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Typhon au Philippines : un pompier breton témoigne

Stéphane Mahoin : distribution de riz aux villageois de Tiglawigan / © Pompiers Solidaires
Stéphane Mahoin : distribution de riz aux villageois de Tiglawigan / © Pompiers Solidaires

Depuis trois jours, le typhon Hagupit, rétrogradé au rang de tempête, déferle sur l’archipel des Philippines. Dans la ville de Cadiz, sur l’île de Negros, Stéphane Mahoin,  "Pompier Solidaire", participe à un programme de reconstruction d'une école. Il témoigne.

Par Eric Nedjar

Pompier volontaire, Stéphane Mahoin vit prêt de Rennes et s'est déjà rendu aux Philippines l'an dernier, trois jours après le passage du typhon Haiyan pour venir en aide à une population sinistrée. Le 8 novembre 2013, Haiyan avait fait 7 000 morts et disparus.

Présent à nouveau sur l'île de Négros, où il participe depuis le 30 novembre à un programme de réhabilitation et de reconstruction d'une école, il a pu voir arriver Hagupit, un autre typhon qui depuis quelques jours traverse l'archipel. Ce lundi, nous avons pu le joindre au téléphone.

Stéphane Mahoin, une nouvelle tempête a traversé les Philippines, comment cela s'est-il passé pour vous ?
"Nous sommes sur l'île de Négros, à côté de Cadiz, dans un village de pêcheurs. Jeudi dernier, déjà, soit deux jours avant l'arrivée d'Hagupit, la mer était tellement démontée qu'ils n'ont pas pu sortir. Du coup, ça fait cinq jours qu'ils ne pêchent pas, qu'ils n'ont plus rien à vendre, plus rien pour se nourrir. On a dû prendre des mesures pour les aider. On distribue chaque jour 1 600 repas. Et puis depuis jeudis soir également, l'école que nous réhabilitons a été réquisitionnée par l'état. Elle est devenue lieu d'accueil et d'hébergement pour 800 femmes et enfants du village. Les pêcheurs, eux faisaient les allers et retours entre l'école et leurs maisons."

Annoncé comme typhon, Hagupit a finalement été beaucoup moins violent que prévu ?
"Oui, ça a vraiment tapé fort à partir de samedi en début d'après-midi avec des vents violents qui ont duré toute la nuit. La pluie n'est arrivée que dans la nuit de samedi à dimanche, vers deux heures du matin, mais elle est tombée sans discontinuité pendant 24 heures. Là, ça s'est calmé, mais toutes les routes sont encore inondées. Il y a de l'eau partout."

Là où vous vous trouvez, quels dégâts a provoqué Hagupit ?
"En fait, il y en a assez peu. Hagupit a été beaucoup moins violent qu'Haiyan l'année dernière. Seuls quelques toits ont été endommagés. Franchement, j'ai été surpris. C'est la première fois que j'arrive avant un évènement comme ça. Depuis l'annonce de l'arrivée du typhon, la population est sensibilisée. Les pêcheurs ont mis leurs bateaux à l'abris, protégé leurs maisons, des habitations très précaires avec cordages, branchages, ils ont attachés les toits, au final ls dégâts sont minimes..."

Dans quel état d'esprit se trouvent les personnes avec qui vous vous trouvez ?
"Ils sont traumatisés par le typhon Haiyan de l'année dernière. Ça, c'est évident. La crainte était vraiment palpable, car en plus, ce n'est pas le premier typhon qui passe cette année mais c'était le plus fort annoncé. C'est pour ça qu'ils ont joué le jeu si j'ose dire, qu'ils ont vraiment suivi les consignes du gouvernement de venir se mettre à l'abri ici. Depuis ce midi, la situation est plus calme. La tempête est passée, on sent un réel soulagement qu'il n'y ait pas plus de dégâts que ça. Nous, on a repris nos activités de formation et on continue en parallèle de distribuer des repas. Dimanche, on sera de retour en France."

Selon la Croix-Rouge, Hagupi aurait malgré tout fait fait au moins 21 victimes. Avec des vents à plus de 200 km/h et des pluies torrentielles, la tempête a ravagé plusieurs centaines d'habitations dans l'est du pays, comme à Borogan City ou à Nabua.

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