"Là tout s'effondre", le désespoir d'une "wedding planner", contrainte d'annuler à nouveau les mariages déjà reportés

Mi-mars, Stéphanie Lemercier, wedding planner en Ille-et-Vilaine, avait partagé avec nous son émotion, devant l'obligation d'annuler les mariages qu'elle avait organisés. 6 mois après, la crise sanitaire bouleverse encore le planning. Ses clients doivent à nouveau renoncer aux festivités. Effondrés.

© AFP - D. Meyer
"C'est dur,  parce que c'était bien reparti. Là, on a fait les derniers ce week-end et tout s'arrête jusqu'à décembre." Stéphanie Lemercier est dépitée...

Nous avions contacté cette "wedding planner" (organisatrice de mariages) de Laillé en Ille-et-Vilaine, au mois de mars, quand le coronavirus avait soudainement stoppé toute son activité. Déjà bouleversée, elle avait pu se relancer au début de l'été. "On retravaillait, ça payait les factures, on avait le moral. Et là, on ne sait pas quand ça va reprendre normalement. On ne se projette pas à 15 jours ou un mois."

Le rebond de l'épidémie l'a en effet obligée à contacter ce matin les futurs mariés du mois d'octobre pour envisager de bouleverser le programme. Pour chacun, il faut trouver des solutions. "Soit j'essaie de réduire le nombre d'invités à moins de 30 et d'organiser la fête à domicile, soit il faut reporter à l'année prochaine, mais il faut trouver des places. Or, en mars et en avril 2021, cela devient compliqué."

Depuis dix ans qu'elle pratique le métier, Stéphanie Lemercier n'a évidemment jamais connu une telle situation. De la vingtaine d'alliances à laquelle elle devait apporter son savoir-faire cette année, seules six ont pu avoir lieu.

Les clients contactés ce matin sont choqués. "Deux mariées pleuraient, c'est leur deuxième report et elles ont peur que certains prestataires ne soient plus là l'an prochain." 

DJ, photographes, vidéastes, traiteurs, tous ces prestataires vont-ils en effet survivre économiquement à une année aussi désastreuse, et surtout à autant d'incertitudes? "Tout le monde va être au chômage partiel, mais ils ne savent pas s'ils vont passer l'hiver. C'est bien beau de reporter en 2021, mais est-ce qu'ils vont tenir jusque là?"

Ce qui semble gêner le plus la professionnelle des mariages, c'est l'inconnu, le flou qui entoure les normes mises en place au fur et à mesure des zones d'alerte... "Il y a beaucoup de risques pour pouvoir travailler sereinement. Je ne veux pas risquer la fermeture administrative..." Seule certitude, certains amoureux vont devoir encore patienter un moment avant de se passer la bague au doigt.

 
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