Covid 19, "la huitième vague est bien là !" confirme l'infectiologue Pierre Tattevin

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Écrit par S.B. avec Gilles Le Morvan

Résigné mais serein, le professeur Pierre Tattevin du service des maladies infectieuses au Centre hospitalier universitaire de Rennes voit les chiffres grimper semaine après semaine. Le 20 septembre, le taux d’incidence a atteint 348,9 cas pour 100 000 habitants, les hôpitaux bretons voient une vingtaine de patients Covid arriver chaque jour. La huitième vague est là. Le médecin espère qu’elle ne sera pas trop douloureuse.

Pas question de tourner autour du pot, les chiffres sont là, ils ne sont pas bons. Le taux d’incidence grimpe : 348,9 cas de Covid pour 100 000 habitants en Bretagne au 20 septembre 2022, ( 308 pour dans le Finistère, 315 dans les Côtes d’Armor, 337 dans le Morbihan et 409 en Ille-et-Vilaine).

"Oui, La huitième vague est là, confirme Pierre Tattevin. Mais on a bon espoir qu’elle n’ait, comme la précédente, pas trop de conséquences sur l’état de santé des gens qui ne vont pas être obligés de venir à l’hôpital, et donc pas non plus trop de conséquences sur les services de réanimation. Ca augmente, mais pour l’instant, à l’hôpital, on ne le ressent pas de manière aussi douloureuse que ce que l’on a connu au début."

350 cas pour 100 000 habitants, c’est dix fois moins qu’en 2021

 

Le médecin se veut donc confiant et rassurant. "En janvier 2021, au plus fort du pic du variant Omicron, le taux d’incidence avait dépassé 3 500 cas pour 100 000 habitants. Là, nous sommes dix fois moins impactés."

 

Mais un variant très contagieux

 

"Plus on avance dans les variants du Covid 19, plus ils sont contagieux, constate le praticien. Cet Omicron actuel est vraiment très contagieux. Même en faisant attention, il a tendance à profiter de la moindre brèche, donc, on sait qu’on risque d’avoir encore des vagues."

 

La faute à l’école et au travail

 

Les chiffres du Covid ont commencé à remonter à partir de la rentrée. Il est évident qu’à l’école ou au travail on a beaucoup plus d’interactions que lorsque l’on est en vacances. Les enfants font actuellement partie de la tranche d’âge la plus touchée par le Covid. Le taux d’incidence est proche de 600, le double du reste de la population. La tranche des actifs de 30 à 50 ans est, elle aussi, très impactée.

 

Des "Covid accessoires"

 

"Il y a un peu plus de diagnostics à l’hôpital, remarque le professeur Tattevin, mais comme c’est un variant qui a moins d’impact sur la santé des gens, ce n’est pas forcément le Covid qui a amené les patients dans nos services."

"Ce sont parfois des gens qui ont eu un accident de voiture, ils sont là parce qu’ils sont blessés et quand on leur fait le test, on découvre qu’ils sont positifs, on les appelle des Covid accessoires. Et évidemment, le CHU prend alors toutes les précautions pour soigner ces patients."

Un nouveau vaccin

 

Pierre Tattevin n’entend donc pas céder à la panique. D’autant qu’un nouveau vaccin, dit bivalent, vient d’être autorisé par la Haute Autorité de Santé. La vaccin contient la souche originelle du Covid et celle de son variant Omicron. Il pourra donc protéger à la fois contre les formes graves de la maladie et contre ses formes plus bénignes mais très contagieuses.

Plus de pronostic

 

"Après tout ce qu’on a vécu, on essaye de ne plus faire de projections, explique Pierre Tattevin, mais l’hypothèse la plus plausible, c’est que l’on conserve des vagues de temps en temps. Elles seront au fil du temps, moins agressives, et nous serons, au fil du même temps, de mieux en mieux protégés par les vaccins et par notre immunité. Aujourd’hui, tout le monde a croisé le virus."

Le médecin espère donc que les vagues soient de moins en moins douloureuses et que l’on finisse par s’habituer à cette nouvelle maladie. "Il faut qu’e nous restions attentifs, dit-il, mais il ne faut pas arrêter de vivre."

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