Dans la “marche des mutilés”, Gwendal, éborgné, n'ose penser à sa vie d'après

Le visage de Gwendal, blessé lors d'une manifestation de Gilets jaunes à Rennes, sur une banderole de la "marche des mutilés" / © FTV
Le visage de Gwendal, blessé lors d'une manifestation de Gilets jaunes à Rennes, sur une banderole de la "marche des mutilés" / © FTV

Gwendal Leroy est allé manifester à Paris, avec 1 500 personnes, pour la "marche des mutilés" contre les violences policières. Lors d'une manifestation de Gilets jaunes à Rennes, il a perdu son œil. Depuis, il ne sait pas quoi penser de son avenir.
 

Par Stéphane Grammont

Place de la bastille, en tête de la "marche des mutilés", le visage de Gwendal s'affiche sur une banderole géante, un pansement sur l'œil.

Il l'a perdu après la manifestation du 19 janvier, l' "acte X" du mouvement des Gilets jaunes. C'était près de la place de la République à Rennes. Vers 18h, il entend une déflagration, ressent un choc, comme un coup de poing, et tombe.
 

"Je demandais aux gens autour, "est-ce que mon œil est touché ?", mais ils ne voulaient pas que je m’inquiète, que je sois paniqué, alors ils me disaient: "on ne voit pas, tu as un œdème, ton œil est gonflé, c’est comme si tu avais un coquard" raconte Gwendal.
 

Les médecins n'ont rien pu faire. Depuis, un cache de cuir a pris la place de son œil gauche.
 

Rien ne lui rendra sa vie d'avant


A 27 ans, Gwendal a du mal à répondre lorsqu'on l'interroge sur son avenir. Il était cariste, et "pour tout ce qui est métier de la route, comme les taxis, les livreurs, n'avoir qu'un œil, c'est terminé tout ça" affirme-t-il.

Comme les autres blessés, Gwendal demande l'interdiction des lanceurs de balles de défense.

"Mon fils, il a pris à vie, c’est une condamnation à vie" plaide sa mère, "rien ne lui rendra son œil, rien ne lui rendra sa vie d’avant".
 
Dans la "marche des mutilés", Gwendal, éborgné, n'ose penser à sa vie d'après
Séverine Breton, Marc-André Mouchère

Malgré cela, Gwendal continuera de manifester, et un premier lieu contre les violences policières, même si, dit-il, il n'en veut pas au policier qui a tiré.

Mais 22 personnes éborgnées, et 5 mains arrachées, termine-t-il, ce n'est pas possible.
 

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