Doux et Tilly-Sabco plaident leur cause à Bruxelles ce vendredi

Les volaillers Doux et Tilly-Sabco, accompagnés du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, plaident leur cause ce vendredi à Bruxelles, avec l'espoir d'esquisser des solutions pour faire face à la fin des aides européennes à l'export. 

© France 3 Bretagne
La délégation française, composée des deux volaillers, de représentants de la Confédération française de l'aviculture (CFA) et de la Fédération des industries avicoles (Fia), composée des deux volaillers, de représentants de la Confédération française de l'aviculture (CFA) et de la Fédération des industries avicoles (Fia), sera reçue en fin de matinée par le Commissaire européen à l'Agriculture Dacian Ciolos.

La fin des aides européennes à l'export
 
La Commission européenne avait annoncé en juillet la fin des "restitutions", ces aides à l'export qui permettaient aux poulets congelés européens d'entrée de gamme de concurrencer les volailles brésiliennes sur le marché international, au Moyen-Orient notamment. "L'idée n'est pas de plaider la remise en place des restitutions, mais de voir quels mécanismes peuvent soutenir une filière qui a du potentiel", explique le directeur de la CFA, Christian Marinov.
Les volaillers français Doux et Tilly-Sabco étaient les derniers bénéficiaires de ces subventions, d'un montant d'environ 55 millions d'euros par an, dont la suppression avait été actée dès 2005 et confirmée en 2008.

Un arrêt des aides annoncé dès 2005

Au ministère de l'Agriculture, on s'agace de l'inaction des industriels, qui savaient bien que ces aides s'arrêteraient. "Je constate aujourd'hui, alors que tout le monde savait que ces restitutions allaient disparaitre, que personne n'a tenu compte du fait qu'on allait finir par ne plus (les) avoir", s'étonnait début novembre Stéphane Le Foll.
Mais sous la pression de Tilly-Sabco et de ses employés, qui ont multiplié les actions en Bretagne début novembre dans un climat déjà explosif dans cette région, le ministre de l'Agriculture s'était engagé à obtenir un rendez-vous à Bruxelles pour défendre le dossier avec les représentants de la filière.

Des coûts de production supérieurs au prix de vente

Car sans les restitutions, le poulet français ne fait plus le poids: les coûts de production s'élèvent à 1,80 euro/kilo quand il se vend 1,30 euro, soit à peine de quoi couvrir les frais de production du poulet vivant, souligne le PDG de Tilly-Sabco, Daniel Sauvaget. L'entreprise a d'ailleurs déjà dû réduire sa production de 40% en août et menace de la suspendre complètement en janvier, mettant au chômage partiel la quasi-totalité des 340 employés. Mais sa décision n'est pas encore totalement arrêtée et il attend la réunion de vendredi. "J'espère pouvoir corriger ma décision très rapidement".

Des aides sur l'amont de la filière

Pour lui, la solution passerait notamment par des aides fléchées sur "l'amont de la filière", qui permettraient aux éleveurs de vendre leurs poulets moins cher aux industriels.
Les éleveurs de leur côté voient la solution dans "le mécanisme de gestion de crise. Est-ce qu'on peut l'utiliser seulement en cas de crise sanitaire, ou aussi quand une filière est attaquée sur la monnaie ?", demande Christian Marinov.
Car outre la fin des restitutions, le poulet européen est mis à mal par l'effondrement du real, qui rend  le poulet brésilien encore plus bon marché.

A Bruxelle on évoque surtout des aides au développement rural

Chez Doux, on préfère ne pas s'avancer, arguant être concentré à 100% sur la décision du tribunal de Quimper le 26 novembre qui doit valider -ou pas- le plan de continuation du groupe en redressement judiciaire. Même si "bien évidemment, on n'est pas resté inactifs dans les échanges avec Bruxelles", complète le porte-parole du volailler.
A la Commission européenne, on évoque seulement des aides au développement rural, dans le cadre de la future Politique agricole commune (PAC, 2014-2020).  Ces aides,
appartenant au second pilier de la PAC, peuvent permettre la modernisation des bâtiments d'élevage. Un sujet crucial pour la filière qui estime avoir besoin de 100 millions d'euros par an pour se remettre à niveau, mais qui ne suffira pas, selon la CFA.

Sept années pour se préparer

Le commissaire européen chargé de l'Agriculture, Dacian Ciolos, avait  tenu à rappeler jeudi aux acteurs français de la filière avicole qu'ils avaient eu sept ans pour se préparer à la fin des subventions européennes pour les exportations de volaille, et que cette décision était irrévocable. "Si sept ans ne constituent pas un temps suffisant pour se préparer (à la fin des subventions) alors je ne vois pas combien de temps il faut", a dit M. Ciolos au cours d'un point de presse, à la veille de cette rencontre à Bruxelles avec des représentants du secteur.

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