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Le Bleu de travail, héros d'un documentaire plein de rebondissements

Le bleu de travail, c'est aussi la vie d'un vestiaire, comme celui de l'Arsenal de Brest / © DR
Le bleu de travail, c'est aussi la vie d'un vestiaire, comme celui de l'Arsenal de Brest / © DR

Bernadette Bourvon a remonté l'histoire du bleu de travail, symbole de la classe ouvrière, aujourd'hui adopté dans les lycées professionnels et chouchouté par des artistes. Tourné à Brest, Rennes et Saint-Nazaire, "La vie en Bleus" est diffusé ce lundi 30 septembre sur France 3 Bretagne.

Par Stéphane Grammont

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"A la fin du porte-avion, le Bleu n'était plus forcément bleu...". A Brest, à l'association la Caisse à Clou, on sait ce que c'est que le Bleu de travail. 

Ces anciens de l'arsenal ou de la DCN, qui veulent transmettre la culture ouvrière en accompagnant des stagiaires, en ont porté, du bleu.

"Nous avions un bleu pour entrer et sortir de l'arsenal, un autre pour le travail" raconte Serge Boubennec, "et on le portait le dimanche".

L'histoire du Bleu, avec son indigo teinté sur de la mouleskine, sa patine, ses accrocs et ses rapièçages, la réalisatrice Bernadette Bourvon a voulu la retracer dans un documentaire profondément humain, et tourné vers l'avenir.

"Je me suis toujours intéressée à la notion d’uniforme, c’est-à-dire comment on vit avec un vêtement que l’on n'a pas choisi" explique-t-elle, "si vous êtes infirmière avocat ou militaire, forcément, on vous impose un vêtement qui d’abord dit qui vous êtes, et vous êtes obligés de vivre avec et de travailler avec".

Le replay du fim "La vie en Bleus"
 

Les mille vies du Bleu


Le film commence avec des photos en sépia et une histoire qui remonte à 150 ans, traverse la mémoire de l'arsenal et de ses jeunes retraités, pour rapidement entrer dans les jardins de La ferme à Raymonde.

Le truculent Michel Campion a récupéré les Bleus de son père, et les porte comme une seconde peau, "même dans les rendez-vous importants, avec des élus". Et avec lui, l'artiste Paul Bloas, "même si c'est pas toujours confortable, pour les mouvements amples", et ses peintures monumentales.

En réfléchissant à tout ces uniformes, ce qui est tout de même très vaste, Bernadette Bourvon s'est dit qu'elle allait dans le mur. Et puis, peut-être en pensant à son chaudronnier de père, a eu la révélation du Bleu. 
 
Extrait du documentaire La vie en Bleus

"Il a été porté d'abord porté par les ouvriers, après aussi par les paysans dans les campagnes" explique bernadette Bourvon, "puis par des artisans et maintenant par des artistes et finalement par un tas de gens tout à fait différent, toutes classes sociales et âges confondus".

Jusqu'à ces jeunes en lycée professionnel, qui l'ont adopté comme un signe de reconnaissance: "J’ai découvert que non seulement ils étaient très content d’être dans un lycée professionnel, ce qui remet un peu en cause l’image qu’on a dans un lycée professionnel, mais sans plus, il y a une fierté qui est évidente" raconte la réalisatrice.

De la ferronnerie d'art à l'entreprise textile qui patine ce vêtement redevenu à la mode, La vie en Bleus est un film qui comme le vêtement, est plein de rebondissements.

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