A la Chèze, un centre de santé innovant pour lutter contre le désert médical

Situé face à la mairie, le centre de santé abrite aujourd'hui trois médecins généralistes, deux ajoints, une assistante médicale, entre autres. L'idée n'est pas nouvelle, le centre a ouvert ses portes en 2016. Mais depuis, il semble avoir prouvé son efficacité et ne cesse de s'étoffer.

En cet après-midi, trois personnes, plutôt âgées, attendent dans la salle d’attente du centre de santé de la Chèze, 566 habitants, près de Loudéac. Trois personnes qui viennent de villages distants d’une trentaine de minutes en voiture… mais qui n’ont pas accès à un médecin plus près de chez eux.

Le centre de santé communal de La Chèze a fait ses preuves contre le désert médical qui menaçait il y a encore quelques années cette contrée du Centre-Bretagne.
Ouvert en 2016 avec deux médecins et une secrétaire, il était la fierté de la maire de l’époque, Catherine Journel. Depuis, il ne cesse de s’agrandir.

Un centre de santé qui s'agrandit

En décembre 2020,  une assistante médicale est arrivée.

Mes missions principales c’est de voir les patients en amont de  la consultation pour libérer un maximum de temps au médecin. Je prends la tension, le poids et la taille, etc, je fais le début d’un examen.

Delphine Le Goff, assistante médicale

En quelque sorte, l’assistance médicale « prémâche » le travail du médecin. "Je peux aussi faire un électrocardiogramme si une personne arrive au centre avec un problème cardiaque, précise Delphine Le Goff, qui a une formation d’aide-soignante et de puéricultrice. Après, l’examen est déjà fait, le médecin a déjà le compte. Je fais aussi la pose de matériel pour l’apnée-sommeil, je fais du dépistage pour les enfants, j’organise la vaccination, notamment pour la COVID, avec les commandes en pharmacie, les questions avant vaccination. Par contre, je ne fais pas la piqûre, ça ne fait pas partie de mes compétences".  

Sans son poste, les vaccinations n’auraient pas pu se faire. Il est donc primordial et est d’ailleurs financé en partie par la CPAM pour lutter contre le désert médical, puisqu’il permet au médecin de faire plus de consultations dans un temps donné. Une situation qui convient bien à Delphine.

460000 euros pour la commune : le prix à payer

Aujourd’hui, l’équipe du centre de santé communal compte 11 personnes : trois médecins, deux ajointes (médecins qui ont fini leur internat mais pas encore thésés), une infirmière Asalé, une infirmière du CMP, deux secrétaires médicales, une assistance sociale et donc une assistante médicale. Tous sont salariés de la commune. Le coût pour la mairie : 460000 euros à l'année.


"Au départ, c'était un budget de 50000 euros et là on est arrivé à un budget qui est quasiment équivalent à celui du fonctionnement de la commune", précise Marie-Gwénola Hollebecq, la mairesse. 

Un jeune médecin convaincu de sa mission


Le Docteur L’hénoret, jeune médecin généraliste de 36 ans, natif de Saint-Brieuc, est arrivé au centre de santé il y a deux ans et demi. Il travaille ici trois jours par semaine, soit disant avec des horaires de bureaux. "Dans la réalité, on en termine jamais dans le temps imparti, fixé sur le contrat de travail. Quand j’en discute avec mes collègues installés en libéral, finalement on fonctionne de la même manière".

Après 10 ans d’activité en tant que remplaçant, il a connu la ville, la campagne, le milieu semi-rural. Pour lui, venir s’installer dans un désert médical avait un sens.  

La campagne me parle davantage que la ville. L’exercice en ruralité est intéressant pour nous, jeunes médecins, car il nous permet de conserver nos compétences, dans les différents domaines de la médecine générale, car on réalise plein de choses différentes. Ensuite, ça vient aussi répondre à une demande plus forte dans ces zones là. On le fait pour nous et pour les autres.

Dr David L'henoret

Ici, il apprécie le travail en équipe. "Les dossiers sont bien remplis par l’assistante médicale. Quand on voit des patients, on peut passer du temps, à évoquer les motifs pour lesquels ils viennent. On ne regarde pas les antécédents, on les a déjà sous les yeux. C’est un gain de temps qui nous permet de nous concentrer sur les demandes. C’est ce dont ont besoin les patients."   

Les patients plutôt rassurés


Les patients ? Ils sont 2100 aujourd'hui, près de quatre fois la population du bourg. Beaucoup de personnes âgées, mais aussi des jeunes, des enfants. Le retour est plutôt bon de leur part. Tous ont un médecin dit « référent », qui les connaît mieux, qui suit les courriers des spécialistes, qui maîtrise leur traitement.
C’est lui qu’ils vont aller voir pour un besoin de renouvellement ou pour une information, un soin. Si le médecin référent est absent, ils seront pris en charge par un autre médecin du centre de santé, qui a accès au dossier.
"Moi j'habite à une demi-heure, raconte Michel Le Helley, patient du centre de santé depuis un an et demi et qui souffre de problèmes de tension. J'ai un médecin dans mon village, mais il y a trop de monde, il n'y a pas de place. Mais ici, c'est des jeunes docteurs, c'est parfait". 

Les patients de Loudéac et l'accès à la santé

Parmi les patients, il y en a qui viennent de la grande ville du secteur, Loudéac. Une petite ville qui souffre aussi du manque de médecins, comme l’attestent ces témoignages recueillis dans la rue.

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L'avis des habitants de Loudéac sur l'accès à la santé ©T. Peigné - FTV