Plougastel-Daoulas : deux hypothèses de traduction pour les inscriptions gravées sur le rocher mystérieux

Noël René Toudic (à gauche) et Roger Faligot ont tous deux proposé une traduction convaincante de l'inscription mystérieuse. / © Louise Cognard - France 3 Bretagne
Noël René Toudic (à gauche) et Roger Faligot ont tous deux proposé une traduction convaincante de l'inscription mystérieuse. / © Louise Cognard - France 3 Bretagne

Ce lundi 24 février, la mairie de Plougastel-Daoulas a enfin révélé le résultat de son concours. Deux dossiers ont été retenus pour cette inscription qui serait, selon les deux hypothèses, un hommage à un défunt ayant péri en mer.

Par Boris Granger

Fin de supense à la mairie de Plougastel-Daoulas : les résultats du grand concours lancé en mai 2019 pour déchiffrer les inscriptions mystérieuses gravées sur un rocher ont été révélés ce lundi 24 février.
 

Un défi, deux hypothèses, trois gagnants

En fait d'un gagnant, ce sont deux propositions qui ont été retenues : dans les deux cas, le texte constitue un hommage à un défunt qui a péri en mer. Le premier semble émaner d'un soldat en l'honneur d'un camarade comme en atteste cet extrait : "Serge / est mort quand mal exercé à ramer / l'an dernier son bateau fut retourné par le vent". Le second, dont l'auteur n'est pas identifié, commence ainsi : "Retour en souvenir à celui qui repose libre / Il était la bravoure et la joie de vivre incarnées".

Noël René Toudic est l'auteur de la première proposition. Ce professeur agrégé d'anglais et diplômé d'études celtiques vit en Ille-et-Vilaine. L'autre hypothèse a été formulé par Roger Faligot et Alain Robet. Tous deux sont domiciliés dans le Finistère, non loin de Plougastel-Daoulas. Ils sont respectivement reporter et dessinateur de bande-dessinées.

L'inscription, dont la langue même faisait débat, aurait été rédigée en breton et les deux dates figurant dans le texte correspondraient au moment du décès évoqué ainsi qu'à celui de la création de la gravure. Pour résoudre ce mystère, les lauréats ont déplacé les différents blocs de texte pour essayer différents assemblages.
 

Participation internationale

Si la découverte du rocher ne date pas d'hier - il a été signalé en 1979 - c'est en mai 2019 que la mairie avait organisé son grand concours, intitulé "Challenge Champollion". Les participants étaient invités à proposer une traduction, argumentée et contextualisée, de l'inscription.

En deux mois, plus de 2000 personnes avaient manifesté leur envie de participer et 583 avaient validé leur inscription. Sur les 61 dossiers finalement enregistrés, les trois quarts provenaient de France. Les autres avaient été envoyés d'un peu partout dans le monde, des États-Unis à la Thaïlande en passant par les Émirats arabes unis.
 

C'est le 30 novembre, date de clôture des dossiers, que le jury a commencé à plancher sur les différentes hypothèses. Un jury composé du maire de Plougastel et de deux conseillers municipaux, ainsi que de professeurs et d'historiens. Six dossiers étaient encore en lice fin janvier, deux ont finalement remporté le concours et ses 2000 euros de récompense.

Un reportage de Louise Cognard, Sarra Ben Cherifa et Pascal Nau :
 
La pierre mystérieuse de Plougastel décryptée
 

Les deux versions gagnantes

La version de Noël René Toudic :
"Grève du Caro / Sur ces grèves-là vous avez vu / la vérité quand il y avait un vent violent / d'un bout à l'autre de l'île comme cela / Plus jamais de dure peine / Serge / est mort quand mal exercé à ramer / l'an dernier son bateau fut retourné par le vent / Pas de vent de terre quand il était ici / Il est temps de donner à partir du large / l'hommage du brick de sa compagnie 1787 / Est décédé LE BRIS enfant de l'armée royale/ L'appel fut signé en mer / dans l'enclos aussi. Le butin du / trésorier est dans la tombe de son ami / Mon nom est ici / sur la stèle érigée derrière / Aujourd'hui / 8 mai 1786 / Au mois d'août / 1771 je suis / Embarqué / Haloteau Grégoire est mon nom"

La version de Roger Faligot et Alain Robet :
"Retour en souvenir à celui qui repose libre / Il était la bravoure et la joie de vivre incarnées / Avant janvier ça s'est passé par ici. Pour ainsi dire près de la plage fortifiée (dont je trace le croquis). / Dans un endroit ou l'autre de l'île, il a été frappé et il en est mort et le voici entré dans la paix de / Notre Seigneur / C'est en lieu qu'a agi le vent mauvais que souffle le Malin / Plus haut sur cette grève, j'ai voulu bien faire / Pourtant de cet endroit caché des gens toi qui passes je dis ma honte / Aujourd'hui (en avril ?) de cette année 1787 il repose dans la douceur de la paix du Christ. / Quelle détresse que de s'être trouvé dans la marine au cœur de cette tempête véhémente. / Il nous fût permis grâce à notre Seigneur, de venir en ce pays près de la mer / ensuite d'être prisonnier(s) engagé(s) par contrainte. Mais finalement faisons un rêve qu'il soit là où / il est libre à nouveau comme il le fut cinq mois plus tôt c'était environ en 1786"

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