Décès d'un joggeur à Hillion : l'affaire classée sans suite

Endroit où le corps d'un joggeur a été retrouvé près d'une vasière à Hillion (22) / © C. Bazille
Endroit où le corps d'un joggeur a été retrouvé près d'une vasière à Hillion (22) / © C. Bazille

L'origine de la mort d'un joggeur le 8 septembre 2016 dans une vasière d'Hillion (Côtes-d'Armor) est toujours inconnue. Le parquet de Saint-Brieuc a décidé de classer l'affaire sans suite. 

Par LH avec AFP

Les algues sont-elles la cause du décès d'un joggeur dans l'estuaire du Gouessant à Hillion (Côtes-d'Armor) ? La justice ne peut pas l'affirmer.

Après sept mois d'enquête préliminaire, le procureur de Saint-Brieuc, Bertrand Leclerc, a indiqué que "les causes du décès restant au terme de l'enquête médicalement incertaines, il ne pourrait être juridiquement établi aucun lien de causalité direct et certain avec une éventuelle faute constitutive d'une éventuelle infraction".
Dans ces conditions, le parquet de Saint-Brieuc a décidé de classer l'affaire sans suite. 

Émanations de sulfure d'hydrogène

Sportif et habitué des lieux, le joggeur de 50 ans avait été retrouvé mort le 8 septembre dans un secteur où des sédiments anciens d'algues vertes, inoffensives quand elles sont fraîches mais très dangereuses quand elles se décomposent, se mêlent à la vase.

Dans un communiqué fin décembre, le procureur avait précisé que "les analyses des vases et les mesures d'émanations de gaz ont révélé (...) en certains endroits (...) des émanations de gaz H2S à des niveaux pouvant atteindre rapidement plus de 1000 ppm (partie par million, ndlr)", un taux susceptible d'entraîner une mort brutale. 

Des signes concordants d'une intoxication aigüe

Demandée par plusieurs associations environnementales, une autopsie de la victime a été réalisée en décembre. "Les résultats de l'autopsie et des analyses anatomopathologiques, sans possibilité d'analyse toxicologique fiable, les causes de la mort ne peuvent être clairement déterminées" avait alors indiqué le procureur de la République de Saint-Brieuc.

"On va porter plainte"

Huit médecins, dont des spécialistes en toxicologie, avaient quant à eux conclu que l'autopsie et les résultats d'analyses étaient "des signes concordants d'une intoxication aiguë au sulfure d'hydrogène (H2S)".

De son côté, André Ollivro, co-président de l'association "Halte aux marées vertes" et invité du journal télévisé de France 3 Bretagne le 4 avril, a déclaré "ne pas avoir reçu les résultats concrets de l'autopsie qui permettraient à nos médecins spécialistes d'apporter un véritable diagnostic. On considère, qu'étant donné que nous n'avons pas eu les résultats de ces analyses, on va poursuivre ici à Saint-Brieuc l'affaire. On va porter plainte".
Interview d'André Ollivro, co-président de l'association "Halte aux marées vertes"


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