Rennes. Epuisés par la crise sanitaire, les techniciens de laboratoire demandent reconnaissance

Professionnels de santé méconnus, durement sollicités par la crise sanitaire, les techniciens de laboratoire sont usés et fatigués, comme tous les personnels de l’hôpital. Pour la reconnaissance de leur savoir-faire, ils sont rassemblés devant le CHU de Rennes ce 18 Mai à 11h.
 
 

© Juliette Vincent-Seignet / France Télévisions

"Dans un hôpital, y'a pas un patient qui ne passe pas par le labo. Numérations, ionos, on fait tous les bilans sanguins, les analyses d'urine, de selle... Tout ce qui sort d'un organisme humain, on l'analyse". Enregistrement admnistratif des prélèvements, analyse, investigation en cas de résultats pathologiques, ces actions précises du technicien de laboratoire sont le quotidien de Virginie (le prénom a été modifié) depuis 20 ans.

La formation d'un technicien de laboratoire passe par un BTS (Bac+2) ou un DUT (Bac+3). Des connaissances médicales, biologiques et techniques à compléter par l'expérience. "Il faut des mois et des mois d'apprentissage à la paillasse pour acquérir une expertise. Il faut au moins six mois voire un an en poste avant d'être vraiment un bon technicien, autonome." précise-elle.

© Juliette Vincent-Seignet / France Télévisions

Un métier à forte responsabilité

"Si l'automate qui fait la première analyse détecte un excès de globules blancs par exemple, ça peut être une banale infection, ou une leucémie. A nous de le vérifier en analysant les cellules au microscope." Même si leur travail est supervisé et leurs résultats validés par un médecin-biologiste, les techniciens de laboratoire ont une lourde responsabilité.

Faire + avec -

A l'hôpital, des techniciens de laboratoire sont présents 7 jours/7, 24h/24, 365 jours par an. Et sont payés au Smic, en début de carrière. "On a du mal à recruter. Les jeunes, ça les fait pas rêver. ".

Et le manque de personnel se fait sentir dans le service : "De toutes façons la politique des hôpitaux c'est de faire plus avec moins...donc on fait des heures sup', on mange plus vite, on court dans tous les sens", regrette Virginie.

Quand on va trop vite, ça nous inquiète. A la fin de la journée on se dit j'espère que je n'ai rien oublié, pourvu que je n'aie pas fait d'erreur !

Le nombre de prélèvements a explosé

Avec la crise sanitaire, entre les analyses des patients en réanimation et les tests PCR, le nombre de prélèvements a explosé. A l'hôpital de Saint-Malo, où travaille Virginie, seule une technicienne supplémentaire dédiée exclusivement aux PCR a été recrutée. "Clairement, ça n'a pas suffit. Je ne sais pas comment on fait pour tenir la cadence !"

Rassemblés ce mardi 18 mai devant le CHU de Rennes, les techniciens de laboratoire des hôpitaux de Saint-Malo, Dinan, Rennes et Saint-Brieuc demandent la réingénierie de leurs diplômes (actuellement bac+2/bac+3) à un niveau licence, et la revalorisation de leurs grilles salariales. Et ce, au même titre que celles des manipulateurs radio et des infirmières, qui interviendra au 1er Octobre 2021.
 

 

 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société manifestation économie social