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Emprunts toxiques : Trégastel et Perros-Guirec asphyxiées

Trégastel et Perros-Guirec subissent les effets d'emprunts toxiques contractés auprès de l'ex banque Dexia. Les deux communes sont asphyxiées par une dette qui explose et ont décidé de lancer un Collectif des victimes des emprunts toxiques avant de rencontrer le 25 mars le Préfet des Côtes d'Armor.
Pièces de monnaies et billets
Pièces de monnaies et billets © CC-Karlls Dambrans
Dans les années 2000, des milliers de communes et de collectivités en France ont contracté des emprunts toxiques auprès de Dexia. La banque aujourd'hui démantelée, a été sauvée par des fonds publics. Les communes elles, sont asphyxiées par l'explosion des taux d'intérêts très volatiles de ces emprunts. C'est le cas de Trégastel et Perros-Guirec dans les Côtes d'Armor. 

Des communes en grosses difficultés

Ces emprunts toxiques auprès de Dexia ont plombé les finances de Trégastel. La commune a contracté un prêt en 2007. Ces taux d'intérêts au départ, très avantageux, s'élevaient à 3,10%. Très vite, ils ont grimpé à 12% en 2011 passant à 21% en 2015. Des taux multipliés par 6 en 8 ans ! Cette dette empoisonne l'avenir de la municipalité qui n'a plus les moyens de financer ses projets de rénovation. Trégastel est même sous la menace d'une mise sous tutelle malgré des économies drastiques.

Des actions pour obtenir réparation

Des procédures judiciaires sont en cours pour tromperie et défaut de conseil. Depuis 2013, Trégastel est en procès contre la banque Dexia. Paul Droniou, le maire de Trégastel avec Erven Léon, maire de Perros-Guirec, une commune également fortement touchée par les emprunts toxiques viennent de créer un collectif pour défendre les intérêts des villes de moins de 10.000 habitants victimes de ces emprunts. Ils veulent mettre en lumière les pratiques fallacieuses de la banque. L'idée est de peser ensemble dans les négociations engagées.Les deux élus doivent rencontrer le préfet le 25 mars. 

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Emprunts toxiques : Trégastel et Perros-Guirec asphyxiées


Dexia déjà condamnée

En février 2013, le tribunal de grande instance de Nanterre avait donné raison à la Seine-Saint-Denis, qui contestait la validité de trois prêts contractés auprès de la banque. En mars 2014, la justice a une nouvelle fois donné raison à une collectivité, celle de Saint-Maur-des-Fossés. Troisième revers judiciaire : Dexia a été lourdement condamnée à rembourser 3,4 millions d'euros à la ville d'Angoulême. La banque a fait appel de ces décisions. Ces victoires demeurent un espoir pour toutes les autres collectivités qui l'ont assignés en justice.
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