Elections municipales en Bretagne : l'abstention, grand vainqueur de ce second tour

Les sondages l'avaient annoncé. L'abstention bat des records ce dimanche 28 juin pour ce second tour qui se tenait plus de trois mois après le premier, le 15 mars. Une situation inédite, exceptionnelle avec la crise sanitaire du coronavirus qui a joué sur le déplacement des électeurs aux urnes.
Des bureaux de vote très peu fréquentés ce dimanche comme ici à Saint-Brieuc
Des bureaux de vote très peu fréquentés ce dimanche comme ici à Saint-Brieuc © France Télévisions - C. Bazille
Les chiffres définitifs ne sont pas encore connus à cette heure, mais ce que tous les spécialistes avaient prévu s'est révélé malheureusement exact. La participation est exceptionnellement faible ce dimanche pour ce scrutin du second tour. 

A 17h, 256 800 Bretons sur les 722 054 inscrits pour ce second tour se sont déplacés pour aller voter. Cela correspond à 35,57% de participation soit plus de 5 points de moins qu'au premier tour où elle était de 41,84%. En 2014, le taux de participation définitif était de 63.86% et 67.80% en 2008.

Au niveau national, à 17h, 34,67% des électeurs s'étaient déplacés aux urnes en France métropolitaine.
 

Participation par département breton :


Les abstentionnistes : surtout des jeunes


Dans un sondage Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions réalisé ce 26 et 27 juin 2020 auprès de 3 004 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatives de la population française, le taux de participation final en France serait de 41%.

Les jeunes seraient ceux qui se seraient le moins déplacés aux urnes, 28% seulement des 18 - 34 ans, les plus de 60 ans ayant l'intention de voter à 57%. Ce sont les ouvriers à 70% qui ne seraient pas allés déposer leur bulletin dans les urnes, suivis par les employés à 65% et les professions intermédiaires à 61%. Les retraités sont ceux qui se seraient rendus les plus nombreux aux urnes, à 58%.
 

Les raisons de l'abstention


La principale raison avancée par ceux qui n'envisageaient pas d'aller voter, est le risque d'attraper le Covid-19 en se rendant dans un bureau de vote à 43%. Un chiffre qui montre l'inquiétude encore présente face à l'épidémie. Pour autant, les plus âgés, qui sont les plus exposés à la maladie, ont été les plus mobilisés pour voter et au contraire, les jeunes, les moins exposés au coronavirus, ne se sont que très peu mobilisés pour ce scrutin.
 
Mais une autre raison est également mise en avant à 43% par ceux qui disaient ce samedi ne pas aller voter : "ces élections ne changeront rien à ma vie quotidienne". Il est certain, que même si la crise sanitaire est dans tous les esprits et les préocupations quotidiennes, les inquiétudes sont fortes sur la crise économique qui en découle. D'ailleurs, 25% de ceux qui ne pensaient pas se déplacer aux urnes ont expliqué qu'ils "avaient d'autres préoccupations en ce moment".

Pour Thomas Frinault, politologue rennais, il y a sans aucun doute eu "un effet démobilisateur" dû au fait que ce second tour se situe bien trop loin du premier, plus de trois mois après, provoquant selon lui une "dilution" de l'intéret et du débat.
 
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