JO de Tokyo. Pourquoi ce sportif en appelle à la générosité pour financer son stage olympique au Japon

Le Quimpérois Jean-Pierre Bourhis est qualifié pour les JO de Tokyo en canoë monoplace, sous les couleurs du Sénégal. Le céiste de 26 ans lance un appel à la générosité pour financer une partie de son stage préparatoire au Japon. Explications.

Jean-Pierre Bourhis a décroché sa qualification aux JO de Tokyo en mars dernier
Jean-Pierre Bourhis a décroché sa qualification aux JO de Tokyo en mars dernier © J.Y Prigent

Jean-Pierre Bourhis a les yeux rivés sur les Jeux olympiques de Tokyo. Ce sera sa deuxième Olympiade, après Rio en 2016. Le Finistérien de 26 ans, licencié au club de canoë-kayak de Quimper-Cornouaille, s'alignera sous les couleurs du Sénégal, à la faveur de sa double nationalité.

En mars dernier, il est allé décrocher son ticket pour Tokyo en canoë monoplace (slalom), raflant au passage l'unique place réservée au continent africain. "Je cours pour le Sénégal, à l'international, depuis 2012, explique-t-il. Mon père est breton, ma mère sénagalaise et j'avais envie de rendre hommage à mes grands-parents maternels en choisissant leur pays". Il raconte aussi qu'il s'est inspiré de Benjamin Boukpéty, un kayakiste franco-togolais qui, en 2008, a offert au Togo sa toute première médaille olympique.


Une cagnotte participative pour boucler son budget JO

Jean-Pierre Bourhis ne lésine pas sur les entraînements. Et ne peut rater aucune étape. Encore moins celle du dernier stage préparatoire qui se déroulera au Japon du 7 au 19 juillet. Seulement voilà, contrairement à d'autres pays, plus riches, le Sénégal ne finance qu'en partie cette préparation. Et avec le Covid, les athlètes n'ont ni le choix des hôtels, ni le choix des billets d'avion. "D'ordinaire, pour ces stages, je suis libre de choisir mon hébergement, ce qui fait que je peux adapter le standing de l'hôtel et les vols à mon budget. Ce fut le cas à Rio. Mais, cette année, tout est imposé par les organisateurs à cause du contexte sanitaire, même si ce stage n'entre pas dans le cadre strict des JO. Et ça explose mon budget"

Conséquence : il va manquer 2.000 euros à Jean-Pierre pour financer ce stage préparatoire, "indispensable, dit-il, car le canoë a ceci de spécifique qu'il se pratique sur des bassins uniques. Si je ne peux pas me déplacer sur le site avant les Jeux, m'entraîner sur le parcours pour mieux le maîtriser au moment de la compétition, ce sera difficile. En athlétisme, ils n'ont pas ce problème : les pistes sont les mêmes partout".


Je ne peux pas abandonner si près du but.

Jean-Pierre Bourhis, qualifié aux JO de Tokyo en canoë monoplace



Pour le Finistérien, la solution passe donc par un financement participatif. "Je ne peux pas abandonner si près du but, confie-t-il. D'autres ont renoncé à ce stage, c'est le cas de mon concurrent argentin qui, lui, n'a reçu aucun soutien de son pays. Il ira aux JO sans préparation sur place".

Jean-Pierre Bourhis se prépare depuis quatre ans à ces JO de Tokyo. Il se serait volontiers passé de cet écueil. "Je suis un sportif de haut niveau non professionnel, note-t-il. Je ne suis pas payé. Les Jeux, c'est LA compétition à laquelle on rêve tous de participer. J'ai envie de me donner les moyens de réussir et d'y aller dans de bonnes conditions".

Il y a quelques jours encore, il s'entraînait du côté de Pau, avant le départ pour la première coupe du monde à Prague. "Je me sens bien pour les prochaines courses" écrit-il sur son compte Instagram :

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Jean-Pierre Bourhis pratique le canoë depuis l'âge de 9 ans. "A l'époque, se souvient-il, je faisais du tennis. J'ai lâché la raquette pour le canoë sans hésiter parce que, dès la première année, j'ai pu accéder à la compétition. Ça a été l'élement déclencheur. Et puis, l'atmosphère y était différente du tennis, plus familiale".

Le céiste quimpérois compte bien être finaliste à Tokyo "et pourquoi pas, monter sur la plus haute marche du podium" sourit-il.  
 

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