Vaccinées avec AstraZeneca en Auvergne, elles nous racontent leur expérience

Elles sont professionnelles de santé ou personnes à risque : en Auvergne, elles ont été vaccinées contre le COVID 19 avec AstraZeneca. Au lendemain de la suspension du vaccin en France, elles parlent des effets secondaires et évoquent leurs interrogations et parfois inquiétudes.

Après s'être fait vacciner avec AstraZeneca, des Auvergnates témoignent de leur ressenti suite à la suspension du produit.
Après s'être fait vacciner avec AstraZeneca, des Auvergnates témoignent de leur ressenti suite à la suspension du produit. © Gustavo Valiente/MAXPPP

En Auvergne, des professionnels de santé et personnes à risque ont été vaccinés avec AstraZeneca  ces dernières semaines. Après l’annonce, lundi 15 mars, de la suspension des injections de ce vaccin en France, des interrogations et des inquiétudes apparaissent : « J’étais assez confiante parce que, même si on entendait des choses, je me disais « Il faut faire confiance à son médecin ». Ca ne s’est pas trop mal passé sauf que pendant 24 heures j’ai eu quelques maux de tête, j’ai dû prendre du Doliprane parce que j’avais de la température et des courbatures mais bon, c’était prévisible. Il y en a qui réagissent plus ou moins bien. C’est vrai que maintenant, j’ai un peu peur », raconte Danielle*.

"Si même les vaccins ne sont pas bons, ça donne la frousse"

Vaccinée vendredi 12 mars, cette habitante du Puy-de-Dôme a reçu la première injection d’AstraZeneca sur les conseils de son médecin. Agée de 69 ans, elle était prioritaire suite à un infarctus. « On a déjà peur avec ce COVID, ces variants… Je me dis qu’on va bien voir les résultats des analyses qu’ils vont faire mais si même les vaccins ne sont pas bons, ça donne la frousse. Je vous avoue franchement que pour la deuxième injection, j’ai un peu peur. Je me demande ce que ça va donner. Je l’ai fait parce que je pense que si tout le monde refuse de se faire vacciner, on ne va pas s’en sortir. Au départ, j’étais réticente parce qu’il n’y a pas de recul sur ces vaccins mais si on veut maîtriser la situation, c’est la seule solution », affirme Danielle.

"Je suis résolument optimiste"

Vaccinée le 5 mars, Marie-Josée, habitante de Haute-Loire, n’est pas effrayée par la suspension d’AstraZeneca : « Je pense qu’il va être remis sur le marché. Ce qui se passe, c’est un problème de coïncidence selon moi. Je suis résolument optimiste. Il a pu y avoir des effets indésirables graves mais par rapport à d’autres vaccins, je ne suis pas sure qu’il y en ait plus. Je ne suis pas plus inquiète que ça. » En raison de son traitement pour l’hypertension, cette Altiligérienne de 63 ans a pu accéder prioritairement au vaccin et ne regrette pas sa décision. « Le samedi, j’étais assez fatiguée mais je n’ai pas eu de maux de tête ni de fièvre. Je voulais reprendre une vie normale rapidement et profiter de mes petits-enfants », affirme Marie-Josée. Elle espère pouvoir recevoir son rappel du vaccin à la date prévue, le 12 mai.

"Dans tous les médicaments et vaccins, il y a des risques, je pense que ce n’est pas propre à ce produit."

Natacha et Anne, préparatrices en pharmacie dans le Puy-de-Dôme, ont reçu les premières injections d’AstraZeneca : « Elles ont eu un petit syndrome grippal, avec des courbatures et de la fièvre, mais c’est passé avec du Paracétamol. Elles n’ont pas eu de problèmes particuliers, rien d’insurmontable », précise Catherine, pharmacienne et collègue des deux femmes. « Moi, je n’ai pas eu de souci particulier donc je ne suis pas inquiète pour la seconde injection », explique Natacha. Anne explique également n’avoir « aucune » appréhension face au vaccin. « Dans tous les médicaments et vaccins, il y a des risques, je pense que ce n’est pas propre à ce produit. Avec Pfizer, mon associée a eu quelques symptômes aussi comme des courbatures », raconte Catherine.

"Si les gens ne veulent plus se faire vacciner avec AstraZeneca, c’est le plus inquiétant pour moi"

En tant que pharmacienne, elle craint plutôt que les patients ne veuillent plus se faire vacciner : « Ca, c’est certainement plus grave que les quelques cas d’effets indésirables. Je ne suis pas inquiète pour administrer le vaccin car s’il y a le moindre doute, j’en parle aux médecins avant de réaliser les injections, ce n’est pas à la chaîne, on fait du cas par cas. Pour l’instant il n’y a pas d’autres vaccins donc si les gens ne veulent plus se faire vacciner avec AstraZeneca, c’est le plus inquiétant pour moi », explique Catherine. Sa pharmacie devait commencer à réaliser des injections le 22 mars, et elle ignore, pour l’heure, si elle pourra recevoir des vaccins.

"Un jour on nous dit qu’il n’y a pas de risque et le lendemain, on retire le vaccin"

Juliette, infirmière à domicile du Puy-de-Dôme, a souhaité se faire vacciner car, de par son métier, elle est exposée à des cas suspects de COVID 19. Aujourd’hui, la suspension d’AstraZeneca l’inquiète : « Je me suis faite vacciner jeudi dernier et évidemment je suis inquiète. J’ai fait confiance mais aujourd’hui je ne sais pas s’il aurait mieux valu que je reste exposée au virus, au risque de développer une forme grave, ou s’il valait mieux me faire vacciner », déclare Juliette. Si les cas d’effets indésirables sont, pour elle, peu nombreux au vu des doses administrées, elle est inquiète pour sa seconde dose : « Il y a beaucoup de discours différents, mais bon, c’est un épisode inédit donc même les plus grands scientifiques n’ont pas de recul. On ne sait pas trop, on nous dit tout et son contraire. Un jour on nous dit qu’il n’y a pas de risque et le lendemain, on retire le vaccin. »

"Maintenant, dans le doute, je déconseille l'AstraZeneca"

Si elle ne regrette pas de s’être fait vacciner, désormais, Juliette déconseille à se proches éligibles de suivre le même chemin : « Je leur dit qu’il ne faut pas le faire. J’ai dit à ma mère d’attendre et de ne surtout pas se faire vacciner avec AstraZeneca. Pourtant elle va se faire opérer, mais au vu de la situation je lui dis qu’il vaut mieux tout miser sur les gestes barrières plutôt que de s’injecter quelque chose dont on ne connait pas les effets secondaires. » Exposée au quotidien, cette infirmière de 46 ans craignait de développer une forme grave : « Quand je suis allée me faire vacciner, j’étais convaincue qu’il me fallait une protection. C’était un choix de ma part. Mais maintenant, dans le doute, je déconseille l’AstraZeneca ». "Nous sommes toujours fermement convaincus que les avantages du vaccin AstraZeneca dans la prévention du COVID, avec son risque associé d'hospitalisation et de décès, l'emportent sur le risque de ces effets secondaires", a indiqué mardi 16 mars la patronne de l'EMA, Emer Cooke, lors d'une visioconférence. Une décision est attendue dans les prochains jours.. 

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