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Infinity Project : la harpe d'Alan Stivell entre dans la postérité

Alan Stivell lors d'un concert avec Telenn Gentañ / © MAXPPP
Alan Stivell lors d'un concert avec Telenn Gentañ / © MAXPPP

Début février, la Telenn Gentañ, première harpe celtique d'Alan Stivell est passée sous les rayons d'un scanner au laboratoire BCRX de Mordelles. Maintenant numérisée dans ses moindres détails, elle entre dans le projet d'étude de deux chercheurs.

Par Corentin Bélard


Construite en 1953 par le père d'Alan Stivell, Telenn Gentañ, "première harpe" en breton, est la mère de toutes celles qui lui ont succédée. Elle a participé à relancer l'instrument en Écosse, Irlande et même outre-Atlantique.

Depuis 65 ans, cette harpe rythme la vie d'Alan Stivell, qui l'a hérité de son père. Depuis ses neuf ans et durant sa longue carrière artistique, il permettra l’incroyable renaissance de la harpe celtique. Aujourd'hui, des milliers de ces instruments sont fabriqués dans le monde. Sa pratique est enseignée sur tous les continents.
 
 

La technologie au service du patrimoine

Infinity Project. C'est le nom de l'étude menée sur cet instrument de légende. Avec les nouvelles technologies du XXIe siècle, elle vise à sauvegarder l'entièreté de la harpe pour la dévoiler aux générations futures avant que le temps n'altère trop Telenn Gentañ. Elle a été numérisée le 7 février dernier.

Ce projet est lancé par Julian Cuvilliez et Audrey Lecorgne. Ils sont chercheurs en Archéo-Musicologie, luthiers de l’Atelier Skald et fondateurs du Pôle de Recherche et d’Interprétation en Archéologie Expérimentale à Kerpet dans les Côtes-d'Armor.
 
Julian Cuvilliez et Audrey Lecorgne
Julian Cuvilliez et Audrey Lecorgne

L'opération a été un franc succès. "Le scanner au tomodensitométre a tenu toutes ses promesses, révélant dans les moindres détails la constitution de la mère des harpes." La nature concluante encourage les chercheurs à continuer leurs travaux mêlant histoire et technologie.

Les résultats des analyses de Julian et Audrey montre que Jord Cochevelou, père d'Alan Stivell et créateur de l'instrument, a fait preuve d'une certaine ingéniosité pour réaliser la harpe. "Jord Cochevelou a pratiqué un contre-collage, la [crosse] est donc réalisée en trois partie pour contrecarer la tendance naturelle du bois à vriller."

Pour Alan Stivell, l'expérience "rappelle des souvenirs d'enfance, je revois mon père en train de planter une cheville ou choisir des bois"

Les deux chercheurs voient dans cette harpe un témoignage de l'histoire celtique. Certes reconstituée, elle suit pourtant parfaitement les courbes et particularités de ces ancêtres millénaires. 
 

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