Vos documentaires

Tous les lundis, à partir de 23 h dans la case "La France en vrai" 
Logo de l'émission Vos documentaires

Pascal, maire de Bazouges-la-Pérouse, pour le meilleur et pour le pire

Pascal herrvé, le maire infatiguable de Bazouge la Pérouse / © DR
Pascal herrvé, le maire infatiguable de Bazouge la Pérouse / © DR

Pascal Hervé arpente les rues de Bazouges-la-Pérouse. Court d’un endroit à un autre, claque des bises et reçoit en mairie. Dans un documentaire et durant 52 minutes, Patrice Gérard nous plonge dans la peau d’un maire. A voir et revoir en replay.

Par Stéphane Grammont

Revoir l'émission

Pascal Hervé aime les cérémonies de mariage. Et il aime sa ville, Bazouges la Pérouse, 1 700 habitants. Petite cité de caractère en plein essor. Pour six ans, il s’est marié avec elle. “Marié avec la République” dit le réalisateur Patrice Gérard, mais pas forcément une bonne épouse.

Car ce couteau suisse de la République qu’est le maire, dernier rempart de la démocratie dit-on parfois, est bien seul lorsqu’il se revêt de l’écharpe tricolore. Et Pascal Hervé, lorsqu’il a fait “le pari d’unir”, son slogan de campagne, ne s’attendait pas à autant d’orages.

Neuf fois on a creuvé ma voiture, on a arraché mes essuie-glaces, on a enfoncé la portière, on a cassé des pots de fleurs chez moi… A Toutes ces choses là, tu n’es pas préparé” confie-t-il, sans jamais se résigner.
 

Maire 24h/24, 7 jours sur 7


Pascal Hervé tutoie tout le monde, claque des bises, porte des chaises ici, dresse des tables là. “Chaque semaine, je parcours en voiture toutes les routes de la commune. Toutes, pour voir ce qui va et ce qui ne vas pas, ca fait 25 000 kilomètres par an”. 

De son propre aveu, Pascal Hervé veut tout savoir, tout contrôler. Pour cela, il a vendu sa ferme. Et n’a qu’une obsession: redynamiser la ville, dont l'avenir reste fragile, entre la désertification rurale et l’aspiration de la métropole rennaise, à 50 kilomètres.

Animer la vie culturelle, agrandir l’Ephad, construite une salle polyvalente, et bien-sûr le sacro-saint lotissement, pour lequel “il faut proposer autre chose” si l’on ne veut pas de logements vides sur les bras.
 
Extrait: Dans la peau d'un maire
Réal: Patrice Gérard. Aligal Production

Alors Pascal Hervé est tantôt régisseur, animateur, habile maître de cérémonie de mariage, urbaniste, conciliateur…. mais c’est aussi le premier magistrat de la commune, qui règle des conflits de voisinage ou familiaux, “et qui à la fin prend les coups”.

C’est lui qui reçoit les administrés et leurs angoisses, leurs galères, leurs frustrations. C’est lui qui reçoit les lettres d’injures et qui s’inquiète pour son fils, s’il tombait dessus.
 

Quand on est excentré des grosses agglomérations, c’est un dépotoir de haine, la mairie. 


On a pas la fibre [le haut-débit] et les gens se plaignent d’être coupé du monde” explique Pascal Hervé, "ce sont des paumés de la société la ruralité, et ça représente quand même la majeure partie du territoire français, et je pense qu’à Paris ils ne comprennent pas les choses, ce n’est pas possible.”

On présente le maire comme le dernier rempart de la démocratie, l’élu préféré des français. Et pourtant, dans les communes de moins de 2 000 habitants, la moitié d’entre eux ne se représenteront pas.

Je suis écoeurée” lui dit Nicole Paire, qui cumule deux mandats plus un mandat d’adjointe dans un commune voisine, “quand on a donné beaucoup beaucoup, il y a des limites, on ne va pas y laisser notre peau quand même”.

Pourtant Pascal Hervé y retourne, et arpente sa commune pour constituer sa liste, parce qu’aux membres de l’opposition, il "ne veut pas leur faire ce cadeau" de profiter de tout ce qu’il a mis en branle.

Car “six ans, c’est court pour réaliser des choses”, et “sortir plusieurs projets sur un seul mandat” résume Pascal Hervé, “mais humainement c’est l’inverse, six ans c’est long.”