17h30 - A partir de "février ou mars 2017", elle remarque un changement dans le comportement de Lelandais. Alors qu'il était "très attentif à son alimentation", "ne fumait pas", "ne buvait pas", il a commencé à "avoir une alimentation beaucoup moins équilibrée" et "à fumer". "Sinon, il était égal à lui-même."

17h20 - "Il était bien. Il était festif. Il était normal. Il était comme toujours", se rappelle Alexandra qui a passé la soirée du 13 avril 2017 avec Nordahl Lelandais, au lendemain de la disparition du jeune caporal. Elle n'a remarqué aucun changement par rapport à son comportement habituel.

17h10 - "C’est quelqu’un qui avait besoin d’être reconnu comme un beau garçon, ce qu’il était à l’époque. Il aimait plaire", ajoute Alexandra, qui décrit un Nordahl Lelandais qui pouvait se montrer "jaloux" lorsqu'un autre homme lui faisait de l'ombre. Elle pense qu'il était "clairement hétérosexuel".

17h - Elle décrit "un garçon qui était beau dans son ensemble" pour qui elle avait "un peu d'attirance". Quelqu'un de "très à l'écoute", qui "rendait service", "très agréable à fréquenter". Mais Nordahl Lelandais lui a aussi menti. "Il nous avait évoqué des épisodes à l’armée dans lequel on lui avait demandé de tirer sur des enfants en Afrique (…) Il avait ce besoin de se mettre en avant", raconte-t-elle. Or, l'ancien maître-chien n'est jamais allé en Afrique dans le cadre de ses missions à l'armée, relève le président.

16h55 - A la barre, Alexandra explique avoir passé une soirée avec Nordahl Lelandais le lendemain de la disparition d'Arthur Noyer. "Quelques heures après la disparition d’Arthur Noyer, il nous a rejoints dans un bar ou une discothèque où on a passé une soirée festive", dit-elle, affirmant qu'"il n’y avait aucun signe avant-coureur, aucune marque physique, aucun geste qui laissait présager ça." 

16h50 - Des images de vidéosurveillance datant de la nuit de la disparition d'Arthur Noyer vont être versées au débat et des extraits seront diffusés lors de l'audience.

16h40 - L'audience reprend aux assises de la Savoie. Il reste quatre témoins à entendre pour aujourd'hui.

16h07 - La séance est suspendue.

16h05 - L'avocate générale prend la parole. "Il n’y avait pas de motif justifiant que vous l’emmeniez en cellule de dégrisement", dit-elle en s'adressant à l'officier de police. "La défense tente de prouver depuis ce matin qu’Arthur Noyer était en état d’alcoolisation léger. D’autres témoignages me font considérer qu’il était en état d’alcoolisation avancé", a-t-elle ajouté.

16h - Il y a de la tension dans l'air entre l'avocat des parties civiles et de la défense. Me Boulloud a posé une dernière question après l'intervention de Me Jakubowicz - la défense est la dernière à poser des questions aux témoins dans un procès d'assises. Et ce dernier n'a pas apprécié. 

15h45 - "La mémoire, ça peut aussi être imprécis", juge Me Boulloud. L'officier de police a été interrogé par les gendarmes en charge de l'enquête sur la disparition d'Arthur Noyer près de sept mois après les faits.

15h35 - Le fonctionnaire revient sur l'état d'Arthur Noyer ce soir-là. Il était "calme, très calme. Il n’y avait pas d’agressivité, pas de trouble à l’ordre public", se souvient-il. Un témoignage qui va dans le même sens que celui de la jeune femme qui a accompagné le caporal alors qu'il venait de se faire voler son téléphone.

15h30 - C'est au tour d'un gardien de la paix de témoigner devant la cour. Affecté à la brigade nuit, il est intervenu sur le vol du téléphone d'Arthur Noyer dans la nuit du 11 au 12 avril 2017. "Il est alcoolisé, ses propos sont clairs nets, précis. Pas de perte d'équilibre. Son seul souhait c'est de retourner à la boite de nuit, récupérer ses affaires, retrouver ses copains et retourner à la caserne", explique le fonctionnaire de police.

15h15 - Me Jakubowicz cherche à déterminer "le niveau d'alcoolisation d'Arthur Noyer ce soir-là". Deux policiers qui ont croisé le caporal jugent qu'il "n'était pas ivre" ou qu'il avait "un peu bu d'alcool". "J'ai travaillé dans un bar pendant 12 ans (...) il était très alcoolisé", maintient la témoin qui est restée à ses côtés pendant une trentaine de minutes.

15h05 - Arthur Noyer cherchait-il à se venger des deux personnes qui lui ont volé son téléphone portable ? "Absolument pas, il n’aurait rien pu faire" en raison de son état d'ébriété, poursuit la témoin. Pour rappel, Nordahl Lelandais affirme qu'Arthur Noyer s'en est pris à lui car "il a pensé que j’étais avec les gens qui ont volé son téléphone".

