JUSTICE. Comment le magicien devenait proche des familles de ses nombreuses victimes

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Écrit par SG / CD avec AFP

L'accusé jugé à Rennes par la cour d'Assises des mineurs d'Ille-et-Vilaine était magicien. Son métier le rapprochait progressivement des familles de ses victimes. 27 enfants ont été violés ou agressés sexuellement entre 2006 et 2017. Son procès s'ouvrait ce vendredi et va durer jusqu'au 21 octobre.

C'est un homme de 36 ans qui entre dans le box, la tête haute. Il se présente à la cour comme magicien de profession. Chevaux bruns rasés de côté, moustache et bouc, le teint pâle, il fait face à la trentaine de parties civiles.



Dans ce procès, l'homme comparaît pour des faits de "viols incestueux", "viols sur mineur de 15 ans", "agressions sexuelles" et "corruption de mineur" sur 27 enfants, âgés de 3 à 15 ans au moment des faits.

Dans ce dossier, une première plainte est déposée par une mère de famille en 2014, mais ça n'est qu'en 2017 que l'accusé est entendu par les enquêteurs.

L'ami de la famille



On découvre alors un mode opératoire qui se répète. "II s'approche de cette famille d'une manière ou d'une autre, parce que les victimes peuvent être des membres de sa famille éloignée, des enfants d'amis, et puis il va intégrer progressivement l'environnement très proche de la famille et venir passer des nuits à domicile" raconte Me Olivier Pacheu, qui représente deux victimes violées et agressées sexuellement à l'âge de 6 et 11 ans.

Pour Me Pacheu, "c'est un homme qui a une grande problématique de pédophilie et chaque occasion qui se présente donne lieu à des agressions sexuelles ou des viols".

Outre la Bretagne, les faits ont été commis en Normandie, dans les Deux-Sèvres, en Suisse, souvent au domicile des parents des victimes. Certaines attendaient ce procès avec impatience.

Qu'il comprenne



"On pourrait s'imaginer que l'on est dans l'attente de sanctions pénales fortes" indique Me Gwendoline Tenier, avocate d'une fille victime de viol à 7 ans. "J'en discutais hier encore avec ma petite cliente qui a douze ans, et c’était assez surprenant qu'elle vienne me dire que ce qu'elle voulait, c'est qu'il comprenne."

L'accusé encourt une peine de 20 ans d'emprisonnement. Lui-même mineur à l'époque d'une partie des faits, dont il a reconnu la plus grande partie, est jugé par la cour d'Assises des mineurs d'Ille-et-Vilaine durant deux semaines de procès. Le verdict est attendu le 21 octobre.

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