Les rennes du compost : un triporteur pour collecter les biodéchets en centre-ville

A Rennes, trois jeunes femmes ont décidé de se lancer dans le créneau de la valorisation des biodéchets. Avec leur triporteur, à l'enseigne des "Rennes du compost", elles proposent leurs services aux cafetiers et restaurateurs pour collecter et valoriser leurs rebuts.

Depuis deux mois et demi, avec un triporteur forcément écologique et à la force du mollet, les Rennes du compost sillonnent le centre-ville pour collecter les biodéchets dans une vingtaine de commerces de bouche, premiers clients séduits par le concept de cette association. Déjà plus de 3 tonnes ont été amassées depuis le début grâce à ce service déjà existant mais que les créatrices ont voulu plus ciblé.

"Il y a déjà des sollutions proposées par Rennes Métropole pour collecter les déchets chez les restaurateurs avec des camionnettes mais il faut avoir un lieu de stockage et des grandes poubelles. Le véhicule ne passe qu'une fois par semaine. Nous, on fait une offre à la carte, avec des contenants plus petits qui s'adaptent plus facilement aux cuisines, on peut passer plusieurs fois par semaine !" explique Amel M'sadek, co-fondatrice de l'association.

Penchée sur un sceau rempli de déchets alimentaires et de marc de café, chez l'un de ses clients, Amel tasse le tout avant de refermer le couvercle. Puis c'est la pesée avec une petite balance portative et la voilà repartie avec sa comparse du jour, Hélène, sur les pavées du centre historique de Rennes pour continuer sa tournée du jour.

C'est une reconversion pour ces jeunes femmes. Une étude de marché leur a permis de lancer l'activité adaptée à leur clientèle en proposant différentes formules : nombre de collectes hebdomadaires, poids des déchets à ramasser...de 50 a 150 euros pour des volontaires qui se veulent vertueux.

 

Quand on fait de la cuisine, on a beaucoup de produits frais et des épluchures. Maintenant, je sais que c'est valorisé, ça fait du bien. Ca a un coût mais c'est un engagement même s'il faut aussi de la manutention supplémentaire pour faire le tri.

Mikaël Desilles Restaurateur

 

Encore fallait-il trouver un lieu pour fabriquer le compost à partir des matières organiques. Grâce à un terrain prêté par le jardin des milles pas à la Prévalaye, à quelques kilomètres de Rennes, la valorisation est en marche ! Le premier compost mature sera prêt au printemps prochain pour la mise en vente.

Il y a beaucoup d'acteurs de l'agriculture urbaine et des jardins partagés dans le secteur de la Prévalaye. On pourra leur fournir notre compost. Les maraîchers et les professionnels viendront sur site pour le charger. On envisage aussi des ventes en épicerie pour les particuliers.

Hélène Pecoil, co-fondatrice "Rennes du compost"

Les entrepreneuses ciblent à terme une collecte annuelle de 52 tonnes de biodéchets pour passer en Scop ( société coopérative) et devenir rentable avec en ligne de mire la future loi" biodéchets" qui imposera leur tri obligatoire.