Véronique, une témoin qui a aidé Arthur Noyer lorsqu'il s'est fait voler son portable
Véronique, une témoin qui a aidé Arthur Noyer lorsqu'il s'est fait voler son portable © Aurélie Massait - FTV

14h55 - Les deux personnes qui avaient volé le téléphone d'Arthur Noyer le lui rendent avant l'arrivée de la police. Entretemps, la jeune femme patiente avec lui. "Je n’ai pas le souvenir qu’il était dans l’agressivité. On a parlé, on a fait connaissance, on a fait des blagues. Il était jovial", se rappelle-t-elle. Nordahl Lelandais, qui l'a pris en stop quelques minutes plus tard, a affirmé que le militaire était énervé et que c'est lui qui lui a porté le premier coup.

14h50 - Nouveau témoin : une jeune femme qui a croisé le caporal quand il venait de se faire voler son téléphone portable. Elle voit deux personnes partir en courant et s'approche d'Arthur Noyer. "Il titube, il est un peu perdu" et il est "très alcoolisé" mais "lucide dans ses propos", selon la jeune femme. C'est elle qui décide d'appeler la police pour signaler le vol du téléphone.

14h45 - Les avocats des parties civiles et de la défense mettent en doute la parole du témoin. "En ce qui concerne la défense, c’est un témoignage nul et non avenu (...) Quand on juge un homme, on doit être sur des certitudes. Vous concernant, on n’en a aucune", a conclu Me Alain Jakubowicz.

14h35 - Le président lit la déposition du collègue de Timothée. Pour rappel, tous deux ont croisé Arthur Noyer le soir de sa disparition. "Il n’est pas méchant mais il me semble qu’il y avait deux ou trois mots insultants", a-t-il affirmé. Mais Timothée n'a pas ce souvenir. Il indique seulement qu'Arthur Noyer avait "une démarche hésitante".

14h20 - "On ne s’était pas imaginé que c’était Arthur qu’on avait croisé sur le parking. On n’avait pas fait le rapprochement", raconte Timothée qui a croisé le jeune chasseur alpin avec un collègue. "On n’a pas répondu à l’appel à témoins étant donné qu’on avait bu de l’alcool. On ne s’est pas fait confiance (…) Je n’avais pas envie que mon témoignage embrouille l’affaire, je doutais de ma propre parole." Ce sont les gendarmes qui confirmeront, images de vidéosurveillance à l'appui, qu'ils avaient bien croisé Arthur Noyer.

14h15 - Timothée, 26 ans, est appelé à la barre. Il a croisé Arthur Noyer "entre 3 et 4 heures du matin" le 12 avril 2017. Il a eu un bref échange avec lui sur le parking du Carré Curial.

14h10 - L'audience reprend avec de nouvelles auditions de témoins, à suivre dans notre direct.

12h30 - L'audience est suspendue. Elle reprendra à 14h.

12h25 - Nordahl Lelandais est invité par le président à réagir aux différentes auditions de la matinée. "Ce qui a été dit, ça leur appartient. Certains détails qui ont été oubliés mais rien de particulier", déclare brièvement l'accusé. 

12h20 - "Ensuite j'ai vu qu'il n'était plus sur le trottoir, j’ai pensé que ses potes l’avaient ramené", se souvient Alain. 

12h10 - C'est au tour d'un autre témoin de s'exprimer. Cheveux grisonnants, Alain, 68 ans, ancien gérant de bars à Chambéry aujourd'hui retraité, explique qu'Arthur Noyer lui a demandé de le ramener à la caserne la nuit du 11 avril. Le sexagénaire était alors occupé à fermer ses établissements.

12h - L'avocat de la défense Maître Jakubowicz insiste auprès du témoin pour savoir si Nordahl Lelandais a pu venir dans son bar la nuit du meurtre. Cyril répond : "Je ne me souviens pas qu'il soit venu. Si c'était le cas ça m'aurait marqué."

11h45 - Il définit Nordahl Lelandais comme "quelqu'un de normal, qui avait beaucoup d'amis". Il affirme que Nordahl Lelandais fréquentait son bar "occasionnellement" mais qu'il n'est pas venu dans son bar durant la nuit du 11 au 12 avril 2017.

11h30 - Cyril, 37 ans, qui tenait un bar près du carré Curial au moment des faits, et qui connaît aussi l'accusé "depuis l'enfance", est à son tour appelé à témoigner.

11h15 - L'audience reprend. Un témoin qui connaissait Nordahl Lelandais avant les faits pour l'avoir rencontré dans une boîte de nuit de Chambéry s'exprime en ce moment à la barre.

10h53 - L'audience est suspendue pour un quart d'heure. 

10h50 - "Sous l’emprise de l’alcool ou dans la vie de tous les jours, il n’était pas bagarreur", affirme le témoin au sujet de son ami. Il juge "impossible" qu'Arthur Noyer ait pu s'énerver ou vouloir se battre pour un téléphone volé. 

