Brest : quelle place pour les ports bretons en cas de Brexit dur ?

Déjà cet été, le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais Girard avait alerté le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian : "La confirmation d’une telle décision serait une injure à la géographie, un camouflet inacceptable à la France..." 
Un porte-conteneurs dans le port de Brest
Un porte-conteneurs dans le port de Brest © Vincent Isore / IP3 PRESS/MAXPPP

C'est un rapport de la Commission européenne qui a mis le feu aux poudres. Anticipant une absence d'accord entre l'Angleterre et l'Europe dans le cadre du Brexit, la commissaire européenne Violeta Bulc a planché sur les nouvelles routes d'échanges de marchandises entre l'Irlande et le continent. D'emblée elle a écarté les ports bretons privilégiant ceux du Benelux. 

 

Les corridors de l'Europe


L'Europe a défini de grands couloirs d'échanges de marchandises
Les corridors européens
Les corridors européens © France 3 Iroise

Jusqu'à présent les échanges maritimes entre Irlande et Europe continentale, transitaient de Dublin à Anvers en traversant l'Angleterre par la route de Liverpool à Londres.

Violeta Bulc a décidé de contourner la Grande-Bretagne de Dublin à Anvers, voire Zeebruges ou Rotterdam, sans même évoquer un port français de Brest à Calais en passant par Roscoff, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Le Havre.

Pourtant les ports français sont les plus proches et les grands ports du Benelux sont saturés. Les ports "secondaires" de Brest, Lorient et Saint-Malo pour ne parler que de la Bretagne, pourraient soulager ces flux de camions (sans doute excessifs si l'on évaluait leur impact écologique) qui au lieu de traverser la Manche transitent par Calais ou le Bénélux.
 
Jusqu'à présent le fret traversait la Grande-Bretagne
Jusqu'à présent le fret traversait la Grande-Bretagne © France 3 Iroise


Les finances de l'Europe


Jean-Marc Roué, président des Armateurs de France explique que si les ports bretons n'étaient pas intégré dans un corridor européen, c'est à dire une voie maritime commerciale officielle -comme le seraient les ports néerlandais et belges- ils ne bénéficieraient pas des moyens financiers que la Commission alloue pour aider au développement des ports.

Or ces financements se montent à 30 milliards d'euros. Une part de ce gâteau pourraient donc échapper aux armements bretons mais également au développement des villes portuaires, des réseaux routiers et des aéroports.
 

 
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