Bronchiolite. La Bretagne reste en phase pré-épidémique mais "la situation se tend" dans les hôpitaux

Publié le Mis à jour le
Écrit par Thierry Peigne
Un bébé hospitalisé pour une bronchiolite dans un service pédiatrique.
Un bébé hospitalisé pour une bronchiolite dans un service pédiatrique. © H. Kielwasser / Maxppp

Alors que l'épidémie de bronchiolite bat son plein en France, la Bretagne reste, pour quelques jours encore, moins touchée que d'autres régions. Pour autant, les urgences pédiatriques sont saturées.

Dans son point hebdomadaire sur cette maladie respiratoire qui touche les bébés, l'agence Santé publique France note ce mercredi une "poursuite de l'augmentation forte et précoce des indicateurs de surveillance de la bronchiolite chez les enfants de moins de 2 ans".

En Métropole, toutes les régions sont en phase épidémique (sur la semaine allant du 18 au 24 octobre), à l'exception de la Bretagne et de la Corse, qui sont en phase pré-épidémique. "Mais on s'attend à être en phase épidémique dans les jours qui viennent" précise Tommaso de Giorgis, pédiatre aux urgences pédiatriques du CHU de Rennes. "Chaque année, on ne sait d'ailleurs pas toujours pourquoi, la Bretagne est touchée 15 jours après les autres régions et principalement l'Ile-de-France" ajoute-t-il. 

Lors de cette semaine du 18 octobre, 3.342 enfants de moins de 2 ans ont été vus aux urgences pour bronchiolite. Un tiers des enfants auscultés (1.138) a ensuite dû être hospitalisé. Dans les deux cas, 9 sur 10 avaient moins d'un an.
Deux semaines auparavant, on n'avait relevé que 1.779 passages aux urgences d'enfants de moins de 2 ans pour bronchiolite, et 643 hospitalisations.

Une épidémie précoce et intense, qui a surpris tous les spécialistes, la maladie faisant traditionnellement son apparition vers la mi-novembre. L'hiver dernier, les confinements et les gestes barrières anti-Covid ont aussi bloqué les autres virus, dont le VRS (virus respiratoire syncytial), responsable de la bronchiolite. Les enfants ayant été moins infectés que d'habitude, "leur système immunitaire est peut-être plus naïf" explique Tommaso de Giorgis. La crainte d'une épidémie plus forte et dans des formes plus sévères cette année, plane pour les semaines à venir.

Des lits supplémentaires au CHU de Rennes

Des semaines que craint le CHU de Rennes en Bretagne. Car les services pédiatriques sont en tension avec cette épidémie soudaine et précoce.

"Actuellement, on a environ 120 patients aux urgences pédiatriques par jour. Les cas de bronchiolites ou de gêne respiratoire représentent 20 à 30 patients quotidiens dont 5 à 6 sont hospitalisés" explique Tommaso de Giorgis. "En 2019, on avait 90 patients par jour dans le service à cette période".

"Nos 50 lits aux urgences risquent de ne plus être suffisants, même si nous transférons déjà des patients vers d'autres établissements" ajoute le médecin. Face à cette saturation de son service pédiatrique, la direction du CHU de Rennes a pris la décision de rajouter 4 lits supplémentaires dès la semaine prochaine et a étudié des plans d'intervention si nécessaire.

Une gêne respiratoire pour les tout-petits 

Les signes classiques de la bronchiolite sont une difficulté respiratoire, des sifflements, une perte d'appétit, une forte toux nocturne associée à une perte de sommeil. En cas de cas grave, des traces blanches peuvent apparaître autour des lèvres de l'enfant indiquant une cyanose buccal. Elle atteint principalement les nourrissons de moins de 2 ans.

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.