Violences conjugales : implantée à Rennes, la brigade numérique de la gendarmerie à l'écoute des victimes

Créée en 2018, la brigade numérique de la gendarmerie nationale est basée à Rennes. L’une de ses missions est de recueillir le témoignage de victimes de violences conjugales. Ou qu’elles se trouvent dans le monde, elles peuvent converser anonymement avec des gendarmes par tchat en ligne.
La brigade numérique de la gendarmerie est implantée dans la caserne Maurice-Guillaudot, à Rennes.
La brigade numérique de la gendarmerie est implantée dans la caserne Maurice-Guillaudot, à Rennes. © Benoît Le Vaillant / France Télévisions
« Le père de mon fils m’a frappée hier soir. Que dois-je faire ? » Ce message vient d’apparaître sur l’écran de Lucie Possemé, gendarme à la brigade numérique nationale, basée à Rennes. Des signalements comme celui-ci, elle en reçoit des dizaines par jour. « Cette personne se sent complètement perdue », explique Lucie. « Je vais devoir la mettre en confiance pour qu’elle se livre un peu plus et que je l’oriente correctement. »

La mission de Lucie : répondre en temps réel par tchat, à toutes les demandes des usagers. Et parmi elle, les signalements de violences intrafamiliales, violences sexuelles et sexistes sont traitées en priorité, assure Lucie : « Nous leur portons toute l’attention qu’elles méritent. Ce sont des personnes qui peuvent être fragiles, vulnérables, on se doit de leur répondre immédiatement. » Une fois le dialogue engagé, Lucie doit diriger la personne vers la gendarmerie locale de la victime ou des structures associatives, comme le numéro national de référence 3919 "Violence Femmes Info" ou encore France Victimes.
   

20 % signalements en plus


Conséquence du reconfinement, la brigade numérique observe une hausse de 20 % des signalements depuis le mois d’octobre. Au total, 273 signalements ont été recensés entre le 1er et le 25 novembre.  Le lieutenant Sébastien Possemé, commandant de la brigade numérique de la gendarmerie (Bnum) insiste : le tchat est avant tout un outil qui permet de dénoncer des faits « sans pour autant faire de bruit ». Et donne un exemple récent : « Une femme qui s’était retrouvée dans sa chambre après avoir subi des coups par son mari violent et alcoolique nous a contactés via le tchat plutôt que par téléphone. Notre opérateur est resté en contact avec elle jusqu’à ce qu’une patrouille interpelle l’auteur des faits. Cela a permis de la protéger. »
Comment signaler des violences conjugales ?
Le portail de signalement est gratuit et anonyme. Il accessible 7 jours sur 7, 24h/24, depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone, via le site Internet service-public.fr et arretonslesviolences.gouv.fr.
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