Cet article date de plus de 4 ans

Cézembre, l’île aux bombes et aux oiseaux

À l'automne, le public pourra sillonner Cézembre en face de Saint-Malo. Jusqu’ici, seule la plage était accessible. En 1944, l’île avait été pilonnée par les Alliés pour en déloger les Allemands. Le sol était truffé d’explosifs. Un sentier vient d’être déminé.
En août 1944, au lendemain du débarquement, les nazis font de Cézembre une poche de résistance sur la route des alliés, de la Libération. Pour les déloger, les Américains, les Anglais bombardent ce qui est devenu un caillou fortifié, un camp retranché. Il faudra trois semaines de pilonnage intensif avant que la garnison allemande accepte de capituler. Avec 20 000 impacts de bombes recensés, l’île de 18 hectares est défigurée. En moins d’un mois, elle est devenue le site européen le plus bombardé au mètre carré de la 2e guerre mondiale.

Déminage


Après la guerre, comme le sol est toujours truffé d’explosifs, et donc dangereux, l’ile devient propriété du Ministère de la Défense. En 2008, les démineurs de la Marine Nationale réalisent une première grande opération de déminage. La plage est sécurisée et rouverte au public, qui peut également accéder à un restaurant au dessus de la cale. Depuis, le reste de l’ile était  toujours interdit. Désormais, avec la dépollution d’un sentier de 800 mètres de long l’hiver dernier, Cézembre va enfin pouvoir être sillonnée.


Quartier général… des oiseaux


Dans quelques semaines, quand le sentier aura été balisé, clôturé, le public va pouvoir aborder la face cachée de l’île. Approcher les vestiges de la guerre, blockhaus, pièces d’artillerie, découvrir aussi la richesse de la flore, de la faune. Sur ce relief tourmenté par la guerre, les oiseaux ont depuis 73 ans bénéficié d’une paix royale, ils ont fait de Cézembre leur quartier général, au point de provoquer un transfert de compétences.

Le Conservatoire du Littoral hérite des clés


Comme l’île n’a plus d’intérêt militaire stratégique, et que les démineurs ont rendu possible l’accès au public, le Ministère de la Défense va passer la main au Conservatoire du Littoral. C’est lui désormais qui devra veiller sur ce petit joyau de la Côte d’Emeraude. Joyau fragile…  et toujours très sensible. On le répète, seul le sentier a été déminé. L’ancien terrain militaire ne sera jamais un terrain de jeu


Poursuivre votre lecture sur ces sujets
culture patrimoine mer sorties et loisirs