La vie de Katell Ropert bascule en 2017 lorsqu'elle devient tétraplégique à la suite d'une série d'accidents médicaux. Le surf va lui permettre de sortir la tête de l'eau physiquement et moralement. En parallèle, Katell entame un parcours d'étude et d'engagement autour de l'inclusion de la personne handicapée dans la société. Elle est l'héroïne du documentaire "Surf Attitude". Entretien avec une femme qui dit ne jamais s'ennuyer.

On pourrait dire de Katell Ropert que c'est une femme qui aime vivre à 100 à l'heure... La sportive est aujourd'hui devenue l'une des figures incontournables du monde de l'handisport en France. 

Il y a six ans, à la suite d'une compression de la moelle épinière, Katell perd l'usage de ses jambes et d'une partie de ses membres supérieurs. Après une période de flottement, elle entame un processus d'acceptation du handicap grâce au surf et à l'association Vagdespoir. Compétitrice dans l'âme, Katell se lance sur le circuit parasurf et décroche rapidement des résultats impressionnants, dont un titre de vice-championne mondiale. 

Donner plus de place au handicap

En parallèle, l'ancienne infirmière décide de reprendre des études et se spécialise dans l'inclusion de la personne handicapée dans la société. Elle raconte :

J'ai réalisé à ce moment-là, et j'ai toujours du mal à le comprendre, que dans les instances décisionnaires autour des questions de handicap, personne n'est dans cette situation. Il n'y a que des personnes valides. Vous trouvez ça normal ?" 

Katell Ropert a du mal à s'arrêter. Lorsqu'on lui demande de se définir, elle dit ne pas savoir s'ennuyer. 

Pour le magazine Littoral, la réalisatrice Audrey Lasbleiz a suivi Katell dans son quotidien durant plusieurs mois. Il en ressort un film documentaire "Surf attitude" plein de force et d'optimisme. 

Katell Ropert est aussi maman de cinq enfants. Elle jongle entre une vie quotidienne bien remplie et son activité de chargée de projet auprès de la société CoWork'Hit dans le Morbihan. Un travail dont elle parle avec énergie et enthousiasme :  

" On accompagne des entreprises sur le développement d'innovation en lien avec le handicap. Je teste du matériel d'usage, réfléchit avec les équipes, accompagne au recrutement et je participe aussi au développement d'applications adaptées au monde du handicap, c'est très complet et je me sens à ma place. C'est une filière encore peu structurée en France." 

L'importance de parler des sujets tabous

La jeune femme est aussi très sollicitée par différentes structures pour parler de sujets plus tabous comme celui de la vie affective et sexuelle :" Typiquement, c'est une question à laquelle il est nécessaire d'avoir des réponses concrètes et parfois techniques. Les personnes en situation de handicap ont besoin d'avoir un interlocuteur qui a été confronté aux mêmes problèmes qu'eux."

Au fil des années, Katell a le sentiment d'être devenue plus militante." Il y a encore beaucoup de travail à effectuer pour faire évoluer notre image, dans les romans, dans les films, et aussi dans ce que l'on transmet dans la vie de tous les jours. Mon fauteuil, par exemple, fait désormais partie de ma silhouette, de mon corps... c'est quelque chose que j'ai intégré et qui n'est pas toujours compris par la société."

Côté surf, Katell a été contrainte de prendre de la distance avec la compétition et les entraînements. Une mauvaise chute l'immobilise depuis plusieurs mois et a entraîné une baisse importante de son autonomie. 

"J'ai connu une grosse baisse de moral. J'ai fait depuis des années tout ce qu'il fallait pour être active et là, subitement, je me retrouve bloquée. En situation de handicap, le moindre grain de sable a tout de suite des répercussions importantes."

Katell doit être opérée dans quelques semaines. Elle reste confiante, fidèle à ce qu'elle a toujours été, une battante prête à soulever des montagnes pour poursuivre une vie en mouvement, en permanence : "Je me suis déjà planifiée un surf trip au Maroc à l'automne prochain avec mes amis de l'association Fast . Je n'ai pas d'autres choix que de m'accrocher et d'y croire, on n'a qu'une vie après tout".

Le documentaire "Surf attitude" réalisé par Audrey Lasbleiz a été primé lors du dernier Brest Surf Film Festival. Il est à retrouver sur la plateforme France.tv