Neige transportée par hélicoptère dans les Pyrénées, le maire de Valloire (Savoie) dit stop au “montagne bashing”

De la neige livrée par hélicoptère dans la station de Luchon-Superbagneres, les 14 et 15 février 2020. / © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
De la neige livrée par hélicoptère dans la station de Luchon-Superbagneres, les 14 et 15 février 2020. / © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

"Cessez de nous complexer" ! Dans un post publié sur Facebook, le maire de Valloire réagit après la polémique suscitée par l'utilisation d'un hélicoptère pour apporter de la neige dans les Pyrénées. Selon lui, il faut arrêter de dénigrer la montagne, largement dépendante de l'économie du ski.

 

Par Yann Gonon

En pleine polémique sur le recours à un hélicoptère pour fournir de la neige à une station de ski des Pyrénées, le maire de Valloire dit stop au "montagne bashing". Dans une longue tribune publiée sur Facebook, il justifie le recours à une pratique de "dépannage". Ce jeudi 20 février, des responsables des stations  sont convoqués au ministère de l'Ecologie pour s'expliquer.

"S’il vous plaît, arrêtez le dénigrement de la Montagne, mettez fin au « Montagne Bashing » cessez de nous complexer". Ainsi commence le post publié par Jean-Pierre Rougeaux, le maire de Valloire, qui semble très agacé par la polémique.
 

Révélée par nos confrères de France 3 Occitanie, l'opération de livraison de neige a eu lieu, le week-end dernier, dans la station de ski de Luchon-Superbagnères. 60 tonnes de neige ont ainsi été livrées par la voie des airs. Un hélicoptère a effectué plusieurs rotations, pendant deux heures et demi, pour un coût estimé entre 5000 et 6000 euros.

L'opération a été condamnée par des écologistes mais aussi par Elisabeth Borne elle-même. La ministre de l'Ecologie a d'ailleurs convoqué, ce jeudi 20 février à 17 heures, les représentants des professionnels et des élus "concernés par l'avenir des stations de ski""On ne peut pas à la fois avoir des stations qui sont victimes du dérèglement climatique, elles n'ont plus de neige et, en même temps, qu'elles contribuent à aggraver le dérèglement climatique", avait-elle déclaré sur RMC mercredi, ajoutant que ces stations de ski devaient trouver "un autre modèle, c'est aussi une transition qu'il faut réussir".

"Oui les conditions de 2020 ont nécessité, pour que les vacances d’hiver puissent se réaliser dans certaines stations, un apport en neige exceptionnel par camion ou par hélicoptère... C’est évidemment très visible et cela offre un merveilleux sujet au dénigrement des contempteurs"
écrit le maire de Valloire dans sa tribune. Jean-Pierre Rougeaux insiste aussi sur l'enjeu que représente la neige dans les stations : "aujourd’hui des centaines de milliers de personnes et d’habitants de nos territoires de Montagne vivent grâce à la valeur économique du flocon de neige".
 

Et les fuites d'eau sur le réseau ?


Et si l'on s'intéressait surtout au gaspillage de l'eau en général, interroge l'édile qui pointe les "millions de m3" perdus à cause des fuites d'eau. Pour Jean-Pierre Rougeaux, la fabrication de la neige de culture dans les stations de ski coûterait 40 fois moins d'eau que les fuites sur l'ensemble du réseau français.

Avant Luchon-Superbagnères, la station de Montclar (Alpes de Haute-Provence), située à 1.350 mètres d'altitude, avait elle aussi transporté de la neige par hélicoptère. L'opération avait alors duré trois heures et nécessité 400 litres de gasoil. 
 

Les stations de Sainte-Foy-Tarentaise et des Karellis, en Savoie, avaient également eu recours à un hélicoptère en 2015 pour acheminer plusieurs tonnes de neige sur leurs pistes qui en étaient dépourvues.
 

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