Les parents d’Ille-et-Vilaine s’inquiètent : le Bac 2021 peut-il avoir lieu ?

Dans une lettre ouverte à Jean-Michel Blanquer, des parents d'élèves d'Ille-et-Vilaine dénoncent le contexte dans lequel leurs enfants vont passer les épreuves du baccalauréat, qui commencent dès le 17 juin prochain.

Les lycéens ont entassé tout ce qui leur tombait sous la main pour bloquer l'accès à leur établissement.
Les lycéens ont entassé tout ce qui leur tombait sous la main pour bloquer l'accès à leur établissement. © A. Le Morvan

Le baccalauréat 2021 doit-il vraiment avoir lieu ? La question est posée, non plus par les élèves, mais par leurs parents. 

Dans une lettre adressée au Ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, la Fédération des Conseils des parents d'élèves des écoles publiques de l'Ille-et-Vilaine (FCPE 35) exprime leur inquiétude concernant l'avenir de leurs enfants. 

A partir du 17 juin prochain, les lycéens s'apprêtent à passer les examens du baccalauréat en présentiel. L'année scolaire ayant été particulièrement bouleversée par la crise sanitaire, les parents d'élèves s'insurgent : "Monsieur Blanquer, entendez-les !".

 Parents comme enfants demandent depuis plusieurs mois au gouvernement l'annulation des épreuves du baccalauréat, et de favoriser le contrôle continu. 

Joint par France 3 Bretagne, la présidente de la FCPE 35, Magali Icher ajoute que "les lycées ont été fermés plusieurs fois dans l'année", et que leurs enfants "n'ont pas pu se préparer suffisamment à l'examen du baccalauréat". 

"Nos enfants ne sont pas des vandales"

En Bretagne comme partout en France, les syndicats lycéens ont organisé des blocages devant les grilles de leur établissement. Très attendues, les mesures annoncées par Jean-Michel Blanquer le 5 mai dernier n'ont pas satisfaits les jeunes révoltés et leurs parents. 

Pour la FCPE 35, en maintenant les épreuves du baccalauréat, "le ministre de l'Education nationale n'a pas pris en compte les revendications de leurs enfants".  

"Nous avons les mêmes revendications que nos jeunes. Blanquer dit qu'il les écoute, mais ce que nous demandons surtout, c'est qu'ils les entendent ! Ça éviterait les blocus."

Magali Icher, FCPE 35

Dans la foulée, plusieurs lycéens d'Ille-et-Vilaine ont protesté contre ces mesures. Dans le lycée de Brequigny à Rennes, Magali Icher et d'autres parents d'élèves se sont joints au blocus. "Le vendredi 21 mai, nous n'avions pas pu nous libérer. En notre absence, il semblerait nos enfants aient subis des violences policières". 

Dans la lettre adressée au ministre de l'Education nationale, les parents se disent avoir "été choqués". "Nos enfants ne sont pas des « Vandales », comme le prétend le rectorat."

Un appel dans le vide ?

La présidente de la FCPE d'Ille-et-Vilaine déplore aussi les "inégalités entre les lycées publics et privés sur le territoire" ainsi que la plateforme d'orientation post-bac Parcoursup, "une machine qui dévalorise nos enfants...", selon elle.

"Enormément de jeunes restent sans choix, ou avec leur énième choix... Tout cela créé du stress, de l'impréparation, et dans le pire des cas, des tentatives de suicides."  

Reste à savoir si cette lettre ouverte rédigée par les parents d'élèves fera écho jusqu'au ministère de l'Education nationale. Peu d'espoir du côté de la FCPE d'Ille-et-Vilaine : "Jean-Michel Blanquer ne fera rien... Mais ce serait bien qu'à l'avenir, il discute en amont et travaille davantage avec les gens sur le terrain. Eux savent ce dont nos enfants ont besoin.

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