À Ouessant, dans le Finistère, l'"île aux moutons" passe à la tondeuse

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Écrit par Quentin Vasseur avec Florence Malesieux

C'est l'heure de la tonte, sur l'île d'Ouessant. Gilbert Creignou, comme chaque année depuis 30 ans, vient délester les bêtes de leur toison. Cinq minutes lui suffisent pour chaque bête.

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Ce n'est pas pour rien si l'on appelle Ouessant "l'île aux moutons". Les ovidés, qui font partie du décor insulaire, empêchent notamment le développement des friches. 

Mais quand vient l'heure de les tondre, c'est à Gilbert Creignou que les Ouessantins font appel. Le professionnel est chargé depuis trente ans de rafraîchir la toison des moutons. Du sud au nord, dans un ordre précis, il se charge de tondre au rasoir chacune des 300 bêtes de sa tournée, plus de la moitié du cheptel que compte l'île. 

"Regardez ce beau gris que nous avons derrière" montre le tondeur passionné, "un gris vraiment beau, je retrouve ça à Ouessant depuis de très nombreuses années et on ne trouve pas ça sur le continent."

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Sur l'île d'Ouessant, dans le Finistère, l'heure est à la tonte des moutons

Pour six euros la tonte, il délivre les moutons de leur fardeau, qui commençait à se faire pesant avec la chaleur du printemps. De plus, la tonte fait grandir les plus jeunes et empêche les bêtes d'attraper des vers. 

L'île d'Ouessant comptait 6.000 moutons en 1900, et le nombre n'a cessé de diminuer depuis. Le petit mouton noir d'Ouessant a même failli disparaître. Il a été réintroduit en 1976. 


Les traditions se perdent peu à peu chez les jeunes générations. "Il y en a beaucoup qui travaillent sur le continent donc ça les intéresse pas, ils veulent faire autre chose" regrette Louis Tual, propriétaire et éleveur. Il reconnaît toutefois que l'élevage représente beaucoup de travail. "Il faut s'en occuper, hein !"

En attendant, on continue ici et là à filer la laine sur des quenouilles. Le reste, Gilbert Creignou l'envoie en Chine tout en espérant qu'elle soit un jour traitée en France.