Côtes-d’Armor : en grève, la radio associative Bretagne 5 demande plus de subventions à la région

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Écrit par Barbara Gabel
La trentaine de bénévoles de Bretagne 5 est en grève depuis lundi 22 novembre.
La trentaine de bénévoles de Bretagne 5 est en grève depuis lundi 22 novembre. © Jean-Marc Seigner / France Télévisions

Basée à Quessoy (Côtes-d’Armor), la radio Bretagne 5 poursuit son mouvement de protestation pour dénoncer une inégalité de traitement de la Région dans l’attribution des subventions. Radio généraliste, elle diffuse des programmes en langue bretonne et les bulletins de météo marine.

“Nous ne sommes pas en mesure de vous proposer les programmes habituels, nous vous prions de nous excuser.” C’est le message que l’on entend lorsqu’on se branche sur les ondes de Bretagne 5. L’équipe de bénévoles de cette radio associative, basée à Quessoy (Côtes-d’Armor), a lancé un préavis de grève illimité depuis lundi 22 novembre. 

Objectif : protester contre les disparités entre les subventions attribuées par le conseil régional à la trentaine de radios associatives bretonnes. Bretagne 5, elle, reçoit 6.500 euros de la région. “Notre modèle économique est trop fragile”, dénonce Stéphane Hamon, directeur et rédacteur en chef de Bretagne 5. “Il faut rediscuter ces aides rapidement car cela crée des tensions. Ce n’est pas normal que la région traite le dossier à la légère.”

La promotion du breton sur une radio généraliste

Ce que ne digèrent pas les bénévoles de Bretagne 5, c'est que certaines stations touchent dix fois plus d'aides en raison de la politique linguistique du conseil régional. Radio Kerne, Arvorig FM, Radio Kreiz Breizh et Radio Bro Gwened : toutes ces radios reçoivent plus de 74.000 euros par la région, selon Ouest-France.

Pour les bénévoles de Bretagne 5, qui ne proposent pas autant de programmes en langue régionale, il faut que la région encourage le breton sur une radio généraliste. “Ce serait une avancée considérable pour le développement du breton”, avance Michel Priziac, chroniqueur, qui écrit et produit lui-même ses émissions en langue bretonne.

Chaque semaine, trois heures de programmes sont consacrées à la promotion de la langue et des cultures. “L’intérêt c’est qu’on est écoutés par beaucoup plus de monde en tant que radio généraliste”, assure-t-il. 

"Il faut sanctuariser la radio associative"

Le 11 octobre dernier, la station, créée en 2015, avait déjà lancé un mouvement de protestation qui avait duré 24 heures. Les responsables de Bretagne 5 avaient été reçus par la vice-présidente de la région, Béatrice Macé.

“Ce qui a provoqué notre colère, c’est qu’elle dise que la radio n’a aucun salarié et n’a donc pas à se plaindre de la subvention”, raconte Stéphane Hamon. “Nous resterons en grève tant que Madame Macé n’aura pas fait le premier pas”. Contacté à plusieurs reprises, le service presse de la région n'a pas donné suite à nos sollicitations.

Il faut imaginer la radio de demain. Il faut sanctuariser la radio associative, sinon elle disparaîtra. Nous sommes dans une période où la radio vit des turbulences et des changements. La région n’accompagne pas ces changements, ou seulement du bout des doigts.

Stéphane Hamon, directeur et rédacteur en chef de Bretagne 5

La dernière radio à diffuser la météo marine

Aujourd’hui cette radio associative qui diffuse sur la bande AM est la dernière radio en France à diffuser un bulletin de météo marine. Grâce à son champ de couverture radio au-delà de l’Écosse, Bretagne 5 avait pris le relais de Radio France, fin décembre 2016, lorsque France Inter avait tourné la page de la météo marine. 

Ainsi, chaque jour, Bretagne 5 diffuse quatre bulletins météo : trois bulletins larges à 7h40, 20h05, 00h02 et un bulletin côtier à 13h30. Il s'agit de l'un des seuls programmes qui n'est pas perturbé pendant la grève, avec les flashs d'information et les journaux.

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