L'activité reprend très partiellement à l'usine PSA de Rennes

Après deux mois d'interruption, une petite partie des ouvriers de l'usine PSA de Rennes a repris le travail ce lundi matin. Une reprise très progressive, sans plusieurs centaines d'intérimaires, après la négociation d'un protocole sanitaire renforcé avec les instances représentatives du personnel.

Une partie des salariés de l'usine PSA de la Janais, près de Rennes, a repris le travail le 18 mai.
Une partie des salariés de l'usine PSA de la Janais, près de Rennes, a repris le travail le 18 mai.
Quelques dizaines de salariés, pour certains portant un masque, attendant en file indienne et à bonne distance les uns des autres, pour passer la porte de l'usine PSA de La Janais, à Chartres-de-Bretagne. C'est l'image de ce matin, après deux mois d'arrêt total de l'usine à cause de l'épidémie de Coronavirus.

"Depuis la fermeture de notre site, nous avons mis en place un protocole sanitaire renforcé sur notre site industriel avec l’appui de notre service de santé et en collaboration étroite avec nos partenaires sociaux. Grâce à cet effort collectif, validé par l’audit qui a eu lieu les 14 et 15 avril, nous pouvons sereinement reprendre la fabrication des Citroën C5 Aircross et Peugeot 5008 le 18 mai de façon progressive et sécurisée", affirmait la semaine dernière Stéphane Gélas, directeur de l’usine de Rennes.
 
Des mesures de protection ont été mises en place sur certains postes où plusieurs ouvriers doivent travailler côte-à-côte.
Des mesures de protection ont été mises en place sur certains postes où plusieurs ouvriers doivent travailler côte-à-côte.

Un protocole discuté avec les syndicats

Le protocole sanitaire a été adopté par une partie des syndicats de salariés. "Il faut maintenant former et accompagner tous les salariés avec bienveillance, indique la CFE-CGC dans un communiqué, car chacun n’a pas la même perception du danger que représente le virus, ni la même peur face au risque."

Du côté de la CGT, "nous n'avons pas souhaité signer un protocole qui pour l'instant ne fonctionne que sur le papier, explique Fabrice Lucas, délégué CGT du site PSA La Janais. Entre la théorie et la réalité, il y a un écart qui peut être important. Ce n'est que dans quelques jours, quand la reprise sera vraiment effective, qu'on pourra le valider voire l'amender en fonction des remontées des salariés qui auront travaillé dans ces nouvelles conditions".

Chômage partiel et intérimaires dans l'attente

Car cette reprise se fait au ralenti, une partie des salariés en CDI restant au chômage partiel, et sans les presque 1000 intérimaires qui travaillent sur le site au plus fort de l'activité. Dans un premier temps, une seule équipe, sur les quatre habituelles, reprend le travail. Aujourd'hui l'atelier emboutissage, où on presse les pièces, a repris avec environ 200 personnes. Mardi, ce sera le ferrage (assemblage et peinture) et enfin, mercredi, le montage des véhicules, qui reprendront à leur tour. "Nous serons donc, mercredi, approximativement 800 personnes pour cette première équipe complète de production", indique-t-on du côté de la communication du groupe PSA.

"Ça reste une catastrophe sociale, déplore Fabrice Lucas de la CGT. Cette reprise se fait sans les presque 1000 intérimaires qui travaillaient avec nous avant l'épidémie. Ils ne pourront pas revenir tout de suite, le groupe PSA a énormément de stock à écouler avant de reprendre une activité normale sur les sites de production."

La reprise constatée ce matin n'est donc qu'une première étape d'un processus plus long dont nous vous parlions récemment :
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie déconfinement société automobile
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter