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Ceux que l’on appelle les gardiens appartiennent à une grande famille mais très disparate. En Bretagne, il y a les gardiens de phares, parfois légendaires, d'immeubles, des îles, ou encore ceux qui préservent la mémoire des défunts comme à Pluneret. Chacun à sa manière contribue à protéger son environnement. 

Ils ont la clé : les gardiens d'immeuble


Rencontre avec Daniel Enocq qui est concierge depuis 17 ans à Rennes. Il aime cette dénomination de concierge car il investit pleinement son rôle dans un immeuble de 90 appartements. Pour lui, le plus difficile dans ce métier, ce n’est pas le nettoyage, l’entretien des espaces verts, toutes les tâches pratiques et matérielles liées à ce poste. Non, c’est gérer les rapports humains, le relationnel avec les uns et les autres.
 
Daniel est gardien d'immeuble depuis 17 ans / © C. Carlier
Daniel est gardien d'immeuble depuis 17 ans / © C. Carlier

Mettre de l’huile dans les rouages pour que l’immeuble tourne bien 


Maintenant, on ne les appelle plus concierge mais gardiens d’immeubles. Même ce terme n’est pas très bien ressenti, notamment par les demandeurs d’emploi. Alors le Greta, a intitulé sa formation "agents techniques de proximité des habitats" . Il faut dire que la fonction a bien évolué et maintenant, de nombreux secteurs recherchent des gardiens, comme les  EHPADS, les campings, les hôtels. À Saint Brieuc, ils sont une dizaine à se former actuellement. Ils vont alterner formation théoriques et stages pratiques en entreprise avant de passer leur CAP.  Ils ont une cinquantaine d’années et  voudraient être gardien, pour le contact humain !  
 
Gardien d'immeuble : un métier entre logistique et gestion des rapports humains
Un reportage de C. Carlier, J-m Piron , L. Decarsin, J-F Barré, M. Le Carrour / avec Daniel Enocq, Concierge à Rennes - Stéphanie Rapinel, Conseillère formation continue Greta - Alain Fraval, 56 ans, ancien pâtissier - Mikaël Meubry, 39 ans, ancien électricien - Manuel Dantas, 35 ans, ancien maçon - archives INA 1974

 

Deux gardiens très atypiques !

Sophie Allain est gardienne au Chat Puccino, Yann Gestel est gardien de la baie de la Fresnaye
 / © C. Carlier - France 3 Bretagne
Sophie Allain est gardienne au Chat Puccino, Yann Gestel est gardien de la baie de la Fresnaye / © C. Carlier - France 3 Bretagne

Tout d’abord, Yann Gesrel. Il est gardien de la baie de la Fresnaye, entre Saint-Cast le Guildo et le Cap Fréhel, une zone occupée par 22 kilomètres de linéaires de moules. Ce qui vu du ciel ressemble à un immense self-service pour les macreuses ou les goélands argentés - ça dépend des saisons -  alors, la dizaine de mytiliculteurs du secteur a engagé un gardien neuf mois de l’année. Son rôle : sillonner la baie à pied ou en bateau et tirer régulièrement des fusées  d’effarouchement à double détonation.  Grâce à cette présence, les dégâts sont limités. Pour les mytiliculteurs, cette surveillance est indispensable pour préserver leur activité ; Yann Gesrel entame sa septième saison de gardien et il n’est pas prêt d’arrêter !
 

Prendre une dose de ronronthérapie


Rôle inverse à Rennes pour  Sophie Allain. Elle tient un snack, salon de thé en plein centre-ville, le Chat Puccino et elle est gardienne de chats. Tout l’établissement est conçu pour que les félins se sentent chez eux et ne soient pas dérangés par les clients. Ces derniers viennent prendre leur dose de ronronthérapie. Mais, si un client succombe au charme d’un chat ou l’inverse, d’ailleurs, il peut  y avoir adoption. Tous les chats qui déambulent dans l’établissement ont été abandonnés dans une vie antérieure et récupérés par l’association Ker Kaz'h. Ils sont placés dans une famille d’accueil en vue d’être adoptés. Sophie est elle-même famille d’accueiL mais taille XXL. En même pas deux ans, 55 chats ont été adoptés et ont pu s'offrir une nouvelle vie !
 
Deux gardiens atypiques : Sophie garde des chats et Yann la baie de Fresnaye
Un reportage de C. Carlier, J.M. Piron , L. Decarsin, J-F Barré, M. Le Carrour / avec Yann Gesrel, Gardien de la baie de la Fresnaye - Cédric Serrandour, Président Syndicat conchylicole de la baie de la Fresnaye - Florence Bourhis-Madec, Secrétaire générale Comité Régional Conchyliculture - Sophie Allain, gérante du "Chat Puccino" - Alice - Anne-Sophie - Corentine
© C. Carlier
© C. Carlier

 

Lionel, le gardien des défunts aux Jardins de mémoire


Rencontre avec Lionel Le Maguer, gardien et créateur des "Jardins de mémoire" un parc cinéraire, près d’Auray, à Pluneret. Un lieu unique en France où les cendres des défunts sont enterrées au pied d’un arbre.

