Dans le Finistère, des associations débordées pour accueillir les mineurs isolés

Alors qu'en début d'année, le département du Finistère a mis en place un plan d'actions pour intégrer les mineurs étrangers isolés, les associations alertent sur leur surcharge de travail. En décembre 2022, le service dédié à l'accueil des mineurs étrangers non accompagnés de Quimper a fermé. Tout est désormais centralisé sur Brest.

Depuis décembre 2022, le service dédié à l'accueil des mineurs étrangers isolés de Quimper a fermé ses portes. Conséquence de la mise en place de la politique d'insertion des mineurs non accompagnés dans le Finistère. Le plan du conseil départemental a amené à centraliser les services sur la ville de Brest.

Hébergements d'urgence

Depuis cette salle de cours où une trentaine de jeunes migrants suivent un cours de préscolarisation en français, Patrick Gardet est un peu désemparé. "Les locaux commencent à être un peu exigus", témoigne ce membre de l'association pour l'accompagnement des jeunes isolés migrants (Adjim). Selon lui, la situation se dégrade depuis le début de l'année 2023.

Avant cela, les migrants étaient hébergés dans des hôtels le temps que leur situation soit examinée. Désormais, les décisions sont prises plus rapidement sans hébergement en hôtel. "En général il faut trouver des hébergements d’urgence, des personnes prêtes, dans l’instant, à les héberger pour une à deux nuits, avant de pouvoir les héberger plus longtemps", raconte Brigitte Millet, membre de l'association Adjim.

Les membres de l’association essayent dans ces délais raccourcis de récupérer les pièces justificatives prouvant que la personne est mineure dans les pays d'origine des jeunes migrants.

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Les prises en charge des mineurs isoléssont plus difficiles pour les associations depuis le début de l'année 2023. ©Stephane Soviller/FTV

Avec le travail de cette association 20 personnes ont été accueillies en deux mois. "20 c’est peut-être la moitié de ce qu’on a traité dans toute l’année dernière." Cette augmentation se traduit également dans les rues de Brest selon Patrick Gardet. "On les trouve à errer dans les rues, c’est indigne ce n’est pas des conditions acceptables pour des jeunes qui sont réputés être encore des enfants, des mineurs, parce que même si l’évaluation sociale faite par le département dit qu'ils ne sont pas mineurs, c’est le juge seulement qui dit s’ils sont mineurs ou pas."

"Pas de mineurs à la rue"

Pour le président du conseil départemental, Maël de Calan, affirmer qu'il y a des mineurs dans la rue dans le Finistère est un "mensonge". "Il n'y a pas de mineurs à la rue. Il y a des jeunes qui prétendent être mineurs mais qui ne le sont pas, qui sont des jeunes émigrés mais qui ont plus de 18 ans, qui sont reconnus majeurs par la justice mais pas par le conseil départemental et qui ne bénéficient pas de la protection du département. C’est une question de politique migratoire", se justifie-t-il.

Aujourd’hui, le département du Finistère prend en charge 336 mineurs non accompagnés et 300 autres bénéficient d’un contrat jeune majeur.

avec Gwenaelle Bron et Stéphane Soviller

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