Centre de Perharidy à Roscoff. Que se passe-t-il avec le patient Martial Jaouen ?

Martial Jaouen, 59 ans est atteint du syndrome de Guillain Barré. Depuis deux ans, il est suivi au centre de Perharidy à Roscoff, géré par la fondation Ildys. Cet été, il est informé qu'il doit quitter les lieux le 12 octobre. Malgré une médiation en cours, un bras de fer s'est engagé.

Martial Jaouen, atteint du syndrome de Guillain Barré.
Martial Jaouen, atteint du syndrome de Guillain Barré. © Charles Crozon
Ce 12 octobre, Martial Jaouen est donc censé quitter – définitivement – le service neurologie du centre de Perharidy à Roscoff. Pour aller où ? Mystère. 
Reprenons l'histoire depuis le début. 
 

Atteint par le syndrome de Guillain-Barré 


La vie de Martial bascule en janvier 2018. Il travaille comme civil du ministère des armées, basé à Djibouti. Alors qu’il est en vacances en Ethopie, il sent ses jambes flageoler, puis devient complètement paralysé. Le syndrome de Guillain-Barré est diagnostiqué. Un syndrome qui se traduit par une déconnexion des nerfs périphériques et qui peut entraîner une paralysie totale.
 

10 mois au CHU de Brest, avant le centre de rééducation


Après quelques atermoiements, il est transféré in extrémis en France. Ce Finistérien est pris en charge au CHU de Brest. Après dix mois passés au service de réanimation, il est transféré au centre de rééducation spécialisé de Perharidy géré par la fondation Ildys à Roscoff, dans le Finistère. Nous sommes donc en octobre 2018.
 
Le centre de Perharidy à Roscoff accueille 300 patients par jour, pour de la rééducation et de la réadaptation
Le centre de Perharidy à Roscoff accueille 300 patients par jour, pour de la rééducation et de la réadaptation © France 3 Bretagne


Une volonté de fer et des progrès réels


Au bout de près de deux ans de soins, les progrès sont réels. Alors qu’il était tétraplégique à son arrivée dans l’établissement, il commence à bouger ses bras, ses jambes, à pouvoir serrer un verre dans sa main. Il gagne en autonomie.


Eté 2020, la direction d’Ildys lui annonce son départ


En juillet dernier, on lui annonce qu’il devra quitter le centre le 12 octobre 2020. Une annonce confirmée par courrier  en août. Mais Martial ne souhaite pas partir, pas avant d’avoir acquis un peu plus d’autonomie, celle qui lui permettrait de vivre chez lui dans sa maison – actuellement en cours de rénovation – près de Morlaix.
   

Un bras de fer s’engage


Il décide d’entamer une procédure de médiation. Depuis, un bras de fer s’est engagé. Un comité de soutien s’est monté autour de Martial, mené par Charles Crozon, un ami de longue date. Le nom choisi pour les comptes facebook et twitter sont sans équivoque : @IldysvsMartial
 

La direction d’Ildys harcèle Martial quasi quotidiennement pour qu'il s'en aille : mais où ?

Charles Crozon, comité de soutien de Martial Jaouen



Pour Charles Crozon, "le procédé de la direction d’Ildys est aberrant et scandaleux. Normalement, tout aurait dû être suspendu pendant la médiation. Or, il a reçu le courrier annonçant son départ alors qu’il aurait fallu attendre d’abord le courrier de la CDU" (NDLR : la commission des usagers). Charles Crozon parle même de "diktat". "La direction d’Ildys harcèle Martial quasi quotidiennement pour qu'il s'en aille : où ?, puisque son logement n'est pas prêt à le recevoir et qu'aucune aide à domicile ne lui a encore été attribuée ?".
 

Nous avons des solutions à lui proposer… Sa stratégie de blocage nous échappe 

David Gogen,
directeur général délégué d'Ildys



Pour la direction d’Ildys, une hospitalisation doit se poursuivre, mais ailleurs. "Nous ne sommes pas une structure d’accueil médico-social, rappelle David Cogen, directeur général délégué. Nous accueillons habituellement des patients pour quelques semaines. Martial Jaouen est là depuis deux ans. Mais on ne le met bien sûr pas à la rue. On a pour métier entre autres de construire le projet de vie d’un patient. Nous avons une palette de solutions, comme celle de proposer les services de nos ergothérapeutes qui pourraient suivre Martial Jaouen à son domicile (…). Mais aujourd’hui, il ne vient plus aux réunions d’évaluation du projet thérapeutique. Sa stratégie de blocage nous échappe".

La direction ajoute poursuivre le processus de médiation, rappelant au passage que le médecin médiateur était parvenu à la même conclusion : Martial Jaouen doit partir du centre de Perharidy.


Une manifestation le 10 octobre à Roscoff


Ce samedi 10 octobre, le comité de soutien de Martial Jaouen prévoit une manifestation à partir de 10 heures devant les portes du centre à Roscoff. Charles Crozon, qui parle  "d’obscurantisme médical", a lancé une pétition en ligne qui a déjà reçu 204 signataires en 3 jours.
Il pense demander une contre-expertise au centre de Kerpape, près de Lorient. Le prochain point de chute de Martial Jaouen ? Impossible à dire pour le moment.

 
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