Rennes : la plasticienne Valérie Mréjen et ses portraits filmés lumineux de jeunes du monde rural

 Valérie Mréjen / © Stéphanie Solinas
Valérie Mréjen / © Stéphanie Solinas

De quoi as tu peur? Quel est ton modèle? Qu'est-ce qu'une vie réussie? Habile montage d'interviews filmées, la plasticienne Valérie Mréjen a présenté samedi au Théâtre national de Bretagne (TNB) le portrait lumineux de jeunes des Maisons familiales et rurales (MFR).

Par AFP

Dix ans après "Voilà c'est tout", une série de portraits filmés d'adolescents de Paris et sa banlieue, Valérie Mréjen, artiste associée du TNB (Théâtre National de Bretagne), s'est intéressée à des élèves de 4ème scolarisés en milieu rural dans le département d'Ille-et-Vilaine. Elle en a tiré le court métrage "Quatrième", qui tient autant, selon elle, "du documentaire que de l'oeuvre plastique".

Des élèves qui se livrent 

Tour à tour drôles ou émouvants, toujours spontanés et sincères, vingt élèves de six MFR, sélectionnés par l'artiste sur la centaine qui a été filmée, livrent les recoins de leur âme face caméra. La résidence s'est déroulé sur trois semaines, entre décembre 2017 et février 2018 dans les MFR de Fougères, Goven, Saint Symphorien, Janzé, Messac et Saint Aubin d’Aubigné.

"Peur de rater sa vie", "peur de la mort", "peur de rien", "peur qu'on m'oublie" ou "peur des araignées", la juxtaposition des réponses et des non-dits donne un effet saisissant, parfois cocasse, et ouvre la voie à une profondeur de sens qui questionne le spectateur. Les silences, souvent éloquents, en disent long sur le vécu de ces adolescents, dont certains ont un parcours chaotique ou une histoire familiale difficile. 

"Je leur ai posé des questions que tout le monde peut se poser, j'avais envie de faire un portrait de groupe, confie l'artiste à l'AFP. Le film se rapproche de l'écriture, c'est une sorte de marabout-bout de ficelle et ce fut aussi l'occasion pour moi de rencontrer des jeune  gens dont la route est très éloignée de la mienne."

Découverte du théâtre pour certains jeunes

La plupart des jeunes, qui ont souvent déjà une idée de métier, n'étaient jamais venus au théâtre auparavant. "C'était une chouette expérience car nos jeunes ont quelques réticences vis-à-vis de la culture et du théâtre", reconnaît Laura Helleux, enseignante à la MFR de Fougères.

Créées en 1937 sous l'impulsion de syndicalistes paysans désireux de former leurs enfants aux métiers de l'agriculture, les MFR sont aujourd'hui plus de 360 en France. Structures associatives dont la devise est "Réussir autrement", elles ont été les pionnières de la formation par alternance, qu'elles proposent de la 4ème jusqu'au bac.

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