Rennes. Des masques en tissu usagés bientôt transformés en poufs

Que faire des masques en tissu usagés ? Trois Rennaises ont trouvé une solution de recyclage : fabriquer des poufs d'ameublement. L'idée a séduit le Conseil départemental d'Ille-et-Vilaine qui a passé commande. Le projet s'inscrit dans une économie sociale et solidaire, locale et circulaire.

Broyage du tissu usagé qui va permettre de produire la bourre textile pour la confection des poufs
Broyage du tissu usagé qui va permettre de produire la bourre textile pour la confection des poufs © DR

72 kilos de masques en tissu usagés métamorphosés en "mobilier pour popotins"... Mathilde Guyard savoure la concrétisation d'une idée née pendant le confinement du printemps 2020.
Six poufs vont ainsi être conçus pour le Conseil départemental d'Ille-et-Vilaine à partir des masques utilisés par ses personnels. Un retour à l'envoyeur en mode économie circulaire, de quoi réjouir cette Rennaise "tombée dans la marmitte de l'écologie et du sur-cyclage à l'adolescence" et fondatrice de Green Cyclette.

Décontamination et recyclage

Du masque au pouf, on imagine bien que tout n'a pas été réalisé en un claquement de doigts. Quand le premier confinement démarre, Mathilde rejoint le collectif de couturières solidaires qui fabriquent gratuitement des masques pour les hôpitaux, Ehpad, associations d'Ille-et-Vilaine.
La question de leur valorisation arrive vite sur la table. Mieux : Mathilde opère un savant calcul 'masques par personne multiplié par le nombre d'habitants divisé par deux multiplié par le nombre d'utilisations'. "Le résultat m'a donné le vertige" dit-elle. 

La jeune femme ne se lance pas seule dans cette histoire de recyclage. A ses côtés : Margaux Le Bellego, couturière d'ameublement, et Marine Prévet, restauratrice de mobilier et fondatrice des Couturières masquées. Elles empruntent la broyeuse à plastiques de l'Atelier commun pour tester le broyage sur des petites chutes de tissu. "Ce test a été concluant, raconte Mathilde. Mais puisque nous voulions redonner une seconde vie à des masques usagés, il nous a fallu aussi réfléchir à leur décontamination".

Le trio va s'appuyer sur les publications scientifiques. Les masques sont mis à l'isolement cinq jours. "Nous avons décidé d'y ajouter un nettoyage à 60°" qui est assuré par le service blanchisserie de l'Esat "Les Ateliers de l'Espoir". "Le projet leur a plu. Ce sont eux qui retirent également les élastiques et éventuelles barrettes de nez des masques"

Poufs livrés en mai

Mathilde Guyard entame la production de bourre textile à partir de masques collectés ici et là. Mais pour quelle utilisation ? "Avec Margaux, nous pensons à de gros poufs car la matière est à la fois ferme et lourde" relate Mathilde. Un prototype sort des ateliers en janvier. L'idée arrive jusqu'aux oreilles du Département d'Ille-et-Vilaine qui cherche une solution pour valoriser les masques distribués à ses agents. Le marché est conclu.

Le prototype sorti des ateliers de fabrication en janvier dernier
Le prototype sorti des ateliers de fabrication en janvier dernier © DR


"Notre plus gros frein, c'est la broyeuse, explique la fondatrice de Green Cyclette. Celle que l'on utilise n'est pas industrielle. On peut seulement broyer 12 kilos de tissu en une heure". La collecte des 72 kilos de masques usagés au sein du Département devrait s'achever bientôt. Les six poufs seront livrés au mois de mai.
 

 

 

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