C'est doux, c'est neuf ? Quand la laine bretonne reprend des couleurs

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La laine Bretonne, jugée parfois trop rustique, pourrait aujourd’hui retrouver ses lettres de noblesse ©FTV

En Bretagne, un réseau de transformation de la laine se développe. Éleveurs, tondeurs, lainiers travaillent, dans un effort du partage des connaissances et en allant au-devant des rencontres, dans une aventure humaine avant tout. C'est ce que raconte le film de la réalisatrice Bernadette Bourvon, "En pure laine".

Longtemps essentielle, puis finalement délaissée, la laine du mouton, aura connu divers succès au fil des modèles économiques. 

Cette matière naturelle inspire pourtant aujourd’hui des hommes et des femmes liés par la conviction de transmettre un savoir-faire. Un développement économique local en découle.

Au cœur de la Bretagne, la laine triée, cardée, feutrée et filée provient de trois races principales de moutons. Le mouton d'Ouessant, des landes de Bretagne et de Belle-île. Tous, sont élevés au grand air. 

La laine, support de créativité

Nicolas Poulinel était bûcheron dans les Alpes dans les années 70. Il y côtoyait des bergers. "Le travail de la laine est venu naturellement " dit-il. Ce sont les anciens qui lui ont appris le métier. "Il restait encore des anciens à l'époque, avec du savoir-faire. J'ai croisé les meilleurs d'entre eux. Maintenant, c'est moi qui transmets ce savoir-faire". Le berger est désormais installé sur les terres de Bretagne. 

En Bretagne, il y a du foncier disponible, et des jeunes qui s'installent, donc de la dynamique !

Nicolas Poupinel

Berger et maître Lainier

Et la dynamique de transformation de la laine, Nicolas Poupinel y croit. Au gré des rencontres, un réseau se tisse. Quand on sait que "La plupart des micros plastiques qui envahissent l'océan proviennent de nos vêtements passés à machine, on sait que le vêtement durable est aujourd'hui une priorité", dit-il.  

Une matière aux innombrables vertus

Parmi ce réseau qui se développe, Enora Palvadeau, elle, travaillait à Paris, comme ingénieur en mécanique à la SNCF, avant de faire son retour en Bretagne.  C'est en cherchant le maillon manquant dans la chaîne de transformation de la laine, qu'elle rencontre Nicolas Poupinel. Et c'est lui qui lui enseigne les rouages des machines à carder.

Sur le plan technique, c'est une matière riche : Isolation, régulation, hygrométrie, antifongique, antibactérienne, assainissant. La laine a d'innombrables vertus.

Enora Palvadeau

Cardeuse

Chacune de ces laines réagit différemment à la carde. C'est, à son avis, une des raisons du déclin de la laine française, car " chaque machine à carder, nécessite un réglage différent en fonction de la laine. Ce n’est pas assez rentable et satisfaisant pour la grande industrie", précise-t-elle.

   

Nicolas m'a enseigné les rouages du montage et démontages des machines à carder. Il faut savoir adapter les réglages des machines de cardage pour chaque laine.

Enora Palvadeau

Cardeuse de laine

Aujourd'hui, elle valorise la laine en plaque de feutre, semelles isolantes ou couvertures.

La saison des tontes

À la ferme du Troglo chez Barbara et Léo, éleveurs de 300 bêtes en agriculture biologique, les amis sont venus en renfort, pour la tonte. Si la maitrise de la tonte est rigoureuse, c'est aussi une journée essentielle que Marion Delisle, matelassière, ne manque pas. C'est le moment de choisir sa toison. Il faut pour cela les déplier, les séparer en fonction des couleurs, des qualités. 

Marion Delisle a créé Gloan Glav, une literie artisanale basée dans les Côtes-d'Armor. Elle récolte et trie la laine directement dans des élevages. Elle confectionne des matelas, des futons, des surmatelas, des couettes ou des oreillers.

J’apprécie le travail de Léo et Barbara. Leurs brebis sont dehors toute l’année. Et ç'a du sens de leur acheter de la laine et financer le type d’agriculture qu’ils défendent.

Marion Delisle

Matelassière et lainière

Aucun impact écologique

Avant de s'installer matelassière, Marion travaillait à l'INRA. Elle a eu envie de passer dans le concret et se rapprocher de l'agriculture.  " Il n'y a pas d’école pour être matelassier. La laine, c’est une histoire de rencontre et d’expérience. Il suffit d'aller voir dans d’autres régions pour voir comment se fait le travail. Le réseau est extrêmement important " précise-t-elle.

Je n'ai pas la prétention de faire le matelas idéal pour tout le monde. Si besoin, le matelas est fait et refait. Et si on en a marre, on peut le laisser sur un tas de compost, ça pas plus d’impact écologique que ça.

Marion Delisle

Matelassière, Gloan Glav

Du rouet au filage sans chimie

La rencontre avec Nicolas Poulinel, le berger, a également été déterminante pour Émilie Renard et son compagnon Nicolas Besseau.

Au commencement, Émilie filait la laine au rouet. Puis, rapidement, l'objectif de valoriser cette laine, pour un usage personnel, est devenu sa résolution. Avec son compagnon, Nicolas, ils tiennent une filature artisanale dans le centre de la Bretagne, "la Petite Filature". À eux deux, ils maîtrisent l'ensemble des étapes, du lavage au filage.

"Il n'y a aucune chimie dans notre travail. Le mouton ne reçoit ni traitement ni vermifuge, ce qui garantit une qualité naturelle" explique Nicolas. 

La rencontre avec Nicolas Poupinel a été, pour, eux aussi, décisive dans leur projet.  

Du berger au tricot de laine, de l'agnelage à la tonte, toute la chaîne de transformation de cette matière naturelle développe une économie locale qui a de beaux jours devant elle, en Bretagne.

" En pure laine" un documentaire de Bernadette Bourvon, à découvrir sur France 3 Bretagne le jeudi 13 juin et dès maintenant sur france.tv

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