“Ils m'ont tout pris“ : sa voiture fracturée à Rennes, une infirmière alerte sur les vols ”coronavirus”

Infirmière avec un stéthoscope - illustration ( octobre 2012 ) / © Michèle Constantini/6PA/MAXPPP
Infirmière avec un stéthoscope - illustration ( octobre 2012 ) / © Michèle Constantini/6PA/MAXPPP

Louise partage son temps entre les visites à domicile et un EHPAD. Cette jeune infirmière s'est fait voler tout son matériel dans sa voiture à Rennes. Un vol directement lié au coronavirus selon elle.
Elle veut alerter ses collègues.

Par Eric Pinault


"J'ai d'abord aperçu la boite à gants ouverte, puis le coffre".
Ce vendredi matin en approchant de sa voiture pour se rendre au travail, Louise est bien obligée de se rendre à l'évidence, son véhicule a été visité.
"Ils ont pris mes deux sacoches, ma boîte de prélèvements aussi pour les analyses de sang, même le gel hydroalcoolique".
Tout le matériel a disparu : stétoscope, tensiomètre, thermomètre...

Le manque de masques et de gel provoque toutes les convoitises


La jeune infirmière avait heureusement rangé ses quelques masques dans son appartement.
"Il me reste aussi un seul petit flacon de gel que je garde toujours dans la poche de ma veste".
 
le caducée, un signe pour les voleurs / © DR
le caducée, un signe pour les voleurs / © DR


Elle est convaincue qu'il s'agit d'un vol lié à l'épidémie.
Pour preuve, d'autres choses comme un câble pour téléphone portable n'ont pas été subtilisées.
"Et puis ça fait 4 ans que je suis dans ce quartier sans aucun problème".
Les soignants seraient donc des cibles, Louise a déjà lu des témoignages en ce sens sur un groupe Facebook pour les infirmiers.
"Je vais retirer mon caducée de mon pare-brise" pour jouer la discrétion.
Elle encourage ses collègues à en faire autant.


Premières pensées pour les patients


Louise visite quotidiennement des personnes fragiles, des personnes âgées par exemple, "certaines ont plus de 90 ans".
Aujourd'hui elle n'a plus les moyens de les examiner correctement.
"Si je décèle des symptômes du Covid-19, je ne peux ni prendre la température, ni la tension".
Elle n'a même plus de pansement en cas de bobo.


Pas question d'arrêter de travailler


Louise a déjà racheté des ciseaux et des produits mais "un stéthoscope ou un tensiomètre c'est assez cher, quatre-vingts euros voire quatre-vingt-dix et les fournisseurs de matériel sont en rupture de thermomètres".
Heureusement, pendant que des voleurs à la roulotte n'éprouvent aucun scrupule envers celles et ceux qui poursuivent leur délicate mission de santé publique, d'autres font preuve de solidarité.

"Une ancienne infirmière libérale va pouvoir me dépanner sur certaines choses, mon associée au cabinet aussi".
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus