Témoignage : de l'utilité de l'air bag en ski hors piste

Victime d'une avalanche lors d'une sortie à ski de randonnée sur le massif de Bellevarde, en Savoie, Laure Chappaz a eu le réflexe de déclencher son air-bag à temps. Elle s'en sort avec une blessure au genou et s'estime chanceuse, tout en soulignant l'importance d'avoir un bon équipement.

Laure Chappaz, skieuse expérimentée, a été emportée par une avalanche le 22 mars 2021 sur le massif de Bellevarde, en Savoie.
Laure Chappaz, skieuse expérimentée, a été emportée par une avalanche le 22 mars 2021 sur le massif de Bellevarde, en Savoie. © France 3 Alpes

C'était à l'occasion d'une sortie entre amis sur le massif de Bellevarde, à Val-d'Isère en Savoie. Le 22 mars, cinq skieurs expérimentés partent pour une randonnée à ski avec, parmi eux, un guide. Laure Chappaz est la dernière à se lancer dans une petite pente dans un secteur qu'ils connaissent bien.

"C'est allé très vite, mais j'ai eu l'impression que ça durait une éternité", raconte la skieuse qui a été emportée par une avalanche. "Quand je vois que la plaque se décroche au-dessus de moi, je regarde mes skis et je vois que ça se craquèle. Je me sens tirée vers le bas et je déclenche tout de suite mon air-bag."

Prise dans la coulée de neige, Laure Chappaz perd un ski et son genou heurte un rocher. "J'ai l'impression que ça va très doucement, que ça ne s'arrête jamais, se rappelle-t-elle. Je vois toujours le ciel donc je n'ai pas de craintes pour moi, j'ai juste peur que mes amis soient en bas."

 

"j'ai eu de la chance"

Les quatre autre skieurs, indemnes, arrivent rapidement pour la dégager de la neige. Miraculeusement, Laure s'en sort avec une plaie au genou qui nécessitera une opération le jour-même et une légère entorse à un pouce. Elle gardera une cicatrice de 10 centimètres et 14 points de suture.

"Par chance, je n'ai pas de ligament, aucun tendon, pas de rotule abîmés. Ca tient du miracle parce que tout se joue à quelques centièmes de seconde", juge-t-elle. Un mois après l'avalanche, Laure garde des séquelles de l'accident. Elle ne peut pas complètement plier sa jambe et suit des séances de rééducation. Certaine de rechausser ses skis la saison prochaine, elle redoute malgré tout l'impact psychologique.

"L'ensemble de la situation me marquera. Je ne sais pas dans quel état d'esprit je vais reprendre le ski l'année prochaine. J'ai l'impression que je n'ai pas eu peur mais ça m'a coupé l'énergie pendant un certain temps. Je n'arrivais plus à me concentrer", poursuit la skieuse qui reconnaît une part de chance, mais souligne l'importance d'être bien équipé pour les sorties en montagne et félicite les bons réflexes de ses amis.

"En tout cas, je suis contente d'être là pour en parler, conclut Laure Chappaz. Ca devient une expérience, et je suis contente de pouvoir véhiculer les leçons que j'en ai tiré."

 

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