Yvon Le Roux après la disparition de Michel Hidalgo : plus qu’un super sélectionneur, un immense Monsieur  

Yvon Le Roux et Manuel Amoros portant Michel Hidalgo en triomphe le 27 juin 1984 / © AFP
Yvon Le Roux et Manuel Amoros portant Michel Hidalgo en triomphe le 27 juin 1984 / © AFP

L’ancien sélectionneur Michel Hidalgo est décédé à 87 ans. En 1984, il avait offert au foot français son premier titre en remportant l'Euro avec la bande à Platini, Giresse, et Tigana. Une équipe où figurait aussi Yvon Le Roux. Le Breton salue la mémoire "d'un immense Monsieur".

Par Gilles Le Morvan


C’était en juin 1984. Deux ans après le traumatisme de Séville et la demi-finale de Coupe du Monde perdue face à l’Allemagne, Michel Hidalgo et la bande à Platini prenaient une belle revanche en remportant le Championnat d’Europe au terme d’une incroyable finale face à l’Espagne, 2/0. 

Pour offrir au foot français le premier titre de son histoire, Hidalgo s'était appuyé sur un groupe savamment composé. Un judicieux mélange d'expérience et de sang neuf, avec aux côtés des anciens comme Platini, Giresse, ou Tigana, des petits nouveaux comme Luis Fernandez ou Yvon Le Roux. Le Breton a appris avec une infinie tristesse la disparition de l’ancien sélectionneur.


"Un grand sélectionneur d'une incroyable gentillesse"  


"Je suis sous le choc, même si je savais qu’il n’allait pas très bien, confie Yvon Le Roux. Il y a quelques semaines, on devait se retrouver pour un déjeuner avec les anciens de l’Equipe de France des années 83/85. Et puis on a appris qu’il ne viendrait pas, qu’il était très malade."
 
"Michel Hidalgo était un immense Monsieur, raconte l'ancien stoppeur des Bleus. Pas seulement un super footballeur ou un super sélectionneur. C'était aussi un homme d’une simplicité et d’une gentillesse incroyables."
Yvon le Roux (debout 2e à gauche) et les Bleus de Michel Hidalgo lors du match d'ouverture de l'Euro 84 / © AFP
Yvon le Roux (debout 2e à gauche) et les Bleus de Michel Hidalgo lors du match d'ouverture de l'Euro 84 / © AFP


"En 83, il était venu me superviser à Brest..."


"Il m’a sélectionné pour la première fois en 1983, se souvient Yvon Le Roux. Je jouais à Brest, il était venu me superviser. Et puis derrière, je reçois ce qui, à l’époque, devait être un fax, pour que j’aille jouer contre la Yougoslavie."

"Je m’étais retrouvé au rassemblement à Jouy-en-Josas [NDLR: Yvelines]. Il y avait des petits jeunes comme José Touré et moi, au milieu des cadors comme Bossis ou Tigana. Mais 
Hidalgo m’avait mis à l’aise tout de suite. Pas de pression, tu joues comme tu sais faire, ça va le faire. C’était ma première cape. Et j’avais mis un but !"  


"Au début de l'Euro, je me blesse mais il ne m'oublie pas !"


Et puis vint l’aventure de l’Euro. "Et là encore, raconte Le Roux, Hidalgo m’a fait incroyablement confiance."

"Je me blesse au premier match contre le Danemark, problème au genou, ménisque. Les matchs suivants, contre la Belgique, la Yougoslavie, je ne joue pas. La France gagne, mais Hidalgo ne m'oublie pas, il vient me parler tous les jours, me demander comment ça va..."


"Il aurait pu dire, je ne change pas une équipe qui gagne... Mais il m’a remis comme titulaire pour la demi-finale face au Portugal et pour la finale contre l'Espagne. Il m'a fait confiance. Je lui serai éternellement reconnaissant. Ils ne sont pas nombreux ceux qui auraient agi comme ça." 

Yvon Le Roux, 28 sélections, passé par Brest, Monaco, Nantes, Marseille et le PSG, dit qu'il doit à Hidalgo les plus belles années de sa carrière. 

"Ce Monsieur vous donnait envie de vous dépasser. C’est ce qu’on a fait. On est devenu champions d’Europe." 

 

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