Déconfinement : les réparateurs de vélos en première ligne

Les vélos qui ont dormi trop longtemps dans le fond d'un garage ont généralement besoin de quelques réparations avant de reprendre la route... / © Alain Orsaz
Les vélos qui ont dormi trop longtemps dans le fond d'un garage ont généralement besoin de quelques réparations avant de reprendre la route... / © Alain Orsaz

Ressortir son vélo du garage après des mois d'hivernage : cette bonne résolution du printemps a plus de chance que jamais d'être suivie d'effet. Et comme il y a fort à parier que la bicyclette si longtemps négligée aura besoin de quelques réglages, les réparateurs se mettent en ordre de bataille. 

Par Catherine Aubaile

Bon nombre de réparateurs de vélos sont encore fermés, ce lundi, mais ceux qui ont ouvert leurs portes n'ont pas tardé à voir arriver les clients.

C'est le cas de Hobby Cycles, à Brest, qui a repris son activité avec un effectif au complet. Dès que l'annonce de la réouverture du magasin a été publiée sur le site, les mails ont commencé à tomber, notamment pour prendre rendez-vous.

"On craignait qu'il y ait un embouteillage le 11 mai ! C'est pour ça qu'on a préféré ouvrir une semaine plus tôt, explique Sylvain Vasseur, le gérant du magasin. Pendant le confinement, on a continué à assurer un service minimum de réparation, uniquement pour nos clients qui utilisent le vélo comme moyen de déplacement. Mais cela ne représente que 10% de notre clientèle. Pour tous les autres, on a repoussé l'entretien."


Ruée sur le vélo ?

 
Conséquence : rien que sur les trois heures d'ouverture de la matinée, une douzaine de vélos ont fait leur entrée dans l'atelier, et au moins autant de clients ont appelé pour s'assurer qu'ils pouvaient effectivement venir faire réparer leur bicyclette.
 

Pour tous les vélos que nous recevrons d'ici mercredi, nous pouvons garantir une réparation avant le week-end. Ensuite, il faudra patienter jusqu'à la semaine prochaine. Si la demande est vraiment forte, on envisage d'ouvrir le jeudi de l'Ascension et le lundi de Pentecôte pour faire face au surcroît de travail. Sylvain Vasseur, gérant.


Pour l'instant, ce sont les habitués, qui rongent leur frein depuis sept semaines, qui poussent la porte des réparateurs. Toute la question est de savoir si la petite reine va éveiller une envie nouvelle chez ceux dont le biclou prend la poussière dans le garage.

C'est ce que veut croire le gouvernement, qui a débloqué 20 millions d'euros pour encourager la pratique du vélo. Il offre ainsi 50 euros à tout particulier désireux de faire réparer son vélo. 

"On attend de savoir comment ça va se passer, précise Mickaël Kergosien, mécanicien à Culture Vélo à Brest. On a déjà eu pas mal de coups de fil à ce sujet, mais on n'est pas encore assez informé : il semblerait que ce soit à nous, réparateurs, d'avancer les 50 euros, et l'Etat nous rembourserait. Mais dans le doute, on dit aux clients d'attendre le 11 mai. On ne peut pas prendre le risque de perdre 50 euros par client," ajoute-t-il.


L'auto-réparation aussi !


A l'association Bapav (Brest à pied à vélo), c'est l'effervescence : on s'apprête à rouvrir l'atelier d'auto-réparation, où des dizaines d'outils sont mis à disposition des adhérents qui souhaitent changer un pneu, dévoiler une roue ou régler des freins.

L'accès ne sera pas aussi libre qu'avant cependant : "ce sera du un pour un. Un animateur pour un adhérent, avertit Gwlady Théaud, animatrice de l'association. Il faudra prendre rendez-vous en expliquant sa demande. Les personnes qui utilisent leur vélo comme mode de déplacement seront prioritaires. Et il faudra que ce soit de la réparation simple : si c'est plus technique, on conseillera d'aller voir plutôt un vélociste".

L'atelier va s'enregistrer dès que possible sur la plateforme de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) à laquelle elle est affiliée, car c'est la condition pour que les adhérents puissent bénéficier de l'aide de 50 euros, pour acheter des pièces de rechange, par exemple, voire un vélo d'occasion.

"Nous remettons en état des vélos que nous vendons entre 40 et 80 euros, explique Gwladys Théaud. D'ailleurs, nous sommes à la recherche de vieux vélos à réparer, car la demande risque d'être forte."

Ce que confirme Kong Suivan, mécanicien à Bicycle Times, un atelier de réparation fondé sur le recyclage et la récupération, qui se situe à Rennes. "Chez nous on peut s'acheter un vélo d'occasion pour 50 euros, 70 euros si on en veut un vraiment bon. 

A partir du 11 mai, on envisage d'organiser une tombola qui permettra de gagner un vélo par mois ! Avec ce confinement, il y a plein de gens qui n'ont plus beaucoup d'argent..."


Remise en selle


L'autre bonne nouvelle, c'est que l'Etat propose aussi la prise en charge d'une heure d'accompagnement de vélo, pour ceux qui appréhendent de se lancer dans la circulation urbaine.

"En une heure, on peut leur redonner confiance : on revoit le code de la route, on donne des conseils, on peut aussi aider les gens à construire leur trajet domicile-travail en évitant les dénivelés ou en privilégiant un parcours plus long mais plus sûr, affirme Gwladys Théaud, de Bapav. Bien sûr, pour ceux qui ne maîtrisent pas bien la pratique du vélo, il faudra plus qu'une heure. A Bapav, on propose 5 heures de cours collectif pour 30 euros, plus l'adhésion".

La plateforme pour bénéficier de ces différents coups de pouce est en train de se mettre en place : coupdepoucevelo.fr

Les professionnels du vélo, associations et particuliers doivent impérativement s'y inscrire pour bénéficier de l'aide gouvernementale. 



 

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