Michèle s’est installée sur une chaise au pied de son arbre. Quelques mètres plus loin, Francine entretient le camélia planté il y a deux ans. Elle aussi est veuve, mais les deux parlent de cet endroit avec joie et bonne humeur. Elles viennent ici, une à deux fois par semaine, pour  se ressourcer, disent-elles. Elles ne sont pas tristes comme elles pourraient l’être  en allant dans un cimetière.
 

Un lieu apaisant


Plus de 900 arbres sont plantés sur quatre hectares. En contre bas, la rivière du Bono et ses bateaux. Des joggeurs sur le sentier côtier. Des curieux venus se promener. Le gardien des lieux et créateur de ces jardins de mémoire,  Lionel Le Maguer  a eu cette idée il y a 20 ans, au décès d’un ami qui souhaitait reposer au pied d’un arbre, non loin de la mer.  Alors, il a imaginé ce lieu pour lui et pour les autres et acheté ce terrain de cinq hectares pour y planter des arbres. 
 
Jardins de mémoire à Pluneret : un hommage aux défunts
Un reportage de C. Carlier, JM. Piron , L. Decarsin, J-F Barré, M. Le Carrour / avec Lionel Le Maguer, Créateur et gardien des Jardins de mémoire - Michèle Sébastien, veuve depuis 2015 - Francine Doudier, Veuve depuis 2015 - Damien Cordouan, Jardinier

Mais, c’est pratiquement la fin de l’histoire, car ce parc va atteindre prochainement sa limite. Il ne reste plus qu’une  cinquantaine d’arbres à planter. Ce parc cinéraire est unique en France et pour l’instant le restera.  Il n’est pas possible d’en créer d’autres. Un décret de 2007,  interdit dorénavant de déposer des cendres dans des lieux collectifs autres que les cimetières publics. Lionel  Le Maguer espère que l’histoire va quand même pouvoir se continuer, ailleurs et sous d’autres formes notamment associative.
 

Être les seuls habitants d’un endroit magique : les gardiens du littoral sur l'île d'Ilur


Dans la série des gardiens, le quatrième et dernier numéro de la série itinéraires Bretagne, met le cap sur l’île d’Ilur,  la quatrième plus grande île du golfe du Morbihan. 

Ils sont deux gardiens, Gwenégan Cueff, 25 ans, saisonnier d’avril à octobre et Vincent Chapuis, 44 ans, en poste toute l’année. Et ils ne chôment pas car l’ile est entièrement publique et elle a comme défi d’être une vitrine du développement durable.
 

Une île désormais préservée


Cette ile était habitée à l’année jusque dans les années 1950. Il y a dix ans, le conservatoire du Littoral l’a rachetée pour la rendre publique et pour mieux préserver les paysages variés et typiques du golfe du Morbihan. Le hameau est constitué d’une dizaine de petites maisons en pierre qui, à l’avenir, pourraient  être réhabilités en gîtes.

L’île pourrait devenir un site pilote de l’autonomie insulaire,  grâce à une centrale photovoltaïque et à la potabilisation de l’eau du puits. Le conservatoire du littoral y travaille ainsi que le parc naturel  régional du golfe du Morbihan qui a en charge la gestion de l’île et qui a engagé Gwenégan et Vincent.

Les deux gardes ont un planning chargé. Ils doivent assurer l’entretien de l’île, afin de restaurer la biodiversité, assurer les suivis scientifiques, mais également l’accueil des visiteurs en les sensibilisant à l’écologie et à la préservation du site. Chaque année 15 000 visiteurs y débarquent, par leur propres moyens car il n’y pas de navette ni de cale, un afflux à gérer au gré des marées.

Chaque soir, les gardiens font un tour de l’île car ils doivent s’assurer qu’il n’ y a aucun bivouac, ni aucun feu. C’est de la surveillance mais c’est également  le meilleur moment de la journée… 
 
Être les seuls habitants d’un endroit magique : les gardiens du littoral sur l'île d'Ilur
Un reportage de C. Carlier, J.M. Piron , L. Decarsin, J-F Barré, M. Le Carrour / avec Gwenegan Cueff, Gardien saisonnier île d'Ilur - Olivier Denoual, Chargé de mission au Conservatoire du Littoral - Vincent Chapuis, Gardien de l'île d'Ilur