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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
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La semaine du golfe : “une fierté collective”

Le Morgenster, brick néerlandais de 1919, à l'entrée du Golfe / © Isabelle Rettig
Le Morgenster, brick néerlandais de 1919, à l'entrée du Golfe / © Isabelle Rettig

Trois jours après le lancement de l’événement, les 17 ports mobilisés sont en ébullition, prêts à accueillir en fanfare les 1200 équipages participants. Pour le plus grand plaisir du public, que cette huitième édition arrive encore à surprendre, comme de la co-organisatrice, Anne Burlat.

Par Maxime Jaglin

Les traits tirés mais la mine radieuse, Anne Burlat est chez elle dans le village du port de Vannes. Au pas de charge, elle vogue d'échoppes en échoppes, et toute la semaine de port en port. Le début de l’événement est une course - à la voile, à la rame et même à la godille- qui lui donne parfois l'envie de se dédoubler. C'est vrai qu'on aimerait tous avoir le don d’ubiquité pour profiter encore un peu plus du programme savoureux de la Semaine du Golfe.

Lancement nautique, lancement festif !

Ça y est. L’événement est lancé à terre comme en mer. Et l'équipe organisatrice a le sourire. « L'ambiance est top, les gens ont l'air ravis. Il n'y a qu' à voir toutes ces voiles sur l'eau, tous ces participants qui jouent le jeu ». Pour se convaincre du succès de ces premiers jours, il suffit de laisser traîner une oreille indiscrète sur le village - à l'ombre du Morgenster ou de l'Hydrographe - ou d'écouter les marins croates, émus de découvrir les eaux de l'atlantique et les marées du golfe. Une réussite certaine, fruit comme toujours d'une savante alchimie. « Ce succès tient pour beaucoup à l'investissement des 3000 bénévoles, enthousiastes et volontaires, de chaque commune qui y met du sien pour l’accueil des marins, du public, pour les animations. La semaine du Golfe c'est une fierté collective».

Le golfe super star

Un succès en équipe porté, depuis la première édition en 2001, par la richesse du site. « C'est le golfe qui fait l’événement, qui suscite la fête, nous on ne fait qu'en profiter ». Mais la petite mer ne se laisse pas apprivoiser facilement. Tous les deux ans, l'organisation doit jouer avec les marées et les conditions de navigation particulières. « On a un beau plan d'eau, qui a certes ses difficultés, ce qui complique parfois l'organisation et nécessite d'être vigilant. Mais on est pas non plus dans les quarantièmes rugissants ! ». C'est vrai que le golfe avait plutôt des allures de havre de paix sous le soleil de plomb de ce début de semaine. Il va désormais pouvoir dévoiler tous ses charmes, avec un vent annoncé forcissant pour le début des parcours itinérants des sept flotilles. Une flotte qui se divise aux quatre coins du golfe, c'est une des nombreuses spécificités de l'événement. " C'est une fête nautique particulière. On essaie de mettre en valeur la diversité du patrimoine maritime, tout en s'adaptant aux désirs et aux envies, et sans donner forcément dans le spectacle ».

Les vieux gréements, une espèce protégée

Du spectacle il y en aura pourtant encore toute la semaine, jusqu'à la grande parade de samedi. Et ensuite ? Lorsqu'on aborde l'avenir des rassemblements de vieux gréements, Anne Burlat se veut confiante. « Il y a un vrai mouvement de conservation et de redécouverte du patrimoine maritime, dans la logique de ce qu'a initié le Chasse Marée. Aujourd'hui on reconstruit et on restaure les vieux bateaux, parfois centenaires ! Donc l'esprit demeure. On essaie de préserver des espèces protégées, mais l'avantage, contrairement au tigre du Bengale, c'est qu'on peut reconstruire ». Les vieux gréements ont encore de beaux jours devant eux. Tout ce qu'il faut, ce sont des passionnés.

Interview d'Aymeric Lesné