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Quand la chaleur fait aussi monter la pression dans les prisons

Le centre pénitentiaire de Rennes - Vezin / © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME
Le centre pénitentiaire de Rennes - Vezin / © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME

L'été dans les prisons les températures montent et la pression aussi. À Vezin-le-Coquet les agressions sur les surveillants se sont multipliées. En cause la surpopulation, l'oisiveté et la chaleur. 

Par Maylen Villaverde


"Il fait près de 50° ici ". Quatre hommes enfermés dans 9 m² se filment dans leur cellule sans fenêtre d'une prison parisienne. Depuis la montée des températures ce genre de vidéos se multiplient sur la toile. C'est le seul moyen qu'ont trouvé les détenus pour dénoncer leurs conditions de détention.
 

Nouveau record de la surpopulation carcérale


Alors que la France connaît des pics de chaleur rarement atteints l'administration pénitentiaire affiche elle aussi un nouveau record : celui de la surpopulation carcérale. La France compte 70 700 détenus pour 60 000 places.

À Vezin-le-Coquet, près de Rennes, le taux d'occupation est de 143 %. Environ une centaine de détenus dort sur des matelas à même le sol par manque de lits. Trois et parfois quatre détenus se partagent des cellules de 9 m² avec coin cuisine et toilette compris.
"En maison d'arrêt les détenus restent 22h/24h en cellule. Cela crée une promiscuité, un manque d'intimité. On peut comprendre que ça rend fou " témoigne Marion, bénévole au Génepi, une association militant pour le décloisonnement des prisons.
 

L'inactivité, autre facteur de tensions 


Aussi l'été, comme ailleurs, les activités et les cours ne sont plus assurés en prison. Les entreprises ferment et n'envoient pas non plus de travail aux détenus. Tout cela favorise l'oisiveté, l'ennui et peux accentuer le mal-être des personnes enfermées.

Conséquences : depuis un mois et demi les agressions se multiplient. À Vezin-le-Coquet depuis le mois de juin, huit agressions de surveillants ont été comptabilisées. "On n'arrête pas de voir des collègues qui se font tabasser gratuitement " s'indigne Jean-Marie Bertrand, secrétaire régional adjoint du syndicat UFAP-UNSA. "Est-ce qu'il va falloir qu'un mort arrive pour que l'administration réagisse ? renchérit-il.

L'administration reconnaît le malaise et dit mettre des ventilateurs dans les cellules. De son côté l'Etat a annoncé la création de 7 000 places supplémentaires alors qu'il manque aujourd'hui 11 000 lits.


Le reportage de Séverine Breton et Vincent Bars :
 

Intervenant:  Jean-Marie Bertrand, Secrétaire Régional adjoint UFAP-UNSA


 

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