En creusant son métro, Rennes retrouve son passé médiéval

Le creusement à Rennes de la deuxième ligne de métro est l'occasion pour la métropole bretonne de découvrir son passé, grâce à des fouilles archéologiques qui, pour la première fois, ont mis au jour des vestiges de la ville médiévale.

Une archéologue anthropologue exhume un squelette, place Saint-Germain à Rennes
Une archéologue anthropologue exhume un squelette, place Saint-Germain à Rennes © C. Jauneau
"On connaît bien la ville antique (gallo-romaine) depuis 20 ou 25 ans, mais c'est la première fouille qui nous livre des vestiges de la ville médiévale", a déclaré à la presse ce mercredi Laurent Beuchet, responsable du chantier mené par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

Depuis août 2014, et jusqu'à la fin février, une quinzaine d'archéologues de l'Inrap examinent le sous-sol d'une place du centre-ville qui doit accueillir en 2019 une des stations de la nouvelle ligne de métro. Après avoir retrouvé les vestiges les plus récents d'habitations rasées par un bombardement allié en 1944, les archéologues ont mis au jour les niveaux médiévaux d'un quartier qui s'est développé dans cette zone de prairie humide, en bordure d'un méandre de la Vilaine, la rivière qui arrose la ville. Outre des vestiges d'un rempart, construit entre 1444 et 1446, ils ont notamment exhumé une portion d'une nécropole qui pourrait être antérieure à l'an mil.

Des objets très bien conservés

Les archéologues ont également mis au jour les structures en troncs d'arbres d'un pont ou passerelle, qui aurait pu servir de lieu de péage au vu du nombre important d'objets de type militaire (pointe de flèches, éperons...) et de pièces de monnaie retrouvés. Enfin, outre deux puits constitués de tonneaux en bois superposés, l'équipe de l'Inrap a découvert de nombreux éléments et objets témoignant d'une activité de tannerie aux XIIIe et XIVe siècles.

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Rennes : les fouilles archéologiques place Saint Germain

Une des particularités de ce chantier est que tous les objets et éléments retrouvés, en cuir, en métal ou en bois, sont dans un état de conservation remarquable et très rare, selon Laurent Beuchet. La zone humide d'origine a été recouverte au fil des siècles par une sorte d'épaisse couche de compost, constituant un milieu anaérobique (dépourvu d'air ou d'oxygène) favorisant la parfaite conservation des objets, a-t-il expliqué. En novembre, une bombe anglaise de 250 kilos, datant de la deuxième guerre mondiale, avait été découverte sur le chantier de fouilles. Son désamorçage avait nécessité l'évacuation de quelque 3.000 riverains.

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