Agriculture. La Bretagne veut passer de 700 à 1000 installations par an

Porter le nombre d'installations de 700 à 1000 par an, c'est l'ambition de la Région Bretagne pour compenser le flux des départs à la retraite et assurer la pérennité des activités agricoles et agroalimentaires. Annonce faite par le président Loïg-Chesnais-Girard à la veille de l'ouverture du Space.
La Bretagne comptait près de 38.000 exploitations en 2007. Il en reste moins de 26.000 aujourd'hui
La Bretagne comptait près de 38.000 exploitations en 2007. Il en reste moins de 26.000 aujourd'hui © France 3 Bretagne

Première région agricole française, la Bretagne veut augmenter d'un tiers les installations de jeunes agriculteurs pour compenser le nombre important de départs à la retraite afin d'assurer la pérennité de cette activité et de l'agroalimentaire.

"Actuellement, selon les années, nous avons entre 650 et 750 installations par an. Nous voulons porter ce chiffre à 1.000" a déclaré, lors d'une conférence de presse à Rennes, le président de Région Loig Chesnais-Girard.

Près de 38.000 exploitations en 2007, moins de 26.000 aujourd'hui

En Bretagne comme ailleurs, le nombre d'agriculteurs n'a cessé de baisser ces dernières décennies. La région comptait 37.650 exploitations en 2007, selon les chiffres de la Chambre régionale d'agriculture (CRA). Ce chiffre était encore de 26.500 en début d'année mais est tombé sous les 26.000 depuis l'été.

Le problème est d'autant plus aigu que, selon la CRA, qui enregistre une seule installation pour quatre départs, 52% des agriculteurs vont partir à la retraite dans les dix ans.

Le risque de l'agrandissement

"Un des risques, faute de reprise, c'est l'agrandissement. Si les fermes sont trop grandes, il n'y a pas de reprise possible (en raison du coût du foncier) et on va vers une financiarisation (...) On veut une agriculture familiale transmissible" a affirmé Loïg Chesnais-Girard.

Pour la région, ces installations, indispensables au "maillage du territoire", ne peuvent se faire qu'en s'orientant vers l'agro-écologie dont elle veut devenir "le leader".

"Il faut réaffirmer que l'élevage n'est pas un ennemi de l'environnement", a poursuivi le président de la Région Bretagne, qui souhaite aussi un "retour à l'autonomie", comme en production laitière, mais aussi pour le porc, dont la production est très largement dépendante des importations de soja principalement d'Amérique latine.

Actuellement, "une installation sur trois se fait en bio" a indiqué le vice-président à l'agriculture, Arnaud Lécuyer, précisant que la Bretagne est légèrement au-dessus de la moyenne nationale en bio ("13-14%" contre "12% au plan national").

"Etats généraux de l'Agriculture"en octobre

Par ailleurs, la Région appelle en octobre à des "Etats généraux de l'agriculture" afin d'entamer un travail de plusieurs mois, avec tous les acteurs, à la fois sur la transmission des exploitations et sur les orientations futures de l'agriculture bretonne.


"On veut rester une terre d'agriculture et on veut installer des enfants d'agriculteurs, mais aussi d'autres secteurs, non issus du milieu agricole, voire d'autres régions qui veulent s'installer ici" a insisté Loïg Chesnais-Girard.

La Bretagne fournit au plan national 57% des porcs, 41% des oeufs, 1/3 des poulets et 22% de la collecte de lait. Cette concentration de la production crée des milliers d'emplois dans l'agro-alimentaire mais conduit aussi à des problèmes environnementaux, notamment la prolifération d'algues vertes dans certains secteurs du littoral.  

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