"On applique le plan de déconfinement à l'envers" explique le centre Covid-19 du CHRU de Brest

Alors que les cas de Covid-19 sont en augmentation en Bretagne, notamment dans le Nord du Finistère, plusieurs Ehpad ont fermé provisoirement leurs portes aux familles. Une mesure transitoire difficile mais jugée indispensable.  
Les visites sont suspendues à l'Ehpad de Landéda
Les visites sont suspendues à l'Ehpad de Landéda © Muriel Le Morvan France Télévisions
Alors que le nombre de cas de Covid-19 augmente en Bretagne, les Ehpad ont commencé à fermer leurs portes aux familles depuis ce samedi 18 juillet. C'est le cas de plusieurs établissements, notamment dans le Nord-Finistère.
Les 7 derniers jours, 96 cas de Covid-19 ont été confirmés dans le Finistère, presque exclusivement dans le nord du département: 44 sur le territoire de Brest Métropole, 23 dans le Pays d'Iroise, 22 dans Morlaix Communauté, 14 dans le Pays des Abers détaille l'ARS 29. 

A contre-coeur mais nécessaire

 

Face à cette circulation accrue du virus, les établissements pour personnes âgées ont pris des mesures pour protéger leurs résidents. Outre l'application stricte des gestes barrières, plusieurs Ehpad ont décidé de fermer provisoirement leurs portes au public. "C'est une mesure préventive" explique Françoise Duquesne, médecin gériatre aux Urgences de la Cavale Blanche à Brest et cheffe du pôle PARME ( Personnes âgées, réadaptation et médecine) qui gère quatre Ehpad, deux à Brest et deux à Carhaix ainsi que plusieurs services SSR (Soins de suite et de réadaptation) et USLD (unités de soins longue durée). "La direction du CHRU de Brest a pris cette décision à contre-coeur parce que l'on sait que le lien familial, c'est ce qui fait tenir les personnes âgées. Pour nos résidents comme pour les familles, c'est difficile de faire machine arrière mais c'est nécessaire. Nos résidents ont une santé fragile et il faut tout faire pour éviter que le virus se propage. Ils doivent pouvoir continuer à vivre normalement, sans être reconfinés dans leur chambre. On a pris le plan de déconfinement et on l'applique à l'envers"
 

Une vingtaine de cas dans les Ehpad du Finistère


Sur les 166 Ephad du Finistère, on compte une vingtaine de cas confirmés depuis le 10 juillet. "Il s'agit le plus souvent d'un membre du personnel" précise l'ARS. 
En accord avec l'Agence régionale de santé qui n'a pas donné de consigne stricte, le CHRU de Brest a invité la centaine d'Ehpad du territoire de santé numero 1, qui va de Brest à Carhaix en passant par Crozon à en faire de même.
En fin de semaine, l'Ehpad de Ploudalmézeau a été le premier à suspendre les visites des familles. Cinq résidents suspectés d'être porteurs du virus ont été testés. Les résultats sont attendus demain ou lundi.
 
A l'Ehpad des Abers, qui regroupe trois établissements à Lannilis, Landéda et Plouguerneau, le public n'est plus accueilli depuis ce samedi matin. Il y a quelques jours, une résidente de la structure de Landéda a été transportée à Plougastel-Daoulas. Mais à son arrivée dans ce nouvel établissement d'accueil, il s'est avéré que le test pratiqué sur elle à Landéda était positif. La structure d'accueil de Plougastel l'a donc rapidement fait hospitalisée et pris les mesures sanitaires adéquates. Depuis, les personnes âgées de ces établissements de Landéda et de Plougastel sont reconfinées dans leur chambre.

Les activités à Landéda sont suspendues. Ce qui n'est pas le cas à Plouguerneau et Lannilis où les résidents bénéficient encore de repas en commun. Les animations sont maintenues mais limitées à 5 participants. Sur l'ensemble de l'Ehpad des Abers, 83 résidents et 50 professionnels ont été dépistés par l'équipe mobile du CHRU de Brest. "Aucun cluster intra n'a été révélé" selon l'ARS. 

Après un mois de juin calme, l'équipe mobile de dépistage doit faire face à un coup d'accélérateur tout comme le centre Covid-19 installé à l'entrée des Urgences de la Cavale Blanche à Brest. Mais s'il y a davantage de prélèvements, il n'y a pas de raison de paniquer explique Françoise Duquesne: " Avec les vacances, on assiste à un plus grand brassage de population et la politique de dépistage s'est accélérée".

Nous avons triplé les effectifs

La coordinatrice du Centre Covid-19 du CHRU de Brest reconnait cependant que les équipes sont submergées depuis une semaine. " Samedi dernier, le téléphone a commencé à beaucoup sonner et depuis cela va crescendo. Nous avons triplé les effectifs. Le numéro vert est saturé et nous avons du mal à répondre à tous les appels alors que nous sommes passés de un à trois opérateurs."
Même chose du côté des préleveurs. Ils sont six actuellement contre deux précédemment et ils seront au nombre de dix lundi. En début de semaine prochaine le dispositif sera encore étoffé avec six tentes de prélevement contre quatre aujourd'hui. " Nous avons lancé un appel au sein de l'hôpital pour trouver du personnel. Plusieurs services ont répondu favorablement et nous ont mis du personnel, médecins et infirmiers, à disposition." 
Les médecins sont tellement sollicités qu'ils ne peuvent rappeler que les cas positifs. Ceux-ci doivent respecter une quatorzaine tout comme leurs proches. Il faut 24 heures pour obtenir le résultat du test. Tous ceux qui n'ont pas de retour peuvent en déduire qu'ils sont négatifs au Covid-19. Le CHRU lance également un portail Covid-19 sur son site internet afin que les patients accèdent directement à leurs résultats. 
 

De plus en plus de dépistages


"Les dépistages explosent parce que au moindre signe, nez qui coule ou mal de tête, les gens se précipitent chez leur médecin pour être testés. On constate que des chefs d'entreprise envoient leurs salariés à la moindre alerte, et ils ont raison. Mais le nombre d'hospitalisation reste stable". Il y a deux cas actuellement à l'hôpital de Brest.
Face à cette épidémie imprévisible, le Dr Duquesne rappelle l'importance des gestes barrières, dans la vie publique comme dans les maisons de retraite: " le port du masque, le respect des distances physiques, se laver les mains, autant de mesures qui ont montré leur efficacité depuis le début de la crise sanitaire. Il ne faut pas baisser la garde" conclut la coordinatrice du centre Covid de l'hôpital de Brest. 

 
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