AstraZeneca : les vaccinations reprennent chez les soignants des hôpitaux de Brest et Morlaix

Suspendue depuis ce jeudi, suite à des effets secondaires, la vaccination des personnels soignants des hôpitaux de Brest et Morlaix va reprendre avec le vaccin AstraZeneca, selon l'Agence régionale de santé. Débutée lundi 8 fevrier, l'opération va monter en puissance en Bretagne.

Rennes, centre de vaccination Liberté, janvier 2021
Rennes, centre de vaccination Liberté, janvier 2021 © FTV / Bruno Van Wassenhove

Fièvre, maux de tête et arrêts maladie : suite à la première injection du vaccin AstraZeneca contre la Covid-19, les hôpitaux de Brest et Morlaix ont décidé, ce jeudi, de suspendre la vaccination de leurs personnels à cause de ces effets secondaires. Les signalements ont été remontés à l'Agence nationale de sécurité du médicament  (ANSM) qui fait en effet état de 149 déclarations de ce type sur le territoire français.
Dès aujourd'hui, les deux hôpitaux vont néanmoins reprendre la vaccination, a annoncé l'Agence régionale de santé Bretagne, ce vendredi matin.


Echelonner les vaccinations pour éviter la tension dans les services 


L'ANSM a fourni des recommandations complémentaires pour un meilleur suivi de la pharmacovigilance et ne préconise pas l'arrêt des vaccination afin "de ne pas désorganiser les services et éviter toute tension dans les hôpitaux". Elle préconise de mieux échelonner la vaccination pour éviter toute paralysie de fonctionnement. Ses notifications précisent que les effets secondaires constatés ne sont pas graves : ils peuvent être traités simplement en utilisant du paracétamol.


Ce vendredi matin, Stéphane Mulliez, directeur de l'Agence régionale de santé (ARS), a pour sa part rappelé que "14 000 doses de vaccins AstraZeneca avait déjà été distribuées dans les hôpitaux bretons et que 15.600 nouvelles doses seraient prochainement fournies en supplément".


Il n'y a pas de remise en cause du vaccin AstraZeneca. Il y a des effets secondaires sans gravité. Il faut avant tout mesurer la balance bénéfices/risques. Cette vaccination est d'abord un enjeu pour les professionnels de santé.

Stéphane Mulliez, directeur ARS Bretagne

 

Pas de lots défectueux 


Plusieurs établissements bretons ont signalé des effets secondaires, précise l'ARS , "mais ils ne sont pas à imputer à des problèmes de lots défectueux" . Par ailleurs, les symptômes disparaissent dans les 24 heures après la première injection (une seconde injection est necessaire dans les 9 à 12 semaines suivantes).

Aucun chiffre précis sur le nombre de personnels bretons ayant présenté ces symptômes n'a été communiqué officiellement .


Selon Cédric Arvieux, infectiologue au CHU de Rennes, ces effets indésirables ont été publiés dans les notices accompagnant le vaccin AstraZeneca. 

 

La tolérance à la 1ère injection du vaccin AstraZeneca est difficile selon les premièrs retours. On a considéré que les effets immédiats (fièvres, frisson et fatigue) étaient des symptômes non graves par rapport à des risques neurologiques. On les a peut-être un peu négligés. Ce vaccin semble moins bien toléré par la tranche 20/50 ans et particulièrement pour les personnels d'un âge moyen de 35 ans, avec une forte intolérance. Pour autant, le lendemain de la vaccination, les effets indésirables s'estompent.

Cédric Arvieux : médecin infectiologue, chef de service


Ces premiers éléments plus précis ont pu être collectés grâce à une application interne mise en place au CHU de Rennes pour la surveillance des vaccinations. 120 retours ont été enregistrés qui signalent 40 % de fièvre après injection et 50 % avec des fortes ou très fortes douleurs.

Au CHU de Rennes, la consigne reste la même que dans les autres hôpitaux : protéger malgré tout les personnels et échelonner les vaccinations pour assurer la continuité des services.


Le vaccin AstraZeneca bientôt pour le grand public


L'ARS a annoncé que, dès que les quantités livrées le permettront (fin février/début mars), le vaccin AstraZeneca pourra également être administré par les médecins de ville, puis, dans un second temps, une fois la décision sera arbitrée au niveau national, dans les pharmacies de proximité, pour les personnes répondant aux critères requis par la Haute Autorité de Santé  (personnes âgées de 50 à 64 ans, en commençant par celles qui présentent des comorbidités).

 

 

durée de la vidéo: 01 min 47
Le reportage de France 3 Iroise

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vaccins - covid-19 santé covid-19