À Ouessant, le projet d’éolienne sur un site classé de nouveau rejeté par la justice

La cour administrative d’appel de Nantes vient de débouter hier mardi 31 janvier, pour la deuxième fois, le projet d'’implantation d’une éolienne sur la pointe de Penn Arlan, à Ouessant (Finistère), un site classé. l’État a refusé la requête de la société Akuo et de son projet « Phares ».

 La cour administrative d'appel de Nantes a débouté à nouveau la société qui porte le projet PHARES (Projet d'Hybridation Avancée pour Renouveler l'Energie dans les Systèmes insulaires), qui voulait faire annuler le refus des services de l'Etat de la laisser implanter une éolienne sur l'île d'Ouessant (Finistère).

Une île alimentée par une centrale au fioul venant du continent

"En développement" depuis 2016, son projet se décompose de deux hydroliennes Sabella de 500 kW chacune, d'une centrale photovoltaïque de 500 kW mais aussi de cette éolienne de 900 kW. Il vise à assurer "65 %" de la production énergétique de l'île d'Ouessant, actuellement alimentée par une centrale au fioul acheminé depuis le continent.

Le producteur français d'énergies renouvelables Akuo Energy et le fabricant d'hydroliennes Sabella - qui portent ce projet PHARES - a rappelé que la consommation énergétique des îliens "dépend aujourd'hui de l'import de 1.600 tonnes de fioul par an" utilisées pour alimenter une centrale thermique. "Cette source d'énergie, coûteuse et polluante, est vouée à disparaître", ont souligné les porteurs du projet, soutenus par la région Bretagne, l'Ademe et la mairie.

 Mais Le projet PHARES rencontre toutefois l'opposition locale du collectif Ouessant Vent de Bout', et l'architecte des Bâtiments de France avait lui-même rendu un avis défavorable au projet en juillet 2020.

L'éolienne serait la deuxième construction la plus haute de l'île

"Le terrain se situe sur un site d'une superficie d'environ 350 ha, classé en raison de son caractère pittoresque au regard des paysages finistériens",  a confirmé la cour administrative d'appel de Nantes en préambule de son arrêt. "Cette qualité tient notamment à la présence de côtes très découpées, avec des falaises rocheuses qui culminent à 60 mètres, des cordons de galets ainsi que la présence d'îlots autour de l'île principale", ont encore rappelé les juges nantais. "Le plateau de cette dernière est dénudé, dominé par deux phares et une tour radar."

De son côté, l'éolienne en projet mesurerait "67 mètres" de haut, en bout de pale, ce qui en ferait "la deuxième construction la plus haute de l'île après la tour radar de 72 mètres". Le phare du Stiff, haut de 32 mètres, la dépasserait malgré tout de "trois mètres"... mais uniquement en raison de "son implantation sur un terrain plus élevé", ont relevé les magistrats. "Le terrain  est situé sur une falaise préservée de constructions, située en surplomb immédiat du trajet des bateaux de passagers arrivant au port du Stiff depuis le continent".  

Les arguments du projet PHARES rejetés

L'éolienne serait par ailleurs visible de "38 %" du territoire de l'île d'Ouessant, d'après l'étude paysagère de la société. Pour la défense de ses intérêts, PHARES rappelait qu'il s'agissait du "pourcentage le plus faible" parmi les trois sites d'implantation envisagés, que son poste de livraison allait lui être "revêtu d'un bardage en bois naturel grisé" et que l'emprise au sol de ses constructions serait "limitée". Mais ses arguments n'ont pas convaincu les juges.

Catherine Jauneau avec Press Pepper

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