Covid-19. De nouvelles mesures sanitaires en Bretagne. Les autorités sanitaires en alerte face au "variant breton"

Identifié la semaine dernière à Lannion, le variant "breton" inquiète l'ARS. Ce nouveau variant du Covid-19 peut être indétectable par test PCR classique mais apparaît sur des prélèvements respiratoires profonds. De nouvelles mesures sont prises dans le nord de la région.

Le Centre hospitalier de Lannion où un cluster a révélé la présence d'un nouveau variant du Covid-19
Le Centre hospitalier de Lannion où un cluster a révélé la présence d'un nouveau variant du Covid-19 © C Bazille -France Télévisions

Le nouveau variant du Covid-19 a été découvert par séquençage, au sein d'un cluster au centre hospitalier de Lannion.  Le 13 mars, 79 cas de Covid-19 y ont été identifiés, dont 8 cas porteurs d'un variant "dérivé de clade 20C".

La préfecture des Côtes d'Armor et l'Agence régionale de santé s'apprêtent à annoncer, ce mardi 16 mars 2021, des "mesures de surveillance et d’accompagnement" spécifiques.

Un variant parmi d'autres?

Si l’apparition de variants est un processus normal, fondé sur la mutation du génome du virus, certaines formes peuvent se révéler plus dangereuses ou contagieuses. À l’heure actuelle, trois variants dans le monde sont considérés comme préoccupants: ceux détectés en Angleterre, en Afrique du Sud et sur des voyageurs venus du Brésil. 

Les huit patients infectés sont morts

Si la dangerosité du variant n'est pas avérée, il reste que les 8 patients chez qui il a été identifié sont aujourd'hui décédés. "Mais on ne peut pas en tirer la conclusion qu'il y a un rapport direct de cause à effet", prévient le directeur de l'Agence régionale de santé en Bretagne, Stéphane Mulliez.

En effet, certains prélèvements des huit patients ont été réalisés post-mortem, et les autres prélèvements sont issues de patients en réanimation, car développant une forme grave de la maladie.

"Il y a donc un biais statistique ou un biais épidémiologique" avant d'aboutir à une conclusion, prévient le directeur de l'Agence régionale de santé. Ces huit patients "assez âgés" avaient "des facteurs de comorbidité importants", selon M. Mulliez.

Conférence de presse du directeur de l'Agence régionale de santé et du préfet des Côtes d'Armor, à la préfecture des Côtes d'Armor le 16 mars 2021
Conférence de presse du directeur de l'Agence régionale de santé et du préfet des Côtes d'Armor, à la préfecture des Côtes d'Armor le 16 mars 2021 © France Télévisions

Tests négatifs 

Dans le cas du cluster de Lannion, plusieurs patients présentant des symptômes suggérant une infection par le SARS-CoV-2 se sont révélés finalement négatifs au test RT-PCR, réalisé à partir de prélèvements dans la zone nasopharyngée.

Pour confirmer la présence du virus, il a fallu procéder à un prélèvement sanguin ou à un test PCR sur des prélèvements respiratoires profonds.

 

L'enjeu c'est donc de compléter la batterie de tests pour permettre d'identifier ce variant.

Stéphane Mulliez, directeur de l'Agence régionale de santé Bretagne

 

En conséquence, "les autorités sanitaires estiment qu’il est raisonnable de classer ce variant sous surveillance, c'est-à-dire dans la catégorie VUI (variant under investigation) de l’OMS" (Organisation mondiale de la santé), précise le communiqué envoyé lundi 15 mars, tard dans la soirée, par la Direction générale de la Santé, à Paris.

Pas de preuve de gravité particulière

La direction du ministère de la santé tient à préciser que "les premières analyses de ce nouveau variant ne permettent de conclure ni à une gravité ni à une transmissibilité accrues par rapport au virus historique"

Et d'annoncer des expérimentations pour déterminer comment ce variant réagit à la vaccination, ou aux anticorps développés lors d'une infection précédente. 

Un dispositif de surveillance du variant 

Par ailleurs, un système de détection et de surveillance des cas possibles d’infection ou de portage est mis en place par Santé publique France et les Centres Nationaux de Référence, afin notamment de séquencer plus souvent le virus parmi les échantillons recueillis dans les laboratoires d’analyse des Côtes d'Armor et du Finistère. Ce dispositif concerne une zone géographique comprenant Lannion, Guingamp, Saint-Brieuc et Morlaix. 

De nouvelles restrictions pour les Costarmoricains

Le préfet des Côtes-d’Armor, Thierry Mosimann, a décidé de prendre "une série de mesures fortes" pour une période de trois semaines,  "permettant d’enjamber le week-end de Pâques traditionnellement marqué par des brassages de population". À compter de ce mardi 16 mars, le port du masque est obligatoire pour tout piéton de 11 ans et plus sur le territoire du département des Côtes-d’Armor.

La consommation sur la voie publique de boissons alcoolisées du 3e au 5e groupe est interdite sur l’ensemble du département. L’utilisation de musique amplifiée est interdite sur la voie publique sur l’ensemble du département. Les vide-greniers, brocantes, braderies et déballages sont aussi interdits.

Des restrictions ont également été décidées pour les 26 communes du Pays de Morlaix.

Des vaccins à destination des Côtes d'Armor

Les autorités sanitaires espèrent également accélérer la vaccination contre le Covid-19 dans cette partie de la Bretagne. Plus de 55 000 créneaux de première injection entre le 17 mars et le 30 avril 2021 sont ouverts sur l’ensemble des centres de vaccination des Côtes-d’Armor.

Un nouveau centre éphémère de vaccination s'installe à Pleumeur-Bodou dans le secteur où le variant a été détecté.

 

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