Erquy : Alejandro Hernandez pêche les vers marins et c'est son métier

Alejandro Hernandez est le seul pêcheur professionnel à avoir une licence pour les vers marins sur la côte nord de la Bretagne. Il a créé son entreprise en 2017. Sa passion, c'est le bibi, un gros ver à la peau dure et épaisse qu'adore la daurade royale.

La mer s’est retirée au loin en ce jour de grande marée. le soleil brille, les couleurs sont magnifiques sur le plage de Caroual à Erquy. Un seau et une fourche à la main, Alejandro Hernandez scrute le sable, pour savoir où se cachent les vers. Ici, ce sont les vers noirs, les arénicoles qu’il ramasse.

Ces vers sont utilisés dans le coin par les pêcheurs amateurs, ils attirent surtout les poissons plats. "Il y a des milliers d’arénicoles ici, plus on monte vers l'estran plus ils sont petits". Lui va plus près de l’eau. "Grâce a l’arénicole, on pêche tous les poissons, du bar, de la dorade. Ça fonctionne très bien là la nuit, dit-il car il brille dans l’eau."

Cette espèce part essentiellement sur la côte Atlantique et Bretagne Sud. Il la vend 25 centimes pièce à son grossiste


Passionné de surfcasting

L’histoire d'Alejandro et des vers commence quand ce natif d’Andalousie se remet à la pêche en Bretagne en club. C’était il y a 5 ans. Il est amateur de surfcasting. Le surfcasting, c’est une technique de pêche où le pêcheur positionné sur les rochers sur le sable, lance sa longue canne d’au moins 4 mètres, très loin du bord de mer. Alejandro a l’habitude de cette pêche. En Andalousie, le surf casting est un sport national. Donc, quand il se remet au surfcasting en Bretagne où sa mère a emménagé, il fait des concours et se rend compte du prix de vente des vers. C'est le déclic. Il décide alors de lancer son business et devient le premier chasseur de vers professionnel des Côtes d’Armor.

Depuis 2017, Alejandro Hernandez vend ses vers à un grossiste en Normandie, son principal client, qui lui a fourni un vivier professionnel et l’assurance de la vente de sa pêche. Depuis dans la région, plus personne ne doute de son activité. Ni les copains, ni les pêcheurs.


Le ver qui lui fait tourner la tête, c’est le bibi

C’est pour le bibi, qu'il s'est lancé. Ce gros ver peu ragoûtant, à la peau épaisse, très résistant à l’hameçon et qui permet les grosses prises. "C’est le top du top, c’est parfait pour pêcher la daurade royale, explique le jeune homme. Du coup, c’est l’appât roi pour le surfcasting !

Le bibi se vend entre 2 et 4 euros selon la taille. Plus cher que la coquille St Jacques.

Avant de se lancer, Alejandro a sillonné les plages. Il a étudié l’habitat des vers et leurs habitudes. Car c’est plus compliqué. "On ne les trouve pas partout, ni tout le temps". Il explique qu'il faut les pêcher en grande marée à partir du coefficient 80, qu'il faut vraiment connaître leurs repères où ils sont : "dès qu’il y a des changements climatiques atmosphériques, ils bougent, ils s'enfoncent ou ressortent". 

Lors des dernières grandes marées d'octobre, il a récolté 200 bibis. Il ne nous dira pas où, c’est secret, comme les coins à champignons. La saison idéale est de mars à octobre. " Pour faire ça, il faut être très persévérant, on peut fourcher des heures pour parfois un petit résultat, on peut se décourager. Il faut alors, persévérer, aller voir ailleurs, explorer d’autres zones et ne pas se décourager".

Ce sera la dernière récolte de l’année, car quand vient l’hiver, les bibis s’enfoncent dans le sable pour hiberner. Le temps pour Alejandro de ramasser les huîtres sauvages, son autre activité

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