Mort du Brestois Clément Méric : l'usage du poing américain pas certain, selon des experts

Depuis cinq jours se tient devant les assises de l'Essonne, le procès de deux ex-skinheads, jugés en appel pour la mort du militant antifasciste Clément Méric lors d'une rixe en 2013. Ce lundi, des experts ont indiqué ne pouvoir certifier que la victime avait été frappée avec un poing américain.

L'ex-skinhead Esteban Morillo à son arrivée au tribunal d'Evry au premier jour du procès en appel de la mort de Clément Méric  - 26/05/2021
L'ex-skinhead Esteban Morillo à son arrivée au tribunal d'Evry au premier jour du procès en appel de la mort de Clément Méric - 26/05/2021 © AFP - M. Bureau

Entendus ce lundi, ces experts ont toutefois souligné ne pouvoir totalement exclure l'usage de cette arme, faite de métal et dans laquelle on passe les doigts dans des trous. Un élément primordial, car si l'utilisation d'un poing américain est prouvée, cela constituerait une circonstance aggravante pour les accusés.

En première instance en 2018, Esteban Morillo, qui avait reconnu deux coups mortels, et Samuel Dufour, qui avait participé à la rixe à Paris sans frapper Clément Méric, avaient été jugés coupables d'avoir porté des poings américains hors de leur domicile, malgré leurs dénégations.

Condamnés pour violences volontaires aggravées ayant entraîné la mort sans intention de la donner, les deux anciens skinheads, âgés de 20 et 19 ans au moment des faits, avaient écopé de onze et sept ans d'emprisonnement.


Des lésions compatibles avec "avec des plaies portées avec un objet"

Lundi, le neurologue Bernard Gueguen a indiqué n'avoir "jamais vu" de poing américain de "l'épaisseur" constatée sur les blessures de Clément Méric. La médecin légiste Isabelle Sec a elle expliqué ne pas disposer "d'élément clinique permettant d'affirmer l'utilisation d'un poing américain".

Pour rédiger leurs conclusions, ces experts ont comparé des scellés - un poing américain et deux bagues ornées d'une tête de cochon et d'une tête de mort - avec les plaies de Clément Méric et d'un autre militant antifasciste, également frappé lors de la bagarre. Si l'usage de poing américain n'est pas garanti, les lésions de Clément Méric, décédé à 18 ans, sont "compatibles avec des plaies portées avec un objet", a relevé la médecin légiste, mentionnant les deux bagues appartenant aux accusés. 

Ces expertises contredisent des témoignages affirmant que, Esteban Morillo ou Samuel Dufour en fonction des récits, portait un poing américain au moment de la rixe du 5 juin 2013, en pleine rue et en pleine journée à Paris, en marge d'une vente privée.

La médecin légiste avait aussi examiné, en 2013, la main d'Esteban Morillo. Lundi, elle a indiqué ne pouvoir dire "s'il avait porté un coup de poing de manière puissante ou pas". Le but n'est pas d'établir la puissance du coup seule, a rappelé le président de la cour d'assises, mais "s'il y a eu un lien direct entre le coup porté et la chute" de Clément Méric, qui est tombé "comme un KO de boxe" d'après un témoin.

Le verdict est attendu le 4 juin.
 

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