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Proximité, transparence et prix bas: le pari réussi du réseau de surgelés Ecomiam

Quimper (29). Antoine Sauvaget, directeur général d'Ecomiam a présenté à la délégation l'étiquetage spécifique développé par le distributeur de produits 100% français. / © Maxppp/Le Télégramme Jacky Hamard
Quimper (29). Antoine Sauvaget, directeur général d'Ecomiam a présenté à la délégation l'étiquetage spécifique développé par le distributeur de produits 100% français. / © Maxppp/Le Télégramme Jacky Hamard

Des produits exclusivement français, des prix bas et des filières de production correctement rémunérées: le réseau breton de produits surgelés Ecomiam, en plein développement, illustre l'évolution des modes de consommation.
 

Par Sylvaine Salliou


Pour réussir ce cocktail, à première vue utopique, une idée toute simple: vendre au client le produit et rien d'autre que le produit. Ainsi, dans la vingtaine de magasins de l'enseigne implantée dans le grand Ouest, pas d'emballage sophistiqué, pas de promotion, pas de publicité. "On ne fait jamais de promotions, on préfère avoir un taux de marge moyen/bas, qui soit homogène sur l'ensemble de notre offre", explique Daniel Sauvaget, à la tête de l'entreprise finistérienne de 38 salariés.
 

Pas de publicité, ni promotion


"Cela n'a pas de sens de faire semblant de n'être pas cher sur certains produits, dépenser des sous en publicité pour dire qu'on n'est pas cher, pour qu'au bout
du compte ce soit le consommateur qui paye tout ça en achetant d'autres produits dont la marge a été doublée
", poursuit le dirigeant, âgé de 58 ans, qui se félicite de la stabilité des prix affichés dans ses magasins, avec un filet de poulet à 7,90 euros le kg, inchangé depuis septembre 2012.

"Quand on vous annonce un produit gratuit pour deux achetés, il n'y a rien de gratuit là-dedans", assure le chef d'entreprise, soulignant cependant une montée en puissance de ses magasins "plus lente", de l'ordre de deux ans, du fait de l'absence de publicité.
 
"Ecomiam dit quelque chose de l'évolution de la consommation c'est incontestable", note Olivier Dauvers, spécialiste de la distribution. "De là à en faire l'avenir de la distribution, non !", s'empresse d'ajouter l'expert, estimant que le réseau "a de l'avenir par le concept et les valeurs qu'il porte".
 

Emballage et présentation simples


Dans la boutique Ecomiam de Fouesnant (Finistère), épurée et claire, les produits, essentiellement de la viande, du poisson et des légumes, parfois bios, sont simplement emballés dans des sachets transparents. Au-dessus, une étiquette donne le prix, le lieu de production et de transformation, mais aussi le prix payé au producteur et la marge du réseau.  

"On trouve ici des produits bruts, pas cuisinés, qui sont locaux, c'est quand même mieux que d'aller les chercher à l'autre bout du monde", note Brigitte Dubus, une cliente de 69 ans, pour qui les prix dans les autres réseaux de distribution de produits surgelés "sont nettement plus élevés". Dans les bacs réfrigérés du magasin, des palets de tomate de Provence à 4,20 euros le kg ou des lardons allumettes en sachets de 400 gr à 2,85 euros, un produit transformé par le groupe breton Jean Floc'h, parmi la quarantaine de fournisseurs de l'enseigne, en majorité des petits artisans bretons.

"La notion de promotion est aujourd'hui dévoyée. Non seulement ça ne régule plus le marché mais en plus ça le perturbe", soutient M. Sauvaget, ancien patron de l'abattoir de volailles Tilly-Sabco, définitivement liquidé en avril après plusieurs changements de propriétaires et vagues de licenciements.
 

Premier magasin à Brest en 2011


Ecomiam a été lancée en 2010 avec l'idée de trouver de nouveaux débouchés pour les poulets de l'abattoir, en prévision de la fin des restitutions -des aides européennes à l'exportation- annoncée pour 2020, mais finalement mise en application dès 2013. 

Au départ, les poulets congelés de Tilly étaient vendus en direct sur le port de Brest, avant des ventes itinérantes dans toute la Bretagne, puis l'ouverture d'un premier magasin en 2011, près de Brest. Le réseau, qui compte se développer en franchise dans toute la France, et livre depuis peu sur toute le territoire national via son site internet (avec paiement en titres restaurant dématérialisés), devrait réaliser un chiffre d'affaires de 12 millions d'euros cette année, contre dix millions en 2017 et une prévision de 20 millions d'euros d'ici deux ans.
 

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