10h35 - Un nouveau témoin à la barre. Théo, 27 ans, ancien compagnon de chambre d'Arthur Noyer et l'un de ses meilleurs amis, le décrit comme "quelqu’un de gentil, souriant, très généreux, qui parlait de tout. Tout ce qui l'intéressait, il le réussissait. Il était excellent. C'était vraiment quelqu'un de bien". 

10h25 - En réponse aux différentes questions, le témoin affirme qu'Arthur n'accordait pas d'importance particulière à son téléphone portable. "Un jour on mangeait au restaurant. Quelqu'un a cassé son téléphone, et Arthur n'a rien dit". 

10h15 - "Je ne l’ai jamais vu être agressif ou même parler mal à quelqu’un", témoigne Alexis, 25 ans, à propos d'Arthur Noyer, qu'il qualifie de "jovial, sociable, toujours de bonne humeur".

10h10 - Un second ami et collègue d'Arthur Noyer est appelé à la barre.

10h05 - Maître Jakubowicz, avocat de la défense, interroge l'ancien chasseur alpin et fait référence à une image de vidéo surveillance diffusée hier durant l'audience : "Nous avons une photo d’Arthur allongé au sol, les bras en croix. On essaye de nous dire qu'Arthur est tombé. Est-ce qu’on peut imaginer qu’Arthur s’allonge par terre et se mette les bras en croix pour faire rire ?". "Non, non je ne pense pas" répond d'emblée le témoin. 

9h55 - Le président questionne le témoin sur l'état d'ébriété d'Arthur Noyer à sa sortie de la boîte de nuit. "On n'était pas ivres au point de tomber par terre", répond Vincent. 

9h40 - "Arthur c'est quelqu’un d’entier, qui aimait rire et profiter de chaque moment", déclare l'ancien militaire. "Je ne l’ai jamais vu une seule fois s’énerver porter de coups, ni agresser quelqu'un. Il était toujours jovial".

9h35 -  Plus tard, Vincent découvre trois appels manqués de la part d'Arthur Noyer entre 2h46 et 2h48. A son réveil le lendemain matin à la caserne de Barby, il trouve "étrange" de constater l'absence de son ami.

9h30 - Pendant la soirée en discothèque, Arthur est mis dehors par un videur "parce qu'il avait trop bu". "Moi je le trouvais pas si ivre que ça", précise Vincent, qui raconte perdre ensuite son ami de vue en retournant dans la boîte de nuit chercher sa veste. "Quand je suis ressorti il n'était plus là", déclare l'ex-chasseur alpin. "Je me suis dit qu'il avait décidé de rentrer [au 13e BCA]".

9h25 - Ce soir là, le groupe d'amis va "boire des bières" dans plusieurs bars de Chambéry, consomme aussi de la cocaïne. Puis Vincent et Arthur Noyer décident de poursuivre ensemble la soirée au RDC une boîte de nuit de la place Curial. 

9h15 - Vincent, 27 ans, se trouvait avec Arthur Noyer durant la soirée du 11 au 12 avril 2017, au cours de laquelle plusieurs amis et collègues du 13e bataillon de chasseurs alpins s'étaient réunis pour fêter un anniversaire. 

9h05 - Le premier témoin est auditionné par visioconférence depuis la Bretagne. Il s'agit d'un ami d'Arthur Noyer, ancien militaire du 13e BCA.

9h - Ouverture de l'audience.

8h45 - Maître Boulloud, à son arrivée au palais de justice, revient sur l'image que selon lui, la défense de Nordahl Lelandais, a voulu donner du jeune militaire : "La défense a voulu faire apparaître un Arthur ivre, ivrogne, par terre, les bras en croix, peut-être quelqu’un qui s’adonnait à la drogue. Aujourd’hui, ça va être la véritable image d’Arthur. Des éléments pourront vous être donnés par les uns et les autres pour démontrer qu’Arthur c’était tout le contraire… C’était pas le personnage qui était capable de monter dans une voiture pour solliciter une faveur sexuelle et qui voulait aller se battre avec quelqu’un avec qui il n’avait rien à faire… C’était pas un bagarreur, il était pas vindicatif. Ce qu’il voulait, c’était rentrer à la caserne. Ça aujourd'hui on va le démontrer…"

8h20 - Comme tous les matins, Nordahl Lelandais est arrivé dans la cour du palais de justice à bord d'un véhicule blanc de l'administration pénitentiaire. Casquette sur la tête et gilet par-balles sur le dos, il a ensuite été escorté par plusieurs agents à l'intérieur.

8h00 - Le public, déjà nombreux, patiente sous la pluie devant le palais de justice. Le nombre de place est limité pour assister à l'audience : 26 places dans la salle principale et une cinquantaine dans une seconde salle où le procès est retransmis.

Il pleut au 3e jour du procès Lelandais, ce qui ne décourage le public venu encore nombreux.
Il pleut au 3e jour du procès Lelandais, ce qui ne décourage le public venu encore nombreux. © Céline Aubert - FTV.


